retour article original

dimanche 26 février 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Italie
AFP, 17 février 2010

Corruption : Les plaintes explosent en Italie


Des policiers, à Milan, le 4 février 2010

La corruption est "une pathologie grave" en Italie avec un bond de 229 % des plaintes sur les onze premiers mois de 2009 par rapport à la même période de 2008, ont dénoncé, mercredi 17 février 2010, les dirigeants de la Cour des comptes.

Italia


Le week-end dernier, le président de la province de Vercelli, Renzo Masoero (centre-droit), et le conseiller municipal du Pdl (le parti de Berlusconi), Camillo Pennisi, ont été arrêtés, respectivement pour corruption et concussion, alors qu’ils s’apprêtaient à empocher des pots-de-vins. Face aux conduites illégales individuelles, les administrations publiques sont "trop souvent" incapables de développer des "anticorps internes", ont déploré le procureur Mario Ristuccia, et le président de la Cour des Comptes, Tullio Lazzaro, en ouvrant l’année judiciaire. Dans un rapport, M. Ristuccia a fait état de 221 procédures lancées pour corruption entre janvier et novembre 2009, 219 de concussion (perception par un agent public de sommes non dues) en hausse de 153 % sur un an, 1714 cas d’abus de pouvoir. Selon M. Ristuccia, le nombre de plaintes est fortement corrélé à la quantité de fonds publics rendus disponibles dans la région. Le fédéralisme est assez poussé en Italie, les régions étant en charge notamment de la santé. La situation est vraiment "grave", a estimé M. Lazzaro. Pour lui, la facilité avec laquelle la corruption s’insinue dans l’administration "nuit à l’image de l’Etat" et "diminue la confiance de la collectivité dans les administrations et même les institutions du pays". Les dirigeants de la Cour des comptes ont fait leurs spectaculaires déclarations le jour du 18ème anniversaire du début de l’enquête anti-corruption Mani Pulite et du démantèlement du système de financement illégal des partis Tangentopoli.

Mario Ristuccia

La Toscane, d’où est partie récemment une enquête pour corruption dans l’attribution de marchés publics visant la protection civile, notamment pour l’aménagement des structures devant accueillir un sommet du G8, est en tête pour les citations à comparaître devant la Cour des comptes, avec 21 sur un total de 92. La Toscane est suivie de la Lombardie (18), des Pouilles (11), puis par la Sicile (10), l’Ombrie (7), le Piémont (7), le Trentin (5), la Calabre (4), le Latium (3), les Abruzzes (2), l’Emilie Romagne (2), le Frioul Vénétie Julienne (1) et la Ligurie (1). "La corruption est vraiment une urgence nationale. C’est devenu un système de gestion, pire que pendant la Première République", à l’époque du scandale politico-financier Mains propres, a commenté Massimo Donadi, chef des députés du parti d’opposition Italie des valeurs. A contrario, le ministre de la Fonction publique, Renato Brunetta, a estimé que l’accroissement des cas dénoncés est "le signe que l’administration réagit" contre la corruption. Il a en outre souligné que la réforme de la fonction publique qu’il a lancée place au premier plan la responsabilité des chefs de services administratifs qui sont chargés d’élaborer des plans anti-corruption.

Agence France Presse

Tullio Lazzaro

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source