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AFP, 20 février 2010

Côte d’Ivoire : Au moins cinq morts lors d’une manifestation contre Laurent Gbagbo


Manifestation antigouvernementale, à Abidjan, le 17 février 2010

Le chef d’état-major de l’armée loyaliste, le général Philippe Mangou, a condamné les protestations de ces derniers jours et affirmé que l’opposition était "responsable" de "tous les actes odieux en cours" à travers le pays, et devrait donc en "répondre".

Côte d’Ivoire


Une semaine après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne et du gouvernement, l’une des manifestations lancées par l’opposition contre le président, Laurent Gbagbo, a été pour la première fois marquée, vendredi 19 février, par des morts, au moins au nombre de cinq. Depuis le début de la semaine, des manifestations d’opposition, parfois émaillées de violences, mais jusque-là sans mort, se sont tenues à travers le pays contre la double dissolution. L’opposition soupçonne M. Gbagbo de vouloir reprendre en main la commission -qu’elle dominait jusque-là-, à la faveur de la crise qui a emporté cette structure. Son président RHDP, Robert Beugré Mambé, avait été accusé par le camp Gbagbo et le parquet de "fraude" sur la liste des votants. Tour à tour, depuis jeudi 18 février 2010, le Premier ministre reconduit, Guillaume Soro, leader des FN, le chef de l’Etat et le chef d’état-major loyaliste ont invité au calme. Mais l’opposition a de nouveau appelé à contrer "par tous les moyens la dictature de M. Gbagbo", dont elle a réclamé la "démission". Le climat actuel ne facilite pas la tâche de M. Soro, nommé à la Primature à la suite de l’accord de paix de 2007, et qui a obtenu un délai supplémentaire de 48 heures, jusqu’à samedi 20 février 2010, pour former son gouvernement. Il tente, depuis une semaine d’y faire entrer l’opposition, réunie au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Mais le RHDP, en présence de ses deux principaux leaders, l’ancien président, Henri Konan Bédié, et l’ex-Premier ministre, Alassane Ouattara, a rappelé, vendredi 19 février, son exigence : pas de retour au gouvernement sans "le rétablissement immédiat de la Commission électorale indépendante dans tous ses droits". Selon leurs partis, le "facilitateur", le président burkinabé, Blaise Compaoré, devait recevoir, dimanche 21 février 2010, à Ouagadougou, MM. Bédié et Ouattara pour sortir de l’impasse, qui a reporté sine die l’élection présidentielle.

Philippe Mangou

Cinq personnes ont trouvé la mort, vendredi 19 février, à Gagnoa, dans le fief du chef de l’Etat, lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, a indiqué le général Mangou, faisant état de "neuf blessés". Il n’a pas précisé à quel camp appartenaient les victimes. Une source hospitalière a évoqué de son côté un bilan de "six morts". "La police et la gendarmerie ont chargé les manifestants en tirant à balles réelles", a déclaré Gildas Konan, coordinateur local du mouvement de jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’un des principaux partis d’opposition. Selon lui, la marche avait démarré tôt pour réclamer le "rétablissement" de la Commission électorale indépendante et une nouvelle date du scrutin présidentiel. Reportée depuis la fin du mandat de M. Gbagbo, en 2005, l’élection est censée clore la crise née du coup d’Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un sud loyaliste et un nord contrôlé par l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Après les affrontements, les rues de la zone ont été désertées, et les forces de sécurité s’y sont déployées, a rapporté un journaliste local. Vendredi 19 février 2010, à Bingerville, des "troubles" ont eu lieu avant que "tout rentre dans l’ordre", a assuré une source policière. A Tiébissou, des échauffourées ont opposé manifestants et forces de l’ordre, selon des habitants.

Agence France Presse

Guillaume Soro Kigbafori en compagnie de Laurent Gbagbo

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source