retour article original

dimanche 23 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (5ème partie) : Du 1er mai 2004 au 15 mai 2004
Reuters, 10 mai 2004

Irak : Raid américain à Bagdad

Suivi d’un commentaire


BAGDAD (Reuters) - L’aviation américaine a rasé, lundi 10 mai 2004 au matin, les bureaux de l’imam chiite radical Moktada al Sadr dans la grande banlieue chiite de Sadr City (ex-Saddam City) à Bagdad.


Selon des témoins, un avion américain a largué vers 02h00 locales (22h00 GMT dimanche) une bombe qui a pratiquement détruit le bâtiment de deux étages abritant les services du chef de "l’Armée du Mahdi".

Pour le moment, l’état-major américain, qui avait annoncé la mort de 19 résistants chiites lors d’une série d’accrochages, dimanche 9 mai 2004, à Sadr City, n’a pas réagi à l’information.

Tôt dimanche 9 mai 2004 au matin, des militaires américains avaient interpellé deux personnes, dont le trésorier de la milice, lors d’une opération contre les bureaux de "l’Armée du Mahdi" à Sadr City.

Cette dernière s’est soulevée dans tout le pays contre la présence militaire américaine en Irak et son chef est recherché "mort ou vif" par les Etats-Unis.

Reuters

Commentaire

On relèvera que les méthodes de l’armée américaine en Irak semblent très largement copiées sur les méthodes de l’armée israélienne dans les territoires occupés. On n’hésite pas à massacrer tous les occupants d’un immeuble sous prétexte de tuer une personne.

Il est nécessaire de rappeller aux résistants irakiens qu’il convient d’éviter de s’installer ou de se grouper dans un bâtiment quelconque, parce que cela favorise la stratégie de l’occupant en lui permettant de tuer un maximum de résistants d’un coup. Plus les résistants sont dispersés et plus les moyens militaires de l’occupant perdent leur efficacité.

D’un point de vue politique, il faut bien voir que l’occupant doit constamment prouver qu’il "tient" le pays, y compris chacune de ses localités. Par contre, nul ne s’attend à ce que la résistance tienne durablement un lieu quelconque. Pour la résistance, le simple fait d’exister et de se manifester est déjà une victoire politique en soi.

Il est donc préférable de lancer des attaques continuelles, mais totalement imprévisibles, au moyen de petits groupes mobiles autonomes, puis de se replier avant que l’occupant puisse riposter ; plutôt que de livrer de coûteux et inutiles "combats de prestige" dans le but de défendre un endroit bien précis qui sera d’autant plus efficacement bombardé qu’on y aura concentré davantage de résistants.

Enfin, on mentionnera que la révélation des crimes de guerre de l’occupant a considérablement accru le capital de sympathie dont bénéficie le peuple irakien. Cette sympathie, acquise en réaction à l’ignominie de l’occupant, a des implications politiques qui n’auraient jamais pu être obtenues au moyen de prises d’otages.

En effet, les gouvernements étrangers participant à l’occupation ne parviennent plus à faire croire, à leur propre électorat, qu’il s’agit de "rendre service aux Irakiens". Ils ne sont plus en mesure de justifier, par des considérations morales, le coût financier de l’entretient de leur contingent en Irak. Or, chacun de ces Etats est confronté à des difficultés budgétaires. C’est dire que la pression populaire et politique en faveur d’un retrait des troupes d’occupation ne cessera de croître, au fil des mois, dans chacun des pays de la coalition.

On peut considérer qu’au vu de l’évolution de la situation, les otages actuellement détenus par la résistance irakienne ne présentent aucun intérêt politique. Ils posent des problèmes de sécurité et de ravitaillement pour les résistants chargés de les garder. De surcroît -chacun l’a bien constaté dans le cas des otages italiens-, une revendication reposant sur le chantage aux otages favorise le camp des intransigeants dans les rangs de la coalition.

La résistance irakienne pourrait accroître considérablement son capital de sympathie, aux yeux des peuples étrangers, si elle consentait à libérer tous les otages qu’elle détient ; et cela d’autant plus si on constate qu’ils ont été bien traités.

Dans l’actuel contexte politique international, une libération massive et inconditionnelle des otages assurerait une supériorité morale considérable à la résistance, face à des occupants qui sont devenus la honte de l’humanité.

Frank BRUNNER

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source