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mardi 25 juillet 2017
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AFP, 23 février 2010

Gabon : Nicolas Sarkozy n’est pas le bienvenu


Des manifestants, à Libreville, le 2 septembre 2009

Deux des plus célèbres membres de la société civile gabonaise, Marc Ona, lauréat du Prix Goldman 2009, ainsi que Grégory Mintsa, estiment dans une lettre ouverte, mardi 23 février 2010, à la veille de l’arrivée au Gabon du président français, que Nicolas Sarkozy n’est pas "le bienvenu".

Gabon


Marc Ona Essangui, principal porte-parole de la société civile, est le coordinateur de Publiez ce que vous payez (PCQVP), Brainforest et Environnement Gabon, alors que Gregory Ngbwa Mintsa est partie civile dans la plainte "Bien mal acquis" contre les chefs d’Etats africains accusés d’avoir détourné de l’argent public. "M. le Président (...) votre ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, votre secrétaire aux colonies, Alain Joyandet, et votre ami, Robert Bourgi, sont désormais indésirables au Gabon, et vous n’êtes pas le bienvenu", écrivent les deux membres de la société civile dans une lettre remise à l’AFP par Marc Ona. "Il nous est difficile de comprendre que vous perpétuiez les mêmes relations France-Gabon depuis que Bouët-Willaumez (fondateur du comptoir de Libreville) s’est emparé de nos terres et de nos richesses contre des bibelots", écrivent les auteurs. "Comme vos prédécesseurs, vous continuez de maintenir à la tête de notre pays des traîtres à la nation dont aucun Gabonais sincère ne veut plus depuis des décennies. Nous comprenons, que pour vous, les intérêts de vos amis de la bourgeoisie d’affaires française sont autrement supérieurs à la vie et au destin du peuple gabonais", estiment MM. Ona et Mintsa. "C’est pourquoi dans le sillage de tous vos déplacements vous emportez toujours la vermine, VRP d’Areva, de Bolloré, de Total et autres esclavagistes infâmes appuyés par la gouaille de Bernard Kouchner", poursuivent-ils. "Vous fermez les yeux sur ces crimes économiques (...) En privilégiant l’intérêt des milieux affairistes par rapport à la vie des Gabonais, la Françafrique est coupable de crime contre l’humanité (...) La célébration du cinquantenaire que vos factotums s’apprètent à célébrer est pour nous un moment de deuil".

Marc Ona Essangui

Dans un mémorandum, le collectif des organisations libres de la Société civile, qui rassemble les principales ONG gabonaises, demande la "la révision intégrale des accords et traités régissant les relations franço-gabonaises (...) la réparation totale par les groupes Areva, Total, Rougier (bois), Comilog (Eramet) et autres de tous les types de dommages causés aux populations et à l’environnement dans les zones d’extraction (...) et l’arrêt de l’ingérence française dans le choix des dirigeants gabonais". De son côté, l’ONG Croissance saine environnement juge "souhaitable de renégocier les contrats pétroliers, miniers et forestiers signés à une époque révolue".

Agence France Presse

Gregory Ngbwa Mintsa

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source