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mardi 23 mai 2017
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The New York Times, 25 février 2010

Informations internationales : Là où la malaria tue toujours

Reportage photo


La tête d’un moustique femelle

Le moustique tue davantage d’êtres humains qu’aucune autre créature dans le monde. Les recherches menées depuis des dizaines d’années pour produire un vaccin efficace et commercialisable contre la malaria sont toujours infructueuses. Bien que les principales compagnies pharmaceutiques aient travaillé dans ce but, les financements limités ont sérieusement compromis les efforts.

Quand nous sommes piqués par un moustique, nous sentons l’insertion de son proboscis. Le moustique se pose, cherche du sang et se sert de son proboscis pour le pomper. Après avoir transpercé la peau, le moustique enfonce et retire ses stylets, dans l’espoir de localiser un vaisseau sanguin. C’est à ce moment-là qu’il transmet la malaria. La salive du moustique est injectée dans la blessure microscopique, afin de faciliter la localisation et la perforation du vaisseau sanguin. La salive des moustiques infectés est porteuse des parasites de la malaria. Même si le moustique renonce à se nourrir, la maladie peut être transmise.

Le proboscis d’un moustique

Des moustiques attendant d’être disséqués pour la production d’un vaccin


"Il était malade depuis trois jours et avait beaucoup de fièvre. J’aurais voulu demander de l’aide dans une clinique privée, mais je n’avais pas d’argent. La clinique gratuite était éloignée, mais j’ai décidé de l’y emmener. J’ai pensé qu’il pouvait avoir la malaria. En chemin, je m’inquiétais. Je pensais que cela pouvait être grave. Mais maintenant, je me sens mieux, plus détendue. Il a l’air d’aller tellement mieux. Je suis reconnaissante aux médecins."

Pheap Sung, la mère de Kam Sot Sung, au Cambodge

Pheap Sung transporte son fils Kam Sot Sung, au Cambodge

"Je n’ai plus de médicaments depuis 2007. On nous les promet depuis plus de deux ans, mais ils ne sont pas arrivés. J’attends anxieusement."

Sarah Muwanga Mbawonye, pharmacienne communautaire en Ouganda

Sarah Muwanga Mbawonye devant une pharmacie communautaire, en Ouganda

"Nous nous entraînons à attraper des moustiques. pour capturer des moustiques, vous devez exposer de la peau. Quand le moustique arrive, il se pose sur la peau. Vous dirigez l’aspirateur sur lui et vous l’aspirez. Nous nous entraînons ici. Demain, nous irons au village et nous attraperons des moustiques pour la recherche. Une personne peut en attraper environ deux cents en une nuit. Nous faisons des rotations de trois personnes. Je me suis porté volontaire. Cela m’excite. C’est quelque chose d’important à faire. Les gens se serviront de ces informations pour mieux comprendre le fonctionnement de la malaria."

David Kachope, en Ouganda

David Kachope avec un aspirateur à moustiques, en Ouganda

"Je me fais piquer plusieurs fois chaque nuit. Je tombe malade cinq fois par an. Quand je suis malade, je reste au lit. En ce moment, je ne suis pas étendue sur mon lit. Ce n’est pas ma moustiquaire. Je n’ai pas de moustiquaire. Nous n’en avons qu’une et il n’y a pas de place pour moi."

Allen Namawejje, en Ouganda

Allen Namawejje, en Ouganda

"Ce n’est pas facile. Il existe une menace constante et les conséquences sont dramatiques. Des menaces mortelles. Nous nous efforçons de découvrir de nouvelles méthodes de lutte, et certaines de nos initiatives ont été des succès. J’ai essayé très sérieusement de stopper le commerce des contrefaçons de médicaments ou de médicaments de qualité inférieure. Je sais ce qu’ils font. Ma fille attendait un bébé. Elle est allée à l’hôpital et elle est morte à cause d’un médicament de contrefaçon."

Alhaji Tijjani Nasidi, directeur de pharmacies à Kano, au Nigeria

Alhaji Tijjani Nasidi, directeur de pharmacies à Kano, au Nigeria

"J’enseigne et je diagnostique la malaria. Quand les cas sont sérieux, je les transmets à l’hôpital. Nous sommes la première ligne de défense du village. Le nombre des cas a diminué. J’enseigne aux gens d’être prudents, d’utiliser une moustiquaire la nuit et de porter des chemises à manches longues après le coucher du soleil. Mon travail n’est pas difficile, mais il exige beaucoup de temps si on veut le faire correctement. C’est une lourde responsabilité. Mais au moins, personne ne me réveille au milieu de la nuit. Nous essayons de travailler pendant la journée. Il y a moins de moustiques, vous savez."

Som Suor, une enseignante de village au Cambodge

Som Suor, une enseignante de village au Cambodge

"Ils étaient très malades. Ils avaient tous les deux des convulsions. Il fallait les maintenir pour leur donner des médicaments qui diminuent la fièvre. Ce n’est pas que nous soyons indifférents. C’est simplement normal."

Le père d’Aminu Ali Isa, au Nigeria¨

Ces deux enfants se remettent de la malaria dans une clinique, au Nigeria. Sans traitement, ils seraient morts

"J’ignore ce qu’est la malaria. Je ne peux pas vous en dire beaucoup. Nous dormons tous sous des moustiquaires, parce qu’on m’a dit que, si trop de moustiques me piquent, je vais tomber malade. Mon papa est malade, alors le docteur a dit que les moustiques ne doivent pas le piquer, sinon ce sera très mauvais pour lui. Il n’est plus très fort, maintenant. Alors, mon frère et moi, nous travaillons dans le village pour gagner un peu d’argent pour la famille."

Sa Mab, au Cambodge

Sa Mab (à droite de l’image) dont les deux parents sont atteints du sida, au Cambodge

"C’était en octobre. Les routes étaient impraticables. Nous savions que mon frère avait la malaria, mais il continuait de pleuvoir. Impossible de prendre un taxi ou d’utiliser un vélo. Les routes étaient impraticables. Nous l’avons porté à tour de rôle. Parfois, nous nous enfoncions dans la boue jusqu’à la poitrine. Cela nous a pris deux jours. Mais quand nous avons atteint la route principale, il était mort. C’était quelqu’un de bien. Il était très joyeux. Chaque fois que quelqu’un organisait une fête, il était invité."

Saroeung Vuth, au Cambodge

Saroeung Vuth, au Cambodge

"Tout le monde sait pourquoi elles sont là et à quoi elles servent. Cette zone est très sûre. Il n’y a aucun problème, ici. Personne ne va trafiquer avec ces moustiquaires."

Samuel Oko, gardien-chef d’un entrepôt de moustiquaires, au Nigeria

Samuel Oko, gardien-chef d’un entrepôt de moustiquaires, au Nigeria

"C’est ma tante qui est morte de la malaria. J’étais très jeune et je me trouvais dans la chambre. C’était très triste. Cela l’est toujours. Nous ne nous sommes jamais vraiment remis de cette perte."

Miriyamge Nambassa, en Ouganda}}

Miriyamge Nambassa, en Ouganda

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