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AFP, 10 mai 2004

Egypte : La conférence du Caire s’est achevée


Vue du Caire

LE CAIRE (AFP) - Le ministre tunisien des Affaires étrangères Habib Ben Yahia a confirmé, lundi 10 mai au soir, à l’issue d’une réunion de trois jours au Caire des chefs de la diplomatie arabes, la tenue les 22 et 23 mai à Tunis du sommet arabe, reporté in extremis par son pays fin mars 2004, en raison de divergences.

Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays arabes, au Caire, le 8 mai 2004


M. Ben Yahia s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa au terme de cette réunion destinée à préparer ce sommet et qui a porté sur les réformes démocratiques dans le monde arabe, l’Irak et le conflit israélo-palestinien.

Plusieurs pays avaient demandé de ne pas annoncer de dates officielles pour le sommet avant l’élaboration définitive des projets à soumettre aux chef d’Etats.

Un premier sommet, prévu fin mars 2004 à Tunis, avait été reporté par la Tunisie. Elle avait estimé que les résolutions sur les réformes démocratiques qui devaient lui être soumises étaient en deçà des attentes.

Les drapeaux du sommet avorté de Tunis

M. Ben Yahia et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ont refusé de révéler le contenu des projets de résolutions adoptés, se retranchant derrière la nécessité d’en réserver la primeur aux chefs d’Etat.

"Nous avons abordé toutes les questions sans chercher à les contourner et nous avons dit ce qu’il fallait dire dans les circonstances graves que nous traversons", s’est contenté de déclarer M. Moussa.

Habib Ben Yahia

La conférence s’est déroulée à huis clos. Les ministres ont verrouillé l’information pour éviter les "fuites" et "prévenir toute confusion", a dit un porte parole de la Ligue.

Les ministres ont notamment discuté de réformes structurelles de la Ligue, de réformes démocratiques dans les pays arabes et de deux projets sur la situation en Irak et le conflit israélo-arabe. Les formulations ont fait l’objet de dures tractations, la Syrie rejetant, par exemple, l’expression "les arabes accueillent favorablement" le transfert du pouvoir aux Irakiens par les forces d’occupation dirigées par les Etats-Unis, prévu le 30 juin 2004.

Les troupes d’occupation défoncent une porte, à Fallujah, le 12 avril 2004

Le texte sur l’Irak condamne "fermement" les sévices infligés par des militaires américains à des détenus en Irak et confie à une "troïka" formée de la Tunisie, de Bahreïn et de l’Algérie, le suivi de la situation dans ce pays, selon des sources diplomatiques. Il appelle à un rôle plus important de l’ONU, sans évoquer l’envoi de troupes arabes pour participer au maintien de la paix, faute de consensus, selon des participants.

"Il faut rester prudent, car il ne s’agit pas de pratiquer la politique du tout ou rien", a commenté M. Moussa, en assurant que le projet sur l’Irak "est puissant, prenant en compte la colère arabe".

Amr Moussa

"Personne ne peut accepter la poursuite de l’occupation, nous voulons aider l’Irak à recouvrer son indépendance", a-t-il affirmé.

Sur le conflit israélo-arabe, les arabes demandent au président américain George W. Bush de respecter ses engagements en faveur d’un "Etat palestinien viable" -sans mentionner la date de 2005- et condamne l’assassinat de dirigeants palestiniens par Israël, selon des textes dont l’AFP a pris connaissance. Le projet rejette les assurances accordées par Washington au Premier ministre israélien Ariel Sharon pour son plan de retrait unilatéral de Gaza.

Ariel Sharon et George Bush

Selon le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem, la conférence a adopté "un consensus sur un projet de réformes politiques" dans le monde arabe, qui souligne la "nécessité de faire évoluer les systèmes de gouvernement et de renforcer le rôle des associations de la société civile".

Abdelaziz Belkhadem

M. Moussa a souligné que ce projet "n’a rien a voir" avec l’initiative américaine de Grand Moyen-Orient, mais "émane de la volonté arabe de changement".

Quant à la restructuration de la Ligue arabe, les ministres en ont approuvé le principe mais ils ont reporté les décisions sur la nature des nouvelles structures au sommet d’Alger, prévu en 2005.

Agence France Presse

Scène de rue au Caire

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