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mercredi 22 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (5ème partie) : Du 1er mai 2004 au 15 mai 2004
Londres, Lausanne, le 5 mai 2004

Amnesty International : Rapport accablant pour les troupes d’occupation en Irak

par Amnesty International


Le mur d’enceinte de la prison d’Abou Ghraib

Les images choquantes de torture à la prison d’Abou Ghraib à Bagdad ne sont pas un cas isolé pour Amnesty International, mais représentent plutôt la pointe visible de l’iceberg.

Depuis des mois, l’organisation de défense des droits humains proteste fermement contre l’utilisation de la torture par les puissances d’occupation dans les prisons en Irak.

Amnesty International exige une nouvelle fois une enquête complète et indépendante de toutes les accusations de torture portées contre les forces de la coalition ainsi que la condamnation des auteurs d’actes de torture.

L’entrée de la prison d’Abou Ghraib


Abou Ghraib était l’une des pires chambres de torture d’Irak durant la dictature de Saddam Hussein.

La section des exécutions, à la prison d’Abou Ghraib

Les photos de torture récemment publiées prouvent que les troupes américaines d’occupation et leur coalition violent également massivement les droits humains.

Un prisonnier irakien menacé d’électrocution

Amnesty International avait déjà dénoncé en juillet 2003, dans un mémorandum très complet, les conditions de détention inadmissibles dans les prisons irakiennes.

"Tent City", un secteur de la prison d’Abou Ghraib où sont gardés les présumés "terroristes"

En mars 2004, Amnesty a répété ses reproches dans un nouveau rapport, intitulé « Irak -droits humains : un an après la guerre, la situation reste critique », qui recensait de nombreux cas d’actes de torture. Dans plusieurs cas, des prisonniers sont morts des suites de la torture pratiquée par les troupes d’occupation.

Le cadavre d’un prisonnier irakien

Amnesty International exige de façon urgente une enquête indépendante, complète et menée par des civils, sur les nombreux rapports de torture et de mauvais traitements infligés par les troupes d’occupation en Irak. Toutes les accusations de torture doivent être investiguées, et pas seulement les cas qui ont déclenché l’intérêt des médias internationaux. Les résultats de ces enquêtes doivent être rendus publics, les responsables doivent être punis et les victimes de torture et de mauvais traitements ou leur famille doivent recevoir un dédommagement.

Des prisonniers irakiens aux pieds de leur tortionnaire américain, à la prison d’Abou Ghraib

Des faits connus depuis la première semaine de guerre !

Depuis la première semaine de la guerre contre l’Irak, menée par les Etats-Unis et leurs alliés, Amnesty International a sans arrêt reçu des informations selon lesquelles des personnes ont été torturées ou maltraitées durant les interrogatoires menés par les soldats britanniques ou américains.

Un prisonnier irakien est emmené pour un interrogatoire, à la prison d’Abou Ghraib, le 8 mai 2004. On notera que l’un des soldats américains tient le prisonnier par la nuque. Il s’agit d’une prise bien connue des policiers, car il suffit de serrer la nuque pour que le prisonnier ressente une intense douleur, sans qu’on puisse déceler des traces de coups...

Parmi les méthodes de torture les plus fréquemment utilisées, on peut relever la privation de sommeil, les coups, le maintien prolongé dans des positions inconfortables, dans lesquelles les prisonniers étaient de plus soumis à une musique assourdissante ou exposés à de très fortes lumières, ou encore le port prolongé d’une cagoule qui rendait la respiration difficile.

Un prisonnier irakien, assis en plein soleil, cagoulé et menotté dans le dos, dans un camp militaire proche de Najaf, le 16 avril 2004

Au début du mois d’avril 2003, Abdallah Khudhran al Shamran, un ressortissant saoudien, a été arrêté par des soldats des troupes d’occupation alors qu’il venait de Syrie et se rendait à Bagdad. Il a affirmé que les soldats l’ont emmené dans un lieu non identifié où ils l’ont battu et lui ont administré des décharges électriques, l’ont suspendu par les pieds, lui ont attaché le pénis et l’ont également privé de sommeil durant quatre jours. Il a été transféré dans un hôpital de campagne à Oum Qasr, où il a été interrogé et où son passeport et son argent lui ont été confisqués. Puis il a été relâché. Peu après il a de nouveau été arrêté et transféré dans un hôpital militaire de campagne où il a une nouvelle fois été interrogé et torturé. Cette fois, selon ses affirmations, on l’aurait laissé en plein soleil pendant une longue période, enfermé dans un container, et il aurait été menacé d’exécution.

Un Irakien arrêté par l’occupant, pour le motif qu’il a porté secours à un résistant blessé, à Fallujah, le 27 avril 2004

« L’Irak est devenu un grand Guantanamo »

Les suspects arrêtés par les troupes d’occupation ont moins de droits que ceux qui sont emprisonnés par les forces de sécurité irakiennes : des personnes arrêtées par les forces de la coalition doivent ainsi attendre 90 jours pour être amenées devant un juge, alors que selon le droit pénal irakien en vigueur, les personnes suspectées d’un crime doivent être entendues dans les 24 heures suivant leur arrestation. « L’Irak est devenu un grand Guantanamo », a déclaré un procureur irakien, défenseur des droits humains, en référence à la base américaine à Cuba, où depuis deux ans plus de 600 prisonniers sont maltraités et maintenus dans une situation totalement illégale.

Khayrullah Al Kinzawi, un vieillard irakien arrêté peu après l’invasion de l’Irak et emprisonné à Abou Ghraib, montre ses mains torturées, le 9 mai 2004

L’Autorité provisoire de la coalition a publié sur Internet une liste des noms de 8500 détenus. La plupart de ces prisonniers sont détenus pour une durée indéterminée et sans jugement officiel -ils sont considérés comme des « terroristes présumés » ou « incarcérés pour des raisons de sécurité ».

Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib

Les familles qui attendent devant la prison d’Abou Ghraib affirment que leurs proches ont, dans la plupart des cas, été arrêtés au cours de rafles effectuées sans discernement.

Des prisonniers irakiens sont contraints, par leurs tortionnaires américains, de se livrer, ensemble, à des actes sexuels

De nombreux Irakiens ignorent le lieu de détention de leurs proches et la majorité d’entre eux n’ont pas la possibilité d’effectuer des recherches sur Internet.

Amnesty International

Un Irakien roué de coups dans un véhicule militaire britannique

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