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mercredi 22 février 2017
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Reuters, 12 mai 2004

Proche Orient : L’armée israélienne poursuit ses attaques à Gaza

par Nidal AL MOUGHRABI


Vue de Gaza

GAZA (Reuters) - L’armée israélienne a poursuivi, dans la nuit de mardi 11 mai à mercredi 12 mai 2004, à Gaza, les opérations visant à retrouver les corps de six soldats israéliens tués lors des affrontements les plus violents de ces derniers mois.

Ces combats dans le quartier de Zeïtoun, déclenchés par une incursion militaire israélienne, ont également fait huit morts et plus de 120 blessés côté palestinien.

Tanks israéliens s’apprêtant à attaquer la population de Gaza, à Kami, le 11 mai 2004


Dans la nuit de mardi 11 mai à mercredi 12 mai 2004, des troupes d’infanterie, appuyées par des blindés et des hélicoptères d’attaques, continuaient de ratisser le secteur, fouillant maison après maison, pour tenter de retrouver les corps des six soldats. "Nous fouillons chaque maison, chaque toit, chaque balcon pour retrouver les corps. Notre devoir est de les ramener pour les inhumer et nous ne partirons pas avant", a déclaré aux journalistes le général Dan Harel.

De "courageux" soldats israéliens se reposent après avoir massacré les habitants de Gaza, le 11 mai 2004

Les six soldats de l’armée israélienne ont péri, mardi 11 mai 2004 au matin, lorsqu’un missile antichar, tiré par des activistes du Hamas, a pulvérisé leur blindé transportant des explosifs destinés à faire sauter une fabrique de roquettes palestiniennes. Il s’agit des plus lourdes pertes pour l’armée israélienne dans les territoires palestiniens depuis la mort de neuf soldats et de trois colons juifs à Hébron, en Cisjordanie, lors d’un coup de main palestinien en novembre 2002.

De la fumée s’élève du lieu où le blindé israélien a explosé, à Gaza, le 11 mai 2004

La nuit précédente, l’armée israélienne avait lancé une opération de grande ampleur dans le quartier de Zeïtoun pour détruire des fabriques de roquettes utilisées par les activistes palestiniens contre des implantations juives de Gaza et des villes du sud israélien.

Un haut dirigeant du Djihad islamique, Khader Habib, a fait savoir que les cadavres des soldats ne seraient restitués qu’après l’arrêt total des incursions israéliennes et l’ouverture de négociations sur la libération de détenus palestiniens. Mardi 11 mai 2004 au soir, le Hamas a diffusé un enregistrement vidéo sur lequel un homme masqué présentant les restes des soldats.

Mais le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, qui a déclaré qu’Israël luttait contre "un ennemi inhumain et cruel", a promis que les forces israéliennes resteraient aussi longtemps que nécessaire pour récupérer les corps. Et le général Moshe Yaalon, chef d’état-major israélien, a rejeté toute négociation.

Le cadavre d’un Palestinien torturé à mort par les Israéliens. Il a été roué de coups, brûlé avec un fer à repasser, écorché vif, et on lui a foré le crâne plusieurs fois

Le Comité international de la Croix-Rouge et des responsables de l’Autorité palestinienne menaient toutefois des pourparlers pour obtenir la remise des corps. Le président palestinien, Yasser Arafat, a également ordonné à ses services de sécurité de récupérer les cadavres "par respect", a indiqué son conseiller Nabil Abou Roudeïnah.

Le cadavre d’un Palestinien massacré par les Israéliens à Jenine, le 19 avril 2002

Le retrait de Gaza en débat

Cette dramatisation de la violence dans la bande de Gaza a alimenté le débat israélien sur le plan de désengagement présenté par Ariel Sharon.

Son projet d’évacuer les 21 implantations juives de Gaza où vivent quelque 7500 colons a été rejeté, le 2 mai 2004, par les militants de son parti, le Likoud.

Mais les partis centristes, qui soutiennent ce projet, ont estimé, mardi 11 mai 2004, que les affrontements dans le quartier de Zeïtoun légitimaient davantage encore ce désengagement. "La vaste majorité des Israéliens se demande pourquoi nos soldats meurent", a déclaré Yossi Sarid, qui dirige le parti Meretz.

"Même si nous nous désengagions unilatéralement de Gaza, il est tout à fait possible que des opérations comme celle d’aujourd’hui resteraient nécessaires", lui a répondu Yuval Shteinitz, parlementaire du Likoud.

Des Israéliens déchargent les débris du blindé qui a explosé à Gaza, le 11 mai 2004

Au cours d’une réunion d’urgence de son cabinet, Ariel Sharon a rejeté, mardi 11 mai 2004 au soir, une proposition de son principal rival au sein du Likoud, l’ancien Premier ministre Benyamin Netanyahu, actuel ministre des Finances, qui a réclamé qu’Israël coupe l’eau et l’électricité à Gaza pour contraindre les activistes à restituer les corps.

Le chef de la diplomatie, Silvam Shalom, a réclamé pour sa part le bannissement de Yasser Arafat.

"Chaque fois que nous essayons de rétablir la paix, Israël réplique par de nouvelles initiatives militaires", a déploré de son côté le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï.

Ahmed Qorei

A Washington, Richard Boucher, porte-parole du département d’Etat, a indiqué que Colin Powell avait appelé son homologue israélien pour lui exprimer ses condoléances.

Nidal AL MOUGHRABI

Fresque à Gaza

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