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mercredi 16 août 2017
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AP, 26 mars 2010

Informations internationales : Barack Obama et Dmitri Medvedev se mettent d’accord pour un nouveau traité de réduction des arsenaux nucléaires

par Mark SMITH et Robert BURNS


Un missile intercontinental russe

C’est une étape supplémentaire sur le chemin de "la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires", selon les termes de Barack Obama : Washington et Moscou sont parvenus, vendredi 26 mars, à un accord sur un nouveau traité bilatéral de réduction de leurs arsenaux, que les deux présidents signeront, le 8 avril 2010, à Prague.

Dmitri Medvedev


Le nouveau texte vise à remplacer et élargir le Traité de réduction des armes stratégiques (START-1) signé entre George Bush et Mikhaïl Gorbatchev, en 1991, et qui a expiré le 5 décembre 2009. Il prévoit la réduction d’environ un tiers de l’arsenal d’armes nucléaires longue portée de chacun, qui passerait de 2200 ogives nucléaires à 1550. Les deux pays ont sept ans après la ratification pour y parvenir. Ces réductions, qui touchent également les armes embarquées à bord d’avions ou navires, laissent néanmoins les deux principales puissances nucléaires de la planète avec de quoi s’anéantir aisément l’une l’autre. Avant d’entrer en vigueur, l’accord devra cependant être ratifié par le Parlement russe et le Sénat américain, dans ce dernier à la majorité des deux tiers (soit 67 voix). Interrogée sur la difficulté à obtenir une telle majorité dans une Chambre haute qui vient de se déchirer sur le vote de la réforme du système de santé, Mme Clinton s’est montrée optimiste, notant que les "questions de sécurité nationale ont toujours produit d’importantes majorités bipartisanes".

Barack Obama

Cet accord définitif est intervenu lors d’un ultime appel téléphonique, vendredi 26 mars 2010 au matin, entre le président américain et son homologue russe, Dimitri Medvedev. "Nous avons transformé les mots en actes. Nous avons fait des progrès clairs et concrets", a ensuite déclaré Barack Obama, lors d’une intervention à la Maison Blanche. "Ce traité reflète l’équilibre des intérêts des deux pays", s’est réjoui son homologue russe, selon la déclaration de sa porte-parole, Natalya Timakova, à l’agence Interfax. Principal texte sur le désarmement de ces deux dernières décennies et aboutissement d’une année de négociations ardues et tumultueuses, ce traité est aussi une première grande victoire sur la scène internationale pour Barack Obama. Il marque en effet, selon ce dernier, la relance d’une bonne relation bilatérale, mise à mal par le projet de bouclier antimissile américain en Pologne et République tchèque. Un projet voulu par le prédécesseur de Barack Obama, qui avait suscité la colère du Kremlin et bloqué les pourparlers sur START, mais auquel Barack Obama a renoncé. Le lieu choisi pour la signature officielle de l’accord est symbolique : il s’agit de la capitale tchèque, là où le président américain avait prononcé un discours sur la non-prolifération nucléaire au printemps dernier. Et cette signature interviendra très à propos, juste avant le Sommet sur la sécurité nucléaire qui se tient à Washington les 12 et 13 avril 2010. Car cette nouvelle mouture de START est un signal fort, via lequel, a ajouté Barack Obama, Washington et Moscou "envoient clairement le signal qu’ils ont l’intention de montrer la voie" d’un mouvement global de réduction de la menace nucléaire sur la planète. Aux côtés du président avec le secrétaire à la Défense Robert Gates, la cheffe de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a ainsi estimé que Washington et Moscou sortaient renforcés avant cette réunion consacrée à la lutte contre la prolifération nucléaire. "Nous arrivons avec plus de crédibilité, la Russie arrive avec plus de crédibilité, en ayant négocié ce traité", a-t-elle dit. "D’une certaine manière, les armes nucléaires représentent à la fois les heures les plus sombres de la Guerre froide, et les menaces les plus troublantes de notre époque", a estimé Barack Obama. "Aujourd’hui, nous avons franchi une étape supplémentaire dans la renonciation à l’héritage du 20e siècle, tout en construisant un avenir plus sûr pour nos enfants", a-t-il ajouté. "Nous n’avons pas besoin d’arsenaux aussi importants pour protéger notre pays", a renchéri Hillary Clinton, notant qu’à eux deux, Etats-Unis et Russie possèdent encore plus de 90 % des armes nucléaires de la planète. Elle a mis l’accent sur le mécanisme de vérification que prévoit le traité, et qui était l’un des principaux écueils ayant retardé l’accord, Moscou étant réticent sur ce sujet.

Hillary Clinton

Dans un communiqué rendu public par l’Elysée, le président français, Nicolas Sarkozy, "salue chaleureusement" l’annonce de cette prochaine signature, estimant que "ce succès envoie un signal très important à la communauté internationale dans la perspective de la Conférence d’examen du Traité sur la Non prolifération des armes nucléaires (TNP) de mai prochain". La France "apporte aussi son plein soutien à d’autres grands projets de désarmement, comme l’universalisation du traité d’interdiction des essais nucléaires et la conclusion d’un traité d’interdiction de la production de matières fissiles pour des armes nucléaires".

Mark SMITH et Robert BURNS

Un missile intercontinental américain

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