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La Presse, 29 mars 2010

Corruption : L’ex-chef de police de Deux-Montagnes est coupable de fraude et d’abus de confiance

par Karim BENESSAIEH


Des véhicules de la police à Deux-Montagnes

Dans un jugement sévère, où il mentionne son « ego visiblement important », son « incompétence flagrante comme administrateur », ses problèmes d’alcool et sa malhonnêteté, le juge Jean Sirois a déclaré, vendredi 29 mars 2010, Normand Mastromattéo, l’ex-chef de police de Deux-Montagnes, au Canada, coupable de sept des treize chefs d’accusation de fraude et d’abus de confiance auxquels il faisait face.

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M. Mastromattéo a notamment été épinglé pour avoir empoché 11500$ qu’il devait remettre à un informateur et volé 1500$ en argent comptant qui se trouvait dans le coffre-fort du service de police. L’informateur en question est celui qui avait permis en 2002 la spectaculaire opération Balayage, qui s’était soldée par la découverte de quinze serres hydroponiques à Sainte-Marthe-sur-le-lac. L’enquête avait été compliquée par le fait que les deux principaux témoins, l’informateur et le directeur de police adjoints de l’époque, sont aujourd’hui décédés. M. Mastromattéo a en outre été reconnu coupable d’abus de confiance pour avoir offert un ordinateur usagé appartenant à la Ville à son ancienne femme, et s’être de la même façon approprié un pulvérisateur, une scie sauteuse et une caméra numérique retrouvé dans son domicile. Le juge lui a laissé le bénéfice du doute quant à d’autres vols de même nature dont il était accusé, notamment celui d’une télévision et d’une mini-chaîne stéréo DVD qu’on a retrouvés chez lui. Manifestement, la thèse du coup monté utilisée par la défense n’a pas convaincu le juge, qui estime qu’elle « ne tient pas la route ». Il cite, dans son jugement, le nom de onze personnes qui auraient dû être de mèche pour ce complot, notamment le directeur général de la municipalité, la secrétaire de l’accusé, plusieurs policiers et des fonctionnaires. « Il est surprenant et décevant de constater qu’un directeur de police (...) a détourné ainsi des sommes d’argent ou des objets d’une valeur somme toute pas très importante, écrit le juge Sirois. Une chose est certaine, l’accusé a (...) agi de façon malhonnête, comme la preuve l’a démontré. »

Normand Mastromattéo

Le procureur de la Couronne, Jacques Dagenais, estime qu’il ne s’agit pas d’un jugement « très surprenant, dans la mesure où la preuve était très forte ». « Il y avait des éléments de preuve incontournables », précise-t-il. Aussitôt le jugement tombé, Normand Mastromattéo a quitté la salle d’audience. Son avocat, Me Claude Olivier, a annoncé qu’il ferait part de ses commentaires après avoir lu le jugement de 27 pages. Les deux parties ont rendez-vous au palais de justice de Saint-Jérôme, le 18 mai 2010, afin de fixer une date pour la suite des procédures. Le procureur de la Couronne précise qu’il a « un aperçu » de la sentence qu’il entend réclamer, mais souhaite d’abord en faire part au juge.

Karim BENESSAIEH

Un véhicule de la police à Deux-Montagnes

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