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samedi 25 février 2017
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AP, 12 mai 2004

Haïti : Le Premier ministre Gérard Latortue en France

Suivi d’un commentaire


Coupure d’électricité à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

PARIS (AP) - Le Premier ministre haïtien Gérard Latortue, qui devait être reçu par les plus hautes autorités françaises jeudi 13 mai, estime, dans les colonnes du « Monde » de mercredi 12 mai 2004, qu’aujourd’hui « la France a plutôt une obligation morale vis-à-vis d’Haïti ».


Revenant sur l’affaire de la « dette de l’indépendance », ces quelque 21 milliards de dollars que Jean-Bertrand Aristide réclamait à Paris, en compensation des sommes versées pour l’indépendance chèrement acquise de l’ancienne colonie, Gérard Latortue appelle à « dépasser les aspects émotionnels » de cette question pour les Haïtiens.

Coupure d’électricité à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

Il estime en revanche que la « contribution (de Paris) pourrait prendre la forme d’une ligne de crédit mise à la disposition d’entreprises françaises » pour des contrats d’infrastructures et ainsi « jouer un rôle de premier plan dans la modernisation ». Avant de souligner qu’Haïti est le seul pays de l’ex-empire colonial à n’avoir « jamais reçu la visite d’un chef d’Etat français ».

Gérard Latortue

Gérard Latortue devait être reçu, jeudi 13 mai 2004, à l’Elysée, par le président Jacques Chirac, accompagné du ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, lequel se rendra pour sa part à Port-au-Prince samedi 15 mai 2004.

Michel Barnier

Pour ce qui est d’aider son pays, il note que « cela fait plus de 50 ans que la communauté internationale dépense de l’argent en Haïti, et les résultats sont proches de zéro », et préconise donc d’« éviter le saupoudrage », et de se concentrer sur « une ou deux actions telles que l’électrification et la construction de 3000 km de routes pour désenclaver le pays ».

Il estime les besoin du pays à 200 millions de dollars par an sur cinq ans, pour ces secteurs ainsi que l’énergie, la santé et l’éducation.

Coupure d’électricité à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

Reçu lundi 10 mai 2004 à l’ONU, Gérard Latortue avait exprimé l’espoir que la présence de plus de 8000 Casques bleus et policiers de la MINUSTAH (Mission internationale des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti) qui doit, à compter du 1er juin 2004, commencer à remplacer l’actuelle force multinationale de 3600 hommes, puisse ramener l’ordre en Haïti avant la fin de l’année.

Soldat français à Cap-Haïtien, le 24 mars 2004

La vaste tournée internationale de Gérard Latortue pour rassembler le soutien le plus large possible pour l’Haïti post-Aristide l’a déjà mené à Washington, où il a rencontré, outre les responsables de l’administration américaine, ceux de la Banque mondiale et de l’Organisation des Etats américains.

Après Paris, il se rendra à Bruxelles au siège de l’Union européenne, qui, dit-il veut « lever les sanctions » imposées au pays caraïbe après les élections truquées de 2000.

Associated Press

Bill Graham, le Premier ministre du Canada, en compagnie de Gérard Latortue, à Port-au-Prince, le 7 mai 2004

Commentaire

On relèvera que les pays qui ont envoyé des contingents militaires à Haïti pourraient y joindre des équipes du génie et participer ainsi, durant leur séjour, à la réfection des infrastructures haïtiennes : routes, égouts, etc...

Une telle contribution ne manquerait pas d’avoir une influence favorable sur les rapports avec la population haïtienne, et l’ouverture de tous ces chantiers permettrait sans doute d’embaucher de la main d’oeuvre locale.

Un bus s’apprête à partir pour Port-au-Prince, depuis Cap-Haïtien, le 4 mars 2004

On mentionnera également qu’Haïti souffre d’un grave problème de déforestation, qui favorise l’érosion du sol et les glissements de terrain. Un programme de reboisement à grande échelle permettrait de résoudre ce problème fondamental et fournirait du travail à des quantités de jeunes qu’on pourrait loger sur les lieux du reboisement, ce qui leur permettrait d’échapper à l’atmosphère des bidonvilles et à l’influence des gangs. Les camps de reboisement pourraient également accueillir des écoles mobiles, où les travailleurs se reposeraient durant les heures les plus chaudes de la journée en s’instruisant par la même occasion.

Souhaitons à Gérard Latortue tout le succès possible dans sa quête de soutiens en faveur du peuple haïtien.

Frank BRUNNER

Une Haïtienne dans sa masure envahie par la boue, à Lacud du Leogane, le 24 avril 2004

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