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jeudi 22 juin 2017
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The New York Times, 14 avril 2010

Informations internationales : Les usuriers du microcrédit

Reportage photo


Muhammad Yunus (au centre de l’image)

Muhammad Yunus est un pionnier du microcrédit. Il a débuté en accordant de petits prêts à des fabricants de paniers du Bangladesh. En 2006, il a reçu le prix Nobel de la paix. Depuis, le microcrédit est devenu de plus en plus populaire, mais certains de ses partisans s’inquiètent de la direction prise par cette industrie. Attirées par la perspective de profits considérables sur les plus petits prêts, une multitude de banques et d’institutions financières dominent désormais ce secteur où certaines facturent à leurs clients pauvres des taux d’intérêt de 100 % ou davantage. A Mexico City, au cours d’une vingtaine d’années, afin d’accroître sa production de T-Shirts de cinq à vingt-cinq machines à coudre, Maria Vargas a emprunté des sommes toujours plus importantes à Compartamos, une firme mexicaine. Rosa Gonzalez Abad a obtenu son premier microcrédit de Compartamos il y a dix ans. Actuellement, elle emploie cinq personnes. Selon le site internet Microfinance Information Exchange, Compartamos facture en moyenne à ses clients près de 82 % en taux d’intérêts et frais. A Benin City, au Nigeria, Anita Edward a effectué trois emprunts pour son salon de coiffure auprès de Lift Above Poverty Organization, considérée comme la principale institution de microcrédit du pays. Lift Above Poverty Organization conserve une partie du montant du crédit, une pratique appelée "épargne forcée". Ses partisans affirment que cette pratique apprend aux pauvres à économiser. Les critiques l’appellent de l’exploitation, car l’emprunteur paie des intérêts sur la totalité d’une somme dont il ne reçoit qu’une partie. Toujours à Benin City, Rose Ewere a financé son magasin au moyen d’un microcrédit de Lift Above Poverty Organization. En 2009, Lift Above Poverty Organization a annoncé qu’elle diminuait son taux d’intérêt mensuel, mais la part d’épargne forcée sur ses crédits est passée de 10 % à 20 %, si bien que le taux d’intérêt réel facturé aux clients est passé de 114 % à 126 % par an. La principale question à laquelle est confrontée l’industrie du microcrédit est de savoir combien de profit les investisseurs doivent faire en prêtant à de pauvres gens -essentiellement des femmes- à des taux d’intérêt souvent dissimulés.


Maria Vargas dans sa fabrique de T-Shirts, à Mexico City

Rosa Gonzalez Abad

Anita Edward dans son salon de coiffure, à Benin City, au Nigeria

Rose Ewere dans son magasin, à Benin City, au Nigeria

Aminat Olawole (à droite de l’image) en compagnie d’une cliente, dans son salon de beauté, à Benin City, au Nigeria. Aminat Olawole a dû demander un troisième microcrédit en décembre 2009

Samuel Ighagbon (à droite de l’image), dans son élevage de porcs, au Nigeria. Plusieurs fois, il a été incapable de payer l’argent exigé par Lift Above Poverty Organization

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source