retour article original

mardi 28 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Guinée Bissau
AFP, 19 avril 2010

Guinée Bissau : Le chef de l’armée renversé gérait l’armée comme un bien privé


Vue de Bissau

Le chef de l’armée de Guinée-Bissau, José Zamora Induta, a été renversé, le 1er avril 2010, parce qu’il gérait l’institution comme "une propriété privée" et la menait vers le "chaos", a estimé le nouvel homme fort de l’armée, Antonio Indjai, dans une lettre à la justice parvenue à l’AFP.

Guinée Bissau


La Guinée-Bissau est un état très pauvre de l’Afrique de l’Ouest et une plaque tournante du trafic de cocaïne d’Amérique Latine vers l’Europe. L’armée constitue l’armature de l’Etat dans ce pays, régulièrement secoué par les coups d’Etat depuis son indépendance du Portugal, en 1974. Le président de la République, le général Joao Bernardo Vieira, avait été tué, en mars 2009, par des militaires, à Bissau, quelques heures après l’assassinat du chef d’état-major des armées, Batista Tagmé Na Wai.

Le cadavre de Joao Bernardo Vieira

Le 1er avril 2010, le chef d’état-major des armées, le général José Zamora Induta, a été arrêté chez lui par des militaires et reste actuellement détenu dans une caserne à Mansoa. Son adjoint, le général Antonio Indjai, âgé de 48 ans, s’est autoproclamé chef d’état-major. Le même jour, les mutins ont brièvement détenu, et même menacé de mort, le Premier ministre, Carlos Gomes Junior, proche du général Induta. La situation est redevenue "normale à Bissau" et la situation née du coup de force militaire du 1er avril a été "surmontée", a déclaré à la presse, le 6 avril, à Bissau, le Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, et le général Antonio Indjai.

Carlos Gomes Junior

Le général Jozé Zamora Induta "gérait l’armée comme une propriété privée accaparant tous les pouvoirs. Et le 1er avril, un groupe de soldats que je dirigeais moi-même s’est vu obligé de prendre des mesures afin de mettre de l’ordre au sein des forces armées et éviter ainsi un chaos", écrit le général Indjai, dans une lettre au procureur général de Guinée-Bissau, Michel Saad. "La manière dont le général (José Zamora) Induta gérait l’institution (militaire) allait nous conduire à un conflit imminent. Voilà les raisons qui nous ont poussé à (le) destituer", indique le général Indjai dans cette correspondance datée du 12 avril 2010 et authentifiée par l’AFP auprès de plusieurs officiers bissau-guinéens. "Des 17 millions FCFA (près de 26000 euros) que le gouvernement (bissau-guinéen) débourse chaque quinze jours pour l’alimentation de l’armée, le général (Zamora) Induta (en) soustrait 7 millions de FCFA (plus de 10000 euros) pour des fins personnelles. Ce qui signifie qu’il perçoit mensuellement 14 millions FCFA (plus de 21000 euros) indûment", accuse le général Indjai. Pour plusieurs officiers interrogés par l’AFP, il existait, avant le coup de force du 1er avril, une rivalité entre les deux hommes "pour le contrôle des troupes et des maigres ressources octroyées par le gouvernement" bissau-guinéen.

Agence France Presse

Antonio Indjai

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source