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AFP, 25 avril 2010

Algérie : Création d’un Collectif de solidarité aux femmes de Hassi Messaoud


Scène de rue à Alger

Quinze associations algériennes de défense des droits et libertés ont annoncé, dimanche 25 avril 2010, à Alger, avoir créé le Collectif défense et solidarité (CDS), après de "violentes agressions" contre des femmes à Hassi Messaoud. Le Collectif rassemble notamment la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), les associations algériennes du planning familial et de défense des libertés syndicales, le rassemblement algérien des femmes démocrates ainsi que diverse structures et réseaux actifs dans la promotion des droits des femmes.

Algérie


Le 13 juillet 2001, 300 hommes armés avaient violemment agressé une centaine de femmes vivant seules dans le bidonville d’El Haïcha, à Hassi Messaoud, "leur faisant subir les pires atrocités", selon le Collectif. A nouveau, plusieurs femmes ont été agressées, en mars et début avril 2010, par des groupes d’inconnus qui, cagoulés et armés, ont "terrorisé chacune des victimes isolées et sans défense", les volant et les molestant après être entrés par effraction dans leur logement, avaient auparavant dénoncée des associations. Le Collectif se veut "tout d’abord l’expression de notre solidarité à l’égard de ces femmes qui ont été lynchées, battues, volées, violentées à Hassi Messaoud", grande ville pétrolière située à quelque 800 km au sud-est d’Alger, a affirmé Chérifa Bouatta, au cours d’une conférence de presse. "Les femmes agressées travaillent en majorité dans les bases vie des compagnies pétrolières étrangères. Elles sont femmes de ménage, repasseuses, cuisinières, et habitent seules ou avec leurs enfants dans un bidonville", ajoutait une responsable d’une ONG. Mais le Collectif entend aussi "interpeller les pouvoirs publics, l’Etat à qui il appartient d’assurer la protection de tous les citoyens", a ajouté Mme Bouatta, de l’association de défense et de promotion des droits des femmes (ADPDF). "On a l’impression que les femmes sont considérées, dans toute la société algérienne, comme des citoyens de seconde zone. Mais leurs droits au travail, à la libre circulation doivent être respectés", a-t-elle ajouté. "Très choquées" par ces agressions, les associations du collectif ont pris contact avec certaines victimes. "Mais, terrorisées, subissant de graves pressions psychologiques, elles nous ont dit : Surtout, ne venez pas ici ! Nous risquons des représailles, de perdre notre travail", a rapporté Mme Bouatta. Selon la presse algérienne, la police a, depuis, organisé des rondes dans ce quartier. A terme, "il faudra structurer le Collectif, pour qu’il devienne une instance de veille pérenne pour dénoncer tous les dénis de droits. Après les événements de juillet 2001, les agressions à Hassi Messaoud ont recommencé. Il ne faut plus que ça arrive", a encore affirmé Mme Bouatta.

Agence France Presse

Chérifa Bouatta

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source