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AFP, 3 mai 2010

Comores : Le chef d’état-major dénonce un complot pour l’assassiner


Manifestation contre Ahmed Abdallah Sambi, à Mouheli, le 9 avril 2010

Le chef d’état-major de l’armée comorienne a accusé l’un des collaborateurs militaires du président, Ahmed Abdallah Sambi, de préparer un plan pour "l’éliminer physiquement", dans un courrier adressé à la présidence et dont l’AFP a eu copie.

Comores


Petit archipel de l’océan Indien, les Comores ont connu, depuis l’indépendance, une vingtaine de coups d’État ou tentatives supposées, menées notamment par le célèbre mercenaire français, Bob Denard. Le courrier du général Salimou intervient dans un contexte de tension politique aux Comores, alors que beaucoup s’opposent à la prolongation, au terme d’une réforme constitutionnelle contestée, du mandat présidentiel au-delà du 26 mai 2010 et jusqu’à fin 2011. Il illustre les "incompréhensions et contradictions" croissantes, selon l’expression d’un officier supérieur, entre l’armée et l’éxécutif autour de cette prolongation du mandat présidentiel, mais également d’un projet de réforme des armées. L’arrivée, mi-avril 2010, au sein de la garde présidentielle, de plusieurs dizaines de militaires libyens, officiellement des "instructeurs", "mercenaires au service de Sambi", selon l’opposition, a avivé ces tensions. Fin avril, le président Sambi a rappelé l’armée à ses "devoirs", mettant en garde les militaires qui voudraient se mêler de politique ou "suivre ceux qui veulent semer la zizanie dans le pays".

Ahmed Abdallah Sambi

Le courrier du général Salimou, daté du 27 avril, et dont des extraits ont été publiés, lundi 3 mai 2010, par la presse locale, est adressé au chef du cabinet militaire du président Sambi, le colonel Abdoulbastu Ahmed Abdou. Le général Salimou, unique général au sein de la petite armée comorienne, accuse le colonel Abdou d’avoir "monté" des éléments du GSHP (garde présidentielle) pour le prendre "en filature dans toutes ses activités et la totalité de ses déplacements". Il affirme en outre que cette surveillance se fait "avec la bénédiction du directeur du cabinet (du chef de l’Etat) chargé de la Défense", Mohamed Bacar Dossar, ainsi que deux agences des services de sécurité. Le chef d’état-major assure toutefois que cela se déroule "sans l’avis ni du président (Sambi), ni même du commandant du GSHP". "Il est apparu que la déstabilisation, la diffamation et l’incitation à la rébellion n’ont pas suffi, et que vous préparez maintenant des militaires anjouanais pour m’éliminer physiquement", affirme le général Salimou Amiri, dans ce texte de deux pages. Dressant la liste des accusations portées contre lui "pour salir (sa) réputation", le général écrit : "il est extrêmement choquant et décevant de constater que c’est le chef du cabinet militaire qui fait organiser des tels montages", rappelant les "conséquences graves qui peuvent découler du fait de monter des Anjouanais contre les Grands-Comoriens". "Je vous attends de pied ferme avec ces hommes prétendument à votre solde que vous préparez à m’éliminer", conclut le chef d’état-major, toujours à l’adresse du colonel Abdou.

Agence France Presse

Le général Salimou Amiri

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