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mercredi 28 juin 2017
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Le Monde, 5 mai 2010

Corruption : Au Pérou, la fin de la présidence Garcia est entachée par des scandales

par Chrystelle BARBIER


Manifestation contre Alan Garcia, à Lima, le 13 avril 2010

Depuis sa réélection à la tête du Pérou, en 2006, Alan Garcia n’a eu de cesse de chercher à faire oublier un premier mandat (1985-1990) caractérisé par une terrible crise économique, une hyperinflation à trois chiffres et une corruption généralisée. A un peu plus d’un an de la fin de sa deuxième présidence, les graves accusations à l’encontre des plus hauts dirigeants de son parti (l’Alliance populaire révolutionnaire américaine, APRA) risquent cependant de réduire ses rêves de rédemption à néant.

Peru


Fin avril 2010, les Péruviens ont appris avec indignation que l’Organisme gouvernemental de formalisation de la propriété informelle (Cofopri), alors présidé par Omar Quesada, secrétaire général de l’APRA, avait vendu à un militant de l’APRA un bout de plage de 300000 m2, au sud de Lima, pour la somme de 1250 euros, alors que sa valeur réelle s’élèverait à plus de 9 millions d’euros. Assurant ne rien savoir de la transaction, le président de Cofopri s’est vu dans l’obligation de démissionner. Face au scandale, le chef de l’Etat n’a pas hésité à se démarquer de ses "compagnons", comme s’appellent les membres de l’APRA. "Il y a eu un acte de corruption dégoûtant qui montre malheureusement qu’il y a certaines immondices qui ne prennent pas en compte l’effort que je fais pour le pays", a condamné Alan Garcia, avant de préciser qu’il "n’était pas là pour protéger les apristes". "Si certains pensent que je vais couvrir des choses, qu’ils aillent au Diable !", a fustigé le président, visiblement énervé par les nombreuses affaires qui ternissent d’ores et déjà la fin de son mandat, alors que les Péruviens perçoivent aujourd’hui la corruption comme le problème majeur du pays.

Omar Quesada Martinez

Dernier scandale en date : le départ, lundi 3 mai, de l’ancien premier ministre, Jorge del Castillo, de la direction du parti. Pris au coeur d’une tourmente médiatique le soupçonnant de corruption et de trafic d’influences, il laissera son poste de secrétaire général le temps que durera l’enquête à son encontre. "C’est une décision très correcte et digne de l’APRA", a salué le président, Alan Garcia, mardi 4 mai 2010. Bien que tardive, cette sortie est un soulagement. Proche du président, Jorge del Castillo est accusé d’avoir cherché à favoriser la compagnie pétrolière Monterrico, alors qu’il occupait le poste de premier ministre, en 2008.

Chrystelle BARBIER

Jorge del Castillo

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