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AFP, 6 mai 2010

Erythrée : Un ex-gardien annonce la mort en détention de hauts responsables


Vue d’Asmara

Six anciens responsables gouvernementaux et cinq journalistes érythréens arrêtés en 2001 sont morts en prison, a affirmé un ancien gardien de prison qui a récemment fui en Ethiopie, où les autorités l’ont présenté à la presse jeudi 6 mai 2010.

Erythrée


L’ancien vice-président érythréen, Mahmoud Sherifo, l’ancien chef d’état-major de l’armée, Ogbe Abraha, et les membres du comité central, Aster Fisehatsion, Germano Nati, Hamid Himid et Salih Kekya, faisaient partie d’un groupe de quinze hauts responsables politiques qui avaient critiqué, en 2001, le président érythréen, Issaias Afeworki, et demandé des réformes. Ces six personnes ont été envoyées dans les camps isolés d’Embatkala et Eraeiro, où la température avoisine souvent les 50° celsius. M. Eyob, qui a pris ses fonctions de chef des dix gardes du camp un mois avant que les prisonniers y soient rassemblés, a indiqué qu’il y avait 35 prisonniers en 2001, mais que 15 étaient décédés, parmi lesquels cinq journalistes. "Ogbe a tenté de se suicider, mais a échoué, avant de succomber à cause de l’asthme six mois plus tard en 2002 (...) Mahmoud est mort d’une infection au cou en 2003", a assuré lors d’un point de presse Eyb Bahta, l’ex-maton qui s’est enfui d’Erythrée il y a trois mois. "Les quatre sont morts de maladies et d’épuisement à cause de la chaleur. Ils n’ont jamais reçu de soins appropriés ou de bonne nourriture", a-t-il ajouté, précisant que cinq autres étaient toujours en vie mais très malades, y compris l’ancien ministre des Affaires étrangères Haile Woldetensae, qui a perdu la vue pendant sa détention. "Un des journalistes s’est suicidé alors que les autres sont tous morts de maladie", a-t-il expliqué.

Isaias Afwerki

Les ONG de défense des droits de l’Homme affirment que l’Erythrée a été transformée "en une prison géante" où les détentions, la torture et l’enrôlement prolongé dans l’armée sont pratique courante depuis la répression de 2001. L’agence éthiopienne pour les réfugiés et les rapatriés (ARRA) a indiqué que jusqu’à 2000 jeunes hommes et femmes traversent chaque mois la frontière avec l’Ethiopie en provenance d’Erythrée pour échapper "à l’excessive répression, aux violations des droits de l’Homme, et à la conscription forcée". En Suède, les médias et les organisations de défense des droits de l’Homme ont manifesté, lundi 3 mai 2010, pour demander la libération du journaliste suédo-érythréen, Dawit Isaak, qui fait partie de ces prisonniers. Les manifestants ont demandé à l’Union Européenne de stopper toute aide à l’Erythrée jusqu’à sa libération et la fermeture de ces "camps de la mort". Aucune réaction des autorités n’était disponible immédiatement.

Agence France Presse

Dawit Isaak

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source