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vendredi 23 juin 2017
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AP, 14 mai 2004

Crimes de guerre américains : Le témoignage de Jeremy Sivits, tortionnaire à Abou Ghraïb


NEW YORK (AP) - Le soldat Jeremy Sivits, qui prit des photos des sévices dans la prison d’Abou Ghraïb, sera, mercredi 19 mai 2004, le premier à comparaître en cour martiale, à Bagdad, dans cette affaire.

Il décrit les soldats rigolant et plaisantant alors qu’ils frappaient, déshabillaient et humiliaient sexuellement les détenus, selon ses déclarations rapportées par la presse américaine.


Jeremy Sivits, qui coopère avec les enquêteurs et compte plaider coupable, risque des peines moins lourdes que ses collègues. Ses récits sont les plus détaillés parmi ceux des militaires mis en cause, et les avocats des autres soldats incriminés parlent de déclarations "fabriquées", et douteuses du seul fait qu’il a passé un accord avec les procureurs.

Première affirmation de Jeremy Sivits, ces mauvais traitements n’étaient pas autorisés par la hiérarchie, qui n’était pas au courant : "notre commandement nous aurait éreintés (...) S’ils avaient vu ce qui se passait, nous aurions dû payer le prix fort".

Aux enquêteurs militaires, il a décrit par exemple un prisonnier blessé par balles et menotté à un lit, en train de supplier en hurlant, alors que le caporal de la police militaire Charles A. Graner, qu’il décrit comme l’un des chefs des tortionnaires, le frappait avec un bâton. "Certaines choses qu’on leur faisait faire me faisaient rire. D’autres choses me dégoûtaient", a-t-il déclaré en janvier 2004.

Les transcriptions des déclarations de Jeremy Sivits ont été fournies au "Washington Post" par l’avocat d’un des autres soldats impliqués. Le "New York Times" et le "Los Angeles Times" en publient également des passages, sans indiquer leur provenance.

Les autres gardes affirment avoir agi sur ordre de leurs supérieurs ou des responsables du renseignement militaire, et les six se sont dits innocents.

Selon Jeremy Sivits, Charles A. Graner s’amusait beaucoup à ces sévices, et a une fois frappé un détenu si violemment à la tête que ce dernier s’est évanoui. Quant au sergent Ivan Frederick, il forçat les détenus à se masturber, et semblait prendre plaisir à les regarder se faire frapper, ajoute Jeremy Sivits dans ses déclarations. Quant au sergent Javal Davis, il s’est jeté sur une pyramide de détenus, puis "a marché sur leurs doigts ou orteils", les faisant hurler de douleur. Javal Davis, dans un appel téléphonique à la chaîne ABC, depuis le camp militaire à Bagdad où il est aux arrêts, a reconnu ces faits. Contredisant Jeremy Sivits, il affirme que s’il avait refusé de maltraiter les prisonniers, "j’aurais alors désobéi à un ordre" venant des hommes du renseignement militaire (Military Intelligence).

Jeremy Sivits pour sa part raconte enfin qu’on lui avait demandé de ne rien raconter de ces sévices. "On m’a demandé de ne pas le faire. Et j’essaie d’être ami avec tout le monde. Je vois maintenant ce que peut coûter de chercher à être ami avec tout le monde".

Associated Press

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