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dimanche 23 juillet 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 7

L’invasion des Balkans, de la Grèce et de l’île de Crète


Benito Mussolini en compagnie d’Adolf Hitler

Benito Mussolini, le dictateur de l’Italie et allié d’Adolf Hitler, a décidé d’attaquer la Grèce depuis l’Albanie, que l’Italie occupait depuis 1939. L’attaque a été déclenchée le 28 octobre 1940. Mais l’armée grecque a repoussé les Italiens en Albanie.

L’artillerie italienne est prise sous le feu d’un contre-bombardement, sur le front albanais, en 1940

Des artilleurs grecs en Albanie, en 1940

Des soldats grecs en Albanie, en 1940

Des soldats grecs en marche vers le front albanais, en 1940

Des avions italiens en vol pour une mission au-dessus de la Grèce, le 9 janvier 1941


Le plan allemand

Adolf Hitler avait décidé d’attaquer la Grèce, comme préliminaire à l’invasion de l’Union soviétique. Il se souvenait que l’installation des alliés à Salonique, en 1915, mena à une avance décisive en septembre 1918. En 1941, Adolf Hitler craignait que les Britanniques débarquent à nouveau à Salonique, ou sur la côte méridionale de la Thrace. Ce débarquement les aurait placés sur les arrières du Groupe d’armées Sud allemand, après que celui-ci soit entré en Union soviétique. Adolf Hitler a donc décidé, par mesure de précaution, d’occuper la côte de la Thrace méridionale.

La 12ème armée du maréchal List, comprenant le groupe de Panzer du général Kleist, a été désignée pour cette opération. Elle s’est assemblée en Roumanie, elle a traversé le Danube et elle est entrée en Bulgarie. De là, elle devait partir pour percer la Ligne Metaxas des Grecs, son aile gauche avançant sur Salonique et son aile droite sur Dédé-Agatch.

Wilhelm List

Paul Ludwig Ewald von Kleist

Une fois la mer Méditerranée atteinte, les Bulgares devaient prendre la relève pour assurer la principale protection de la côte, où seulement quelques éléments allemands devaient demeurer. Le gros de la 12ème armée, en particulier le groupe de Panzer du général Kleist, devait ensuite faire demi-tour et être envoyé vers le Nord, via la Roumanie, afin d’entrer en action dans le secteur Sud du front soviétique. Le plan initial ne prévoyait pas l’occupation du territoire central de la Grèce.

Lorsque les Allemands ont montré ce plan au roi Boris de Bulgarie, il leur a déclaré qu’il n’avait pas confiance dans la Yougoslavie, qui pouvait menacer le flanc droit de la 12ème armée allemande. Les représentants allemands ont répondu qu’étant donné le pacte de 1939 entre l’Allemagne et la Yougoslavie, ils n’avaient pas d’inquiétude dans ce secteur.

Le roi Boris de Bulgarie en compagnie d’Adolf Hitler

Coup d’état en Yougoslavie

Au moment où la 12ème armée était sur le point de commencer les opérations en Grèce à partir de la Bulgarie, comme prévu par les plans, un coup d’état a été déclenché à Belgrade, la capitale de la Yougoslavie. Le prince Paul a été contraint à l’abdication. Les Allemands ignoraient si certains milieux, à Belgrade, voulaient se ranger dans le camp des puissances occidentales, ou si le complot était soutenu par l’Union soviétique. Cette affaire bouleversait les plans des Allemands.

Les divisions de Panzer du général von Kleist ont dû immédiatement quitter la Bulgarie, en direction du Nord-Ouest, pour marcher sur Belgrade. Une autre opération a été improvisée par la 2ème armée du général von Weichs, rapidement rassemblée en Autriche pour descendre vers le Sud.

Les troupes allemandes attaquent la Yougoslavie depuis la Bulgarie, le 6 avril 1941

Une colonne allemande en Yougoslavie, en 1941

Un Panzer 3 allemand en Yougoslavie, en 1941

Un campement allemand en Yougoslavie, en avril 1941

Des blindés allemands 39 H dans une forêt yougoslave, en avril 1941

Un blindé allemand 39 H en Yougoslavie, en 1941

Des Junker JU87 Stuka allemands au-dessus de la Yougoslavie, en 1941

Un tank yougoslave en 1941

L’invasion de la Grèce

En mars 1941, 53000 soldats britanniques ont été envoyés en Grèce, afin de soutenir ce pays contre l’Italie. Lorsque les Allemands ont envahi la Grèce, en avril 1941, à la suite du débarquement de la petite armée britannique de renfort à Salonique, l’armée grecque a été principalement alignée de manière à couvrir les passages montagneux vers la Bulgarie, où les Allemands avaient rassemblé leurs forces.

Des troupes alliées s’embarquent pour la Grèce, à Alexandrie, en Egypte, en 1941

Mais l’avance allemande prévue par les Grecs, à travers la vallée de la Strouma, masquait un mouvement moins direct. Des colonnes mécanisées allemandes ont fait un crochet à l’Ouest de la Strouma, ont remonté la vallée de la Stroumitza, parallèle à la frontière, et ont pénétré par les cols de montagne dans l’extrémité yougoslave de la vallée du Vardar. De là, elles ont percé à travers la jonction des armées grecque et yougoslave, et elles ont exploité cette pénétration par une avance rapide le long du Vardar, jusqu’à Salonique. Ce mouvement a isolé en Thrace une grande partie de l’armée grecque.

Des soldats allemands en Grèce, en avril 1941

Des artilleurs allemands, en Grèce, en 1941

Des Junker JU87 Stuka au-dessus de la Grèce, en 1941

Enchaînant sur ce coup, les Allemands, au lieu d’avancer directement depuis Salonique vers le Sud, en passant au pied du mont Olympe -où l’armée britannique avait pris position-, ont effectué un crochet plus à l’Ouest, à travers la percée de Monastir. L’exploitation de cette avance vers la côte occidentale de Grèce a isolé les divisions grecques d’Albanie. Pris à revers, les Britanniques voyaient leur ligne de retraite menacée. Il en est résulté l’effondrement rapide de toute résistance dans le pays. Le gros des troupes britanniques et alliées a été évacué par la mer, jusqu’en Crète.

Un tank britannique Cruiser Mk2 qui a perdu sa chenille, en Grèce, en avril 1941

Des soldats néo-zélandais se reposent pendant la retraite en Grèce, en 1941

Des soldats australiens près d’un canon antichar, en Grèce, le 13 avril 1941

Les Allemands avaient capturé 90000 Yougoslaves, 270000 Grecs et 13000 Britanniques, en ne perdant que 5000 tués ou blessés.

Des prisonniers de guerre alliés capturés en Grèce, en 1941

Comme à Dunkerque, les Britanniques ont dû évacuer leurs soldats. 19000 d’entre eux ont été évacués vers l’île de Crète. Les autres ont été évacués vers l’Egypte.

Des soldats néo-zélandais attendent leur évacuation de Grèce, en 1941

L’invasion de la Crète

En Crète, les Britanniques ne disposaient que d’une demi-douzaine de tanks et n’avaient aucun appui aérien pour combattre les bombardiers en piqué allemands. L’armement antiaérien était lui-même très réduit.

Le 20 mai 1941, à 08h00, quelque 3000 parachutistes allemands ont été lâchés dans le ciel de la Crète. L’île était défendue par 28600 soldats britanniques, australiens et néo-zélandais, ainsi que par deux divisions grecques dont les effectifs atteignaient un chiffre pratiquement comparable.

Des parachutistes allemands sautent au-dessus de la Crète, le 20 mai 1941

Deux cadavres de parachutistes allemands près d’un planeur, en Crète, le 6 juin 1941

Cette attaque avait été annoncée par les services de renseignements britanniques, mais la menace n’a pas été assez prise au sérieux. Winston Churchill a demandé, avec insistance, l’envoi « d’au moins une autre douzaine de tanks d’infanterie » en renfort.

Des soldats britanniques dans une tranchée, en Crète, en mai 1941

Le premier soir, le nombre d’Allemands arrivés dans l’île de Crète avait plus que doublé et ils ont continué de recevoir des renforts par parachutes et par planeurs. A partir du second soir, les Allemands ont reçu des renforts par avions de transport de troupes. Ces avions ont commencé d’atterrir sur l’aérodrome de Malerme, qui venait de tomber, alors que les pistes étaient encore balayées par le feu de l’artillerie et des mortiers des défenseurs. En tout, les Allemands ont débarqué environ 22000 hommes par la voie des airs.

Des parachutistes allemands en Crète, en mai 1941

Des prisonniers allemands capturés en Crète, en 1941

Le 26 mai 1941, dans un rapport, le commandant britannique de Crète a estimé que la situation était désespérée.

L’évacuation de l’île de Crète a commencé dans la nuit du 28 mai 1941 et s’est achevée dans la nuit du 31 mai. Au cours de ses efforts acharnés pour emmener autant de soldats que possible, la Royal Navy a subi de lourdes pertes du fait de l’aviation allemande, maîtresse du ciel. En tout, 16500 hommes ont été sauvés, y compris quelque 2000 Grecs. Mais les autres, tués ou prisonniers, ont dû être abandonnés aux mains des Allemands. La Royal Navy a eu plus de 2000 morts. 3 croiseurs et 6 destroyers ont été coulés. 13 autres bâtiments ont été sévèrement endommagés, y compris 2 cuirassés et le seul porte-avion de la flotte de Méditerranée.

Deux navires britanniques attaqués par des bombardiers allemands brûlent dans la baie de Souda, le 25 juin 1941

Les Allemands ont eu quelque 4000 tués et environ 2000 blessés. Impressionné par l’ampleur de ces pertes, Adolf Hitler a renoncé a utiliser, par la suite, ses parachutistes dans des attaques similaires, notamment contre l’île de Malte.

Des parachutistes allemands en Crète, en juin 1941

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source