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lundi 27 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (6ème partie) : Du 16 mai 2004 au 15 juin 2004
AFP, 16 mai 2004

Crimes de guerre américains : Nouvelles accusations contre les dirigeants du Pentagone


BAGDAD (AFP) - De nouvelles accusations ont été lancées dimanche contre les dirigeants du Pentagone dans le scandale des sévices infligés aux détenus irakiens, tandis que sur le terrain des affrontements sanglants se poursuivaient entre les forces de la coalition et des éléments radicaux dans les grandes villes chiites du sud de l’Irak, notamment à Kerbala.

Selon un article du New Yorker dont l’auteur est Seymour Hersh, le journaliste réputé qui a révélé le scandale avec la chaîne CBS, les sévices infligés à des détenus irakiens par des militaires américains dans la prison d’Abou Ghraib ont été la résultante d’une décision approuvée secrètement en 2003 par le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lui-même, par son adjoint Paul Wolfowitz et par le chef de l’état-major interarmes Richard Myers.


Ils auraient autorisé l’envoi dans les prisons irakiennes d’une unité secrète des services de renseignement de l’armée, dont les membres opéraient sous de fausses identités et pratiquaient des méthodes d’interrogatoire coercitives.

Le Pentagone a démenti ces informations, mais des parlementaires influents ont indiqué, dimanche 16 mai 2004, leur volonté d’établir les responsabilités dans le scandale. "Il va encore y avoir de nombreuses auditions, avec de nombreuses personnes qui seront appelées à comparaître", a assuré dimanche le sénateur démocrate Carl Levin, de la commission des forces armées du Sénat. "Il y a encore tant de questions auxquelles il faut répondre", a pour sa part déclaré sur NBC le sénateur républicain John McCain, membre de la même commission. "Nous devons mener cette enquête aussi loin que possible", a-t-il dit.

En déplacement en Jordanie, le secrétaire d’Etat Colin Powell a lui aussi estimé important de "faire la lumière" sur cette affaire. Il a par ailleurs déclaré que les Etats-Unis accepteraient tout gouvernement irakien, même théocratique, qui serait issu d’élections démocratiques. "Nous devrons accepter ce que le peuple irakien choisira", a-t-il dit à la chaîne de télévision NBC. Cette prise de position marque un revirement dans la politique du gouvernement américain, qui a jusqu’ici combattu toute tentative des dirigeants religieux chiites en Irak de suivre les pas de leurs coreligionnaires iraniens. M. Powell a toutefois averti que pour qu’un gouvernement islamique théocratique soit accepté dans le monde, les Irakiens "doivent respecter les droits de tous les individus et ne pas permettre l’arrivée d’un régime purement fondamentaliste".

A Berlin où elle était en visite, Condoleezza Rice, la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush, a déclaré que les troupes américaines allaient rester en Irak "jusqu’à ce que le travail soit achevé", dans une interview au quotidien allemand Tagesspiegel à paraître lundi 17 mai 2004.

Sur le terrain en Irak, les forces américaines ont accentué, dimanche 16 mai 2004, leur pression sur les résistants chiites radicaux à Kerbala, faisant une incursion à l’intérieur de leur enclave, à quelques mètres seulement des mausolées de l’imam Hussein et de l’imam Abbas. Treize civils auraient été blessés lors des affrontements.

Un soldat américain a par ailleurs été tué et un autre blessé dans l’explosion d’une bombe artisanale au passage de leur véhicule à Bagdad, a indiqué la coalition dans un communiqué. Deux Irakiennes employées par la coalition ont aussi été tuées et deux personnes blessées dans une embuscade contre leur véhicule dans la capitale.

Dans les villes chiites, les affrontements ont fait de nombreuses victimes civiles, notamment à Nassiriyah, où un obus a explosé dans un marché, blessant vingt personnes. Plusieurs soldats du contingent italien stationné dans cette ville ont été blessés, dont l’un grièvement, dans les combats de dimanche 16 mai 2004 avec des résistants chiites, selon des sources militaires citées par l’agence de presse italienne Ansa. Les militaires italiens ont dû abandonner provisoirement un de leurs postes, qui contrôlait un des principaux ponts de Nassiryah.

Dans la ville sainte de Najaf, une délégation de dignitaires sunnites de la ville de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, a rencontré, dimanche 16 mai 2004, le chef radical chiite Moqtada al-Sadr pour lui apporter son soutien, a déclaré à l’AFP l’un des conseillers de Sadr, Houssam al-Moussaoui.

A Téhéran, les offensives américaines contre les villes saintes chiites en Irak ont soulevé l’indignation. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, les a condamnées, tandis que plusieurs centaines d’islamistes dénonçaient devant l’ambassade de Grande-Bretagne les "crimes américains et britanniques" dans l’Irak voisin.

A l’extrémité sud de l’Irak, quatre civils irakiens ont été tués et trois blessés dans une attaque manquée, dimanche 16 mai 2004 avant l’aube, contre une base britannique à Bassorah, selon un porte-parole militaire britannique.

A Londres, plusieurs ministres ont volé au secours de Tony Blair pour démentir la rumeur montante d’un départ anticipé du chef du gouvernement britannique, critiqué pour sa politique en Irak et au plus bas dans les sondages.

L’hebdomadaire Sunday Mirror a fait état d’une éventuelle visite de MM. Bush et Blair en Irak, à une date encore indéterminée. Downing Street n’a pas souhaité commenter cette information.

Agence France Presse

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