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vendredi 18 août 2017
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Rue 89, 21 juillet 2010

Corruption : L’enquête du Nouveau Courrier sur la filière café-cacao en Côte d’Ivoire

par Théophile KOUAMOUO et Saint-Claver OULA


Des cabosses de cacao

C’est un réquisitoire qui marquera sans conteste l’histoire de la principale mamelle économique de la Côte d’Ivoire. Les conclusions de l’enquête remise par le procureur de la République, Raymond Tchimou, au chef de l’Etat, le 24 juin 2010, troubleront à coup sûr le sommeil des barons de la filière café-cacao qui croupissent à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) depuis bientôt trois ans.

Côte d’Ivoire


De Tapé Do (BCC) à Niamien N’Guessan Antoine (notaire), en passant par Amouzou Kassi Henri (FDPCC), Kouassi Théophile (expert-comptable), Obodji née Houssou Amelan Roseline (directrice administrative et financière du FDPCC), Kouakou Firmin (FRC), Bayou Bagnon Jean-Claude (Fonds de garantie des coopératives café-cacao), Zougrana Placide (Autorité de Régulation du Café et du Cacao), Kili Zilahon Angeline (FRC). Ce sont au total 30 têtes fortes de la filière café-cacao, qui ont été passées au « scanner » par les services du procureur, Raymond Tchimou, sur les moindres actions entreprises pour leur compte personnel et pour le compte des structures qu’ils ont eu à diriger jusqu’à la saisine du procureur de la République par le numéro un ivoirien : « Suite aux rumeurs persistantes et aux mentions dans la presse nationale faisant état de troubles graves à l’ordre public ayant entraîné parfois mort d’homme et qui, semble-t-il, trouvent leurs justifications dans des accusations de détournement de fonds dans la filière café-cacao, notamment lors du rachat de l’usine de chocolat de Fulton, sise aux Etats Unis d’Amérique, et lors de l’acquisition de différentes sociétés par les structures de la filière café-cacao à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. »

Raymond Tchimou

Les conclusions de l’enquête menées « aussi bien à Abidjan, à l’intérieur du pays, qu’aux Etats-Unis d’Amérique » révèlent que : « Les structures avaient été engagées par leurs dirigeants dans des dépenses douteuses, des prêts qui n’étaient presque jamais remboursés, des participations, des acquisitions très souvent hasardeuses et des cessions sans l’accord des autorités de tutelles ou des responsables désignés par les textes. [...] Des pratiques de gré à gré, en lieu et place de l’appel d’offres, pour des montants dépassants les seuils fixés par les textes réglementaires. » Par ailleurs, certains états de dépenses effectuées ne comportaient pas toutes les signatures requises. Il en est de même pour les retraits effectués à la caisse dont la destination reste douteuse ou inconnue. [...] En plus de leur rémunération statutaire, les dirigeants s’étaient fixés des rémunérations et primes exceptionnelles sans aucune base juridique. De plus, les membres des conseils d’administration s’étaient attribués, en plus des jetons de présence, des rémunérations exceptionnelles (primes de fin d’année) sans oublier qu’ils avaient multiplié de façon excessive le nombre de réunion de conseil d’administration, contrairement aux dispositions des statuts. [...] Ces différentes opérations des structures ont coûté des milliards correspondant à des pertes sèches. » Les chefs d’accusation ainsi détaillés, les services du procureur de la République ont passé chaque baron de la filière café-cacao au « microscope ». Durant cinq jours, Le Nouveau Courrier, qui a réussi à se procurer un document de première main qui circule dans les cercles politiques et diplomatiques les plus fermés, parcourra avec vous des accusations graves et étayées, qui donneront du fil à retordre aux avocats des prévenus. Aujourd’hui, nous nous limitons à ce qui est considéré par le parquet comme relevant de « l’escroquerie ».

► Tapé Do Lucien

Le président du conseil d’administration de la BCC, d’après les conclusions de l’enquête, a reçu la somme de 49 millions de FCFA au nom et pour le compte de l’Association des agriculteurs de Côte d’Ivoire (AACI), alors que celle-ci avait été dissoute depuis le 2 août 2001. Il est également reproché à Tapé Do Lucien de s’être fait établir des ordres de mission, sans les avoir effectuées. Des cas frappants ont été relevés. Il devait, par exemple effectuer une mission, du 6 au 23 mars 2003, à Lomé, alors qu’à la même date, il avait un ordre de mission pour Paris et Bruxelles. Il avait aussi, dans la même période, un autre ordre de mission, du 11 au 14 mars 2003, pour Londres. Du 16 octobre au 3 novembre 2006, il a bénéficié d’un autre ordre de mission pour se rendre en France, en Italie et en Espagne, or il est sorti du territoire national le 27 octobre 2006 pour en revenir le 29 octobre de la même année. Le parquet note que ces missions non effectuées constituent des manœuvres frauduleuses pour se faire attribuer des sommes d’argent.

Lucien Tapé Do

► Tano Kassi Kadio

Le directeur général de la BCC, à la suite de plusieurs ordres de mission, s’est fait remettre des sommes d’argent par sa structure au titre des frais de mission sans s’être déplacé. Alors qu’il a fait avaliser des missions à effectuer du 8 au 13 mai 2005 au Gabon, au Cameroun et au Ghana, Tano Kassi Kadio n’est sorti de la Côte d’Ivoire que le 10 mai 2005. Il devait en outre séjourner hors de la Côte d’Ivoire du 28 novembre au 3 décembre 2006, mais ce n’est le 30 novembre 2006 que le directeur général de la BCC est sorti du pays. Il lui est reproché par les enquêteurs de présenter parfois deux ordres de mission aux mêmes dates pour des pays différents. Notamment en ce qui concerne la mission en Allemagne et à Londres prévue au même moment, à savoir du 23 janvier au 3 février 2007, et pour lesquelles il a perçu deux fois les frais de mission.

Kassi Kadio Tano

► Mensah Viviane Mangnan

Directrice financière de la BCC, il lui est reproché de faire des sorties d’argent sans que les bénéficiaires n’en justifient le motif. Elle a elle-même scanné des chèques dans son ordinateur et fait passé les écritures relativement aux opérations matérialisées par lesdits chèques dans la comptabilité de la BCC. Elle a également commis des manœuvres frauduleuses, note l’enquête, à l’effet de faire sortir des sommes d’argent sans respecter le mode opératoire en matière de sortie de fonds des caisses de la BCC. Les services du procureur retiennent donc que ces manœuvres frauduleuses n’avaient pour seul objectif que de porter atteinte aux biens de la BCC.

►Bolou Epse Dago Sophie Laure Adèle

Ex-directrice financière de la BCC, elle s’est fait remettre des perdiems en produisant des ordres de missions fictifs. Notamment des fonds qu’elle a perçus en délivrant des ordres de mission sur New-York du 11 au 18 novembre 2003, Paris et Londres du 4 au 12 juin 2005, Londres du 19 juin au 2 juillet 2005, Hambourg du 4 au 14 décembre 2005, Paris du 17 mai au 13 juin 2006. Des investigations menées ont démontré que Dame Bolou n’a fait aucune sortie du pays à ces dates indiquées.

► Bayou Bagnon Jean-Claude

Directeur général du Fonds de garantie des coopératives café-cacao (FGCCC), il a financé des coopératives inexistantes et certaines fermées depuis des années pour la somme de plus de 2 milliards FCFA. Et les états produits par le FGCCC pour étayer le financement de ces coopératives constituent des faux ou des manœuvres dans le but de soutirer de l’argent pour le compte de ses dirigeants. C’est le cas de la coopérative Coopako, agréée le 3 janvier 2007 alors que l’état de financement des coopératives produit par le FGCCC mentionne qu’elle a été financée pour la campagne 2005-2006.

► Mangoua Koffi Saraka Jacques

Président du FGCCC, Mangoua a fait virer, selon le parquet, 1 milliard de FCFA du compte de sa structure à la Banque Atlantique sur le compte BFA logé à Citibank et Bayou Bagnon Jean-Claude, qui est le directeur de ladite structure, est intervenu comme cosignataire. Ce déblocage est intervenu sans aucune décision du Conseil d’administration, en plus de ce qu’il n’existe aucune explication valable de ce qu’est devenu ce fonds.

► Souanga Koffi Anokoua Mathurin

Directeur général de SIMATP dont l’ensemble des actions a été souscrit et payé entièrement par le FGCCC. Mais en retour, cette société ne lui a jamais rien versé comme dividende. Les services du procureur de la République ont relevé que Bayou Bagnon, directeur général du FGCCC, apparaît dans certains procès verbaux de la SIMATP comme intervenant pour le compte de sa structure, sans que celle-ci ne lui ait donné aucun mandat. Il résulte clairement, d’après les déductions des enquêteurs, qu’aussi bien les statuts que les procès-verbaux du conseil d’administration de la SIMATP, l’ensemble des relations commerciales et juridiques, démontrent une connivence entre Souanga Koffi Anokoua Mathurin et toutes les autres personnes présentées comme étant les actionnaires pour profiter des avoirs du FGCCC.

► Gnako Sokouri Alfred

Contrôleur du FGCCC, il est actionnaire à la SIMATP. C’est ce qui ressort de l’acte notarié créant la SIMATP, indiquant que les autres actionnaires sont présentés comme ayant libéré le prix de leurs actions. Et que le contrôleur général Gnako Alfred a lui-même reconnu que c’est le FGCCC qui a payé les actions de tous les membres de la SIMATP. Toutes les charges, notamment le paiement des prix d’acquisition des camions et tracteurs vendus par la SIMATP, ont été faites par le FGCCC. Les services du procureur de la République déduisent, au terme de leur enquête, que Gnako Alfred et les autres actionnaires, Bayou Bagnon, avaient mis sur pied la SIMATP pour qu’elle soit financée par le FGCCC. Et que les dépenses de la SIMATP étaient assurées par le FGCCC à la suite d’une entente frauduleuse avec le FGCCC.

► Kouakou Firmin

Le directeur général du FRC s’est fait établir plusieurs ordres de missions pour des voyages non effectués. Il devait être à Londres du 5 au 10 janvier 2003, du 11 au 22 janvier 2003 à l’Iles-Maurice, du 20 au 28 janvier 2007 à Milan, du 17 au 24 octobre 2006 en Chine et pour la même date en Espagne. En ce qui concerne les deux dernières missions, il a perçu les frais les 17 et 18 octobre 2006.

► Kili Zilahon Angeline

La présidente du conseil d’administration du FRC a également agi comme son directeur général en se faisant établir des ordres de mission sans les avoir effectuées et perçu les sommes d’argent y afférant. C’est le cas des missions non effectuées les 30 janvier 2004, 7 mai 2004, 22 juin 2005 et 3 mai 2006.

► Kouassi Tohouri Prosper

D’après la pièce de sortie de caisse N°7338 du 24 août 2006, Kouassi Tohouri, comptable financier, a reçu, sur instruction de son supérieur hiérarchique Kouakou Firmin, la somme de 150 millions de FCFA pour le paiement des impôts, mais il n’y a aucune trace d’un tel paiement dans les livres de la direction générale des impôts.

► Jean-Claude Amon

L’ex-directeur de l’usine de Fulton a demandé à Hausmann Banet, directeur général de Lion Capital Management Group (LCM), de surfacturer le rachat de l’usine de chocolat de Fulton de 100 millions de FCFA à plus de 127 millions de FCFA. Jean-Claude Amon a ensuite exigé le surplus, à savoir plus de 27 millions de FCFA pour lui-même et pour ses associés. Il lui est reproché d’user, à travers l’émission de plusieurs chèques pour entrer en possession du surplus, de manœuvres frauduleuses pour s’approprier les fonds du FRC.

► Sahé Kouadio

Directeur général de la Société d’aménagement rural, d’équipement et de mécanisation (Sarem). Cette société est constituée par des personnes morales, notamment la filière café-cacao, la filière coton, la filière palmier à huile, le district d’Abidjan et des personnes physiques. Son commissaire aux comptes soutient qu’au 31 décembre 2004, il avait relevé dans son rapport que le montant des capitaux propres de la société était inférieur à la moitié du capital social. Le résultat net de l’exercice contrôlé montrait une perte de plus de 375 millions de FCFA et que le capital de 300 millions de FCFA avait été totalement absorbé. Les dirigeants n’ont pas rendu compte des revenus provenant de ces contrats exécutés. Et qu’ils ont usé de manœuvres frauduleuses pour s’approprier des engins de la société.

► Yallé Agbré Gabriel

L’administrateur au FRC et trésorier de New York Chocolat Confection Company (NY3C), qui a acheté la fameuse usine de Fulton, aux Etats-Unis, est accusé d’avoir reçu « des avantages indus de la part de Okaingny Okaingny Louis », président du conseil d’administration de ladite société. Il n’a jamais su expliquer l’utilisation des montants qu’il a reçus. Les virements dont il était bénéficiaire indiquaient qu’ils étaient destinés à la gestion des risques, mais il s’agissait « d’une justification fallacieuse » pour détourner l’argent reçu. Opération symbole : il a reçu, par l’entremise de sa société IC Management, la somme de 10 milliards de FCFA pour la gestion des risques sur 5000 tonnes de cacao. Sans qu’il ne parvienne à expliquer « la réalité de cette opération ».

► Okaingny Okaingny Louis

Le PCA de NY3C a fixé des avantages en nature à Yallé Agbré Gabriel et à Amon Jean-Claude, sans prendre la peine de consulter le conseil d’administration. L’usine de Fulton a produit du chocolat et de la liqueur de cacao, mais les dirigeants de l’entreprise « ne donnent aucune explication » sur ce qu’ils ont fait des 917 millions de FCFA représentant le produit des ventes. M. Okaingny fait en outre partie des organes dirigeants du FRC et de la BCC en dépit d’une « incompatibilité manifeste ». Il a profité de sa position pour se faire octroyer des prêts jamais remboursés.

► Placide Zoungrana, Gbogou Didier Lohoury et Agbatessi Coffi née Ahou Loukou Dominie

Il était prévu que tout demandeur d’agrément d’exportation auprès de l’ARCC (Autorité de régulation du café cacao) s’acquitte de la somme de 100000 FCFA. Ce qui a été fait de manière constante. Mais malheureusement, « le montant exhaustif perçu sur la délivrance des agréments n’apparaît nulle part ». La promesse faite par les dirigeants de l’ARCC de « produire l’état exhaustif des revenus de cette activité » n’a jamais été tenue. « Manœuvres frauduleuses » destinées à se faire remettre indument de l’argent par les opérateurs du secteur.

► Amouzou Kassi Henri

Le dossier de ce « baron » célèbre, président du Conseil de gestion du Fonds de développement de la filière café cacao (FDPCC) est lourd au titre des « escroqueries ». En dépit du décret n° 2001-512 du 28 août 2001 portant création du FDPCC qui prescrit une incompatibilité entre les fonctions de membre du Conseil de gestion et celle de membre du Conseil d’administration d’une structure intervenant dans la filière, Amouzou Kassi Henri a cumulé les fonctions de président du Conseil de gestion du FDPCC, d’administrateur à CORI SA et d’administrateur à SIFCACOOP. Un cumul rentable : pour la première fonction, il recevait une indemnité de 5500000 FCFA ; pour la deuxième, une prime de 500000 FCFA par mois ; pour la troisième une prime de 2000000 FCFA par mois. Entre mars et avril 2007, Amouzou Kassi Henri a reçu la somme de 139000000 FCFA, en exécutif d’une délibération du conseil de gestion à propos de tournées de sensibilisation sur la régénération du cacao. Le problème est que ces tournées n’ont jamais eu lieu. Entre 2004 et 2008, le FDPCC aurait engagé des frais dits de justice qui s’élèvent à la somme astronomique de 1324055500 FCFA. Le 10 janvier 2008, le Conseil de gestion donne mandat au secrétariat exécutif du FDPCC de procéder au remboursement de frais engagés notamment par Amouzou Kassi Henri. Des frais, a-t-on alors affirmé, engagés à titre personnel dans le cadre de la résolution des difficultés liées aux crises traversées pendant toute l’année 2007. Une résolution « postérieure » aux frais judiciaires déjà engagés et qui, curieusement, n’indique pas les montants prêtés par les dirigeants, ni ne justifie leurs dépenses. De plus, aucune convention de prêt n’existe entre le FDPCC et eux.

Le FDPCC, dans le cadre du règlement des prestations de la société Modena Communication, a remis différents chèques à un certain Boni Mel pour le compte de Davy Attia. Lequel n’a pas reçu plus de 500000000 FCFA pour la confection d’« agendas présidentiels ». Et affirme ne pas connaître Boni Mel de qui il n’a jamais reçu ni chèque ni espèces. Il n’a pas non plus de relation commerciale avec la société Modena Communication dont il connaît simplement le patron, un certain Poule Patrick. Ces remises de fonds du FDPCC à Boni Mel étaient donc des manœuvres frauduleuses des dirigeants du FDPCC. Par ailleurs, les enquêteurs ont pu établir que Koyo Sylvère, avocat du FDPCC, a fait des transferts de l’ordre de plus de 200000000 FCFA sur le compte personnel de Henri Amouzou à Monaco. La « combine » semble simple : faire payer des gros honoraires à l’avocat par le FDPCC et les récupérer par la suite, au moins en partie. La même méthode semble avoir été utilisée avec Edouard Kouassi N’Guessan, responsable du cabinet FIDEC, commissaire aux comptes du FDPCC. Qui a effectué un virement de 150000000 FCFA sur le compte CITIBANK de Amouzou Kassi Henri après sa rémunération. Un commissaire aux comptes qui a reconnu que ce virement équivalait à une commission (de 5 % à 30 %) sur les marchés obtenus auprès du FDPCC.

Plus grave : l’instruction judiciaire a pu établir que 19 comptes du FDPCC, mouvementés par Henri Amouzou et Théophile Kouassi sont « inexistants » dans la comptabilité de la structure. Des faits confirmés par Abou Seydou, comptable au FDPCC. Ainsi du compte BNI n°130120010308 intitulé fonds cacao, ouvert en juin 2003 par un virement de 3 milliards, et débité 94 fois pour des montants supérieurs à 20000000 FCFA, puis clôturé en 2006. Ou du compte BIAO n° 313602660025 ouvert le 12 juin 2003 avec un chèque de 4 milliards puis un autre chèque de 600000000F et qui n’a fonctionné qu’en débit depuis son ouverture.

Henri Kassi Amouzou

► Kouassi Théophile

Le secrétaire exécutif du FDPCC est le « double » de Henri Amouzou. Du coup, son nom est cité pratiquement pour les mêmes motifs. Créances imaginaires, affaire « Boni Mel/Attia Davy », dix-neuf comptes fantômes. Kouassi Théophile a même choisi la même banque à Monaco qu’Henri Amouzou pour se faire virer de l’argent (200000000 FCFA) par l’avocat de la structure. Sur son compte Citibank, il a reçu un virement de 146000000 FCFA de la part du Commissaire aux comptes.

Théophile Kouassi

► Dame Obodji née Houssou Amelan Roselyne

Ex-directrice administrative et financière du FDPCC, elle est considérée comme co-responsable des actes de mauvaise gestion de ses patrons, Amouzou Henri et Kouassi Théophile.

► Digbeu Toh Lambert

L’ex-directeur administratif et financier du FDPCC, actuel Conseiller spécial du secrétaire exécutif du FDPCC, il « plonge » pour avoir fait inscrire dans les livres comptables de cette structure des frais sans justificatifs et d’avoir remis des fonds à des « mandataires fictifs ».

► Kra Banny Blaise

Directeur financier de SIFCA Coop, Kra Banny Blaise s’est fait remettre à des fins personnelles, selon le document issu de l’instruction, les sommes de 530000000 FCFA et 250000000 FCFA, et les a justifiées par le libellé « remboursement de primes aux coopératives » et « remboursement au FDPCC », alors qu’elles n’étaient pas réellement affectées à ces usages. Ces faux libellés sont considérés comme des « faits d’escroquerie ».

Théophile KOUAMOUO et Saint-Claver OULA

Des députés débattent de l’adoption d’une nouvelle loi contre la corruption, au parlement, à Abidjan, le 20 juillet 2010

AUTEURS 

  • Théophile KOUAMOUO et Saint-Claver OULA

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source