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mardi 25 juillet 2017
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Reuters, 29 juillet 2010

Informations internationales : L’ONU définit l’accès à l’eau comme un droit humain essentiel

Suivi d’un commentaire

par Patrick WORSNIP et Jean-Stéphane BROSSE



L’Assemblée générale des Nations Unies a affirmé, mercredi 28 juillet 2010, par une résolution, l’accès à l’eau et à des sanitaires comme un droit humain essentiel.


Les promoteurs du texte, présenté à l’Assemblée par la Bolivie, ont souligné que 884 millions d’habitants de la planète sont privés d’accès à l’eau potable, que plus de 2,6 millions n’ont pas de sanitaires et que 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies liées au manque d’eau ou d’hygiène. La résolution, non contraignante, appelle les Etats et les organisations internationales à "augmenter les efforts" pour remédier à cette situation. Le texte a été adopté par 122 voix pour, zéro voix contre et 41 abstentions, émanant de pays développés pour la plupart, même si l’Allemagne ou l’Espagne ont voté pour.

Les pays qui se sont abstenus, comme les Etats-Unis, ont noté qu’un tel droit n’était pas reconnu en droit international. Ils ont aussi fait valoir qu’une experte indépendante, l’avocate portugaise Catarina de Albuquerque, devait présenter, en 2011, un rapport devant le Conseil aux droits de l’homme de l’ONU sur les obligations des Etats relatives à ces questions. Ils ont reproché aux parrains de la résolution de chercher à devancer ses conclusions. L’ONG américaine Food & Water Watch a déploré que les Etats-Unis fassent obstacle à la reconnaissance du droit humain à l’eau, estimant que les populations pauvres méritaient la reconnaissance de ce droit sans plus d’atermoiements.

Patrick WORSNIP et Jean-Stéphane BROSSE

Commentaire

L’idéologie néolibérale veut que l’eau soit privatisée et vendue à ceux qui ont les moyens de la payer, ce qui s’oppose à l’idée d’un droit qu’auraient les pauvres d’obtenir de l’eau gratuitement. Selon la logique néolibérale, si les pauvres veulent de l’eau gratuitement, ils n’ont qu’à se baigner dans les égouts et boire dans les caniveaux. On ne saurait priver les actionnaires de leurs profits.

Frank BRUNNER

AUTEURS 

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