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4 août 2010

Angola : Communiqué des rebelles cabindais


Le footballeur togolais Kodjovi Obilale (à gauche de l’image) se repose à l’hôpital de Lorient, en France, le 14 mars 2010, après deux mois d’hospitalisation en Afrique du Sud. Il a été blessé au cours d’une attaque contre le bus de son équipe par des rebelles cabindais du FLEC, le 8 janvier 2010

Le Cabinda est une enclave angolaise sur la côte atlantique, entre les deux Congo. Le Portugal étant la puissance colonisatrice de l’Angola et ayant établi un protectorat sur Cabinda, les deux territoires furent placés sous une seule et même administration en 1956. Mais le peuple cabindais ne s’est jamais soumis à la domination portugaise. Dans une perspective de libération de leurs populations, les Cabindais s’étaient organisés au sein du Mouvement de libération de l’enclave du Cabinda (MLEC) de Luiz Ranque Franques, du Comité d’action d’union nationale cabindais (CAUNC) et de l’Alliance du Mayombe (ALLIAMA). Pour mieux intensifier leurs actions, les trois mouvements fusionnèrent lors du Congrès de Pointe-Noire (Congo Brazzaville) des 2, 3 et 4 août 1963, pour donner naissance au Front de libération de l’Etat du Cabinda (F.L.E.C) dont Luiz Ranque Franques a été élu président.

Au moment de l’indépendance de l’Angola, en 1975, ce dernier annexa Cabinda manu militari. Un gouvernement en exil du FLEC est dirigé par Luiz Ranque Franque de N’Gonza. Celui-ci et le bureau politique du FLEC en exil revendiquent l’indépendance du Cabinda. La situation des habitants est précaire. La lutte armée pour l’indépendance provoque une situation politiquement tendue et répressive.
En décembre 1996, différentes factions cabindaises signent, aux Pays-Bas, un accord, décident de renommer le FLEC Front de Libération de l’État de Cabinda, et mettent en place un gouvernement cabindais en exil dirigé par le Comandante Antonio Luis Lopes né à Malembo, au Cabinda. Sur le terrain, néanmoins, une guérilla est encore active contre les forces armées angolaises. Depuis fin 2008, des pourparlers sont en cours, visant à renforcer le mémorandum de paix pour le Cabinda, semblent s’intensifier. Néanmoins, le 8 janvier 2010, un des bus de l’équipe nationale de football du Togo qui se rendait en Angola pour y débuter la Coupe d’Afrique des Nations, a été attaqué par le FLEC-Position militaire. L’attentat cause deux morts et huit blessés. (Wikipedia)

Nous publions, ci-dessous, le texte d’un communiqué diffusé par les Forces de libération de l’Etat de Cabinda (FLEC).

Angola


Communiqué de presse No 0049 SG FLEC/PM Août 10

Cabinda, le 3 août 2010

Le Conseil Central du FLEC/PM (Forces de libération de l’Etat de Cabinda/Position Militaire) vient par le présent communiqué condamner fermement l’attitude irresponsable et folklorique du gouvernement angolais du MPLA, sur la parodie de jugement des quatre militants des droits de l’homme du Cabinda qui ont été condamnés, mardi 3 août 2010, à des peines allant de trois à six ans de prison, non pas pour des liens supposés avec les auteurs de l’attaque meurtrière contre l’équipe de foot du Togo, en janvier, mais pour avoir participé à une supposée réunion du FLEC à Paris, en France.
Les quatre hommes arrêtés, inculpés et condamnés pour des raisons politiques par le tribunal angolais du Cabinda manipulé par le pouvoir de Luanda ne sont que de pauvres personnes innocentes qui n’ont aucun lien réel direct avec le FLEC et qui avaient été interpellées peu après la fusillade. Le gouvernement communiste sanguinaire du président, José Eduardo dos Santos, a utilisé en un premier temps pour des motivations politiques l’attaque contre le Togo « pour réprimer toutes les critiques pacifiques » dans le territoire pétrolier du Cabinda, et a conclu par la condamnation sévère de cette mascarade sentence que les activistes cabindais avaient eu à participer à une réunion pour planifier l’action du 8 janvier, ce qui est totalement faux.

Le Conseil Central du FLEC/PM prend la ferme résolution :

1 -Compte tenu qu’aucun lien supposé à l’attaque du FLEC n’a jamais été prouvé contre les quatre activistes civils des droits humains détenus arbitrairement et condamnés abusivement par la force occupante angolaise,

2 -Que par cet acte lâche et rébarbatif, le pouvoir central angolais aux abois, en prenant prétexte de cette attaque pour arrêter des militants gênants, vient de signer son point final de non retour ce qui détermine que le Cabinda n’est pas l’Angola et ne le sera jamais, et s’inscrire en faux contre l’article 5 aliéna 6 de sa nouvelle constitution, dont le FLEC va continuer à combattre jusqu’à l’éviction totale des 50000 soldats angolais qui occupent illégalement le territoire du Cabinda depuis 1975.

3 -Le FLEC réitère : il n’y a pas de trêve dans la lutte de libération nationale avec des barbares, contrairement aux annonces antérieures des autres factions frères, et que des instructions bien précises seront transmises aux différents commandants militaires sur le terrain sous peu pour continuer des actions de harcèlement et de guérilla de grande envergure contre les forces armées angolaises.
La guerre va continuer au Cabinda jusqu’à l’acceptation de négociations sincères par les autorités étatiques angolaises sous l’égide internationale du Quartet (ONU, USA, UE, UA) avec les principaux responsables cabindais, à savoir les membres de la société civile, de l’église catholique (tous saccagés et condamnés aujourd’hui par le MPLA) et le FLEC.

Pour le Conseil Central du FLEC/PM (Forces de libération de l’Etat de Cabinda/Position Militaire) : Rodrigues Mingas (secrétaire général du FLEC).

Rodrigues Mingas

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