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mercredi 28 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (4ème partie) : Du 1er avril 2004 au 31 août 2004
AFP, 19 mai 2004

Les libérateurs d’Haïti créent un parti politique


Guy Philippe, entouré des libérateurs d’Haïti, au milieu d’une foule en liesse, devant le Palais présidentiel, à Port-au-Prince, le 1er mars 2004

GONAIVES (Haïti) (AFP) - Les anciens insurgés haïtiens du Front de Résistance nationale, qui avaient joué un rôle déterminant dans le départ de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide le 29 février, se sont constitués, mardi 18 mai 2004, en parti politique, dans le but avoué de conquérir le pouvoir par les urnes. Le FRN présentera des candidats à tous les niveaux lors des élections générales.


Le triumvirat habituel de l’ancien front, Guy Philippe, 36 ans, Winter Etienne, 40 ans, et Buteur Métayer, 32 ans, ont annoncé que le nouveau parti prendrait le nom de Front de Reconstruction Nationale (FRN), les trois responsables devenant dans l’ordre secrétaire général, coordonnateur général et président du mouvement.

Guy Philippe

L’annonce en a été faite sur la place d’armes des Gonaïves, haut lieu de l’indépendance haïtienne et de la révolte anti-Aristide, devant un millier de personnes, dont beaucoup d’enfants des écoles qui avaient célébré le matin même à la cathédrale la fête du drapeau haïtien, fêté officiellement chaque 18 mai.

Butteur Métayer, aux Gonaives, le 19 février 2004

Une remise d’armes des ex-insurgés à la police nationale d’Haïti (PNH) était prévue à cette occasion mais a été annulée, les responsable du FRN affirmant que toutes les armes détenues par leurs ex-combattants civils avaient déjà été remises en mars lors de la visite du Premier ministre Gérard Latortue (une vingtaine) puis le 1er mai 2004 (une trentaine).

Le Premier ministre Gérard Latortue, chalheureusement accueilli par la population des Gonaives, sa ville natale, le 20 mars 2004

Les ex-militaires haïtiens qui ont toujours leurs armes "ne relèvent pas de nous et doivent s’entendre à ce propos avec les autorités", ont déclaré à l’AFP les responsables du Front.

Le sujet du désarmement reste sensible, et un contrôle assorti d’une fouille de véhicule (celle de Buteur Métayer) à un barrage de militaires français, lundi 17 mai 2004 au soir, dans le cadre d’un appui à la PNH dans sa lutte contre l’insécurité a provoqué la colère de deux des responsables du FRN.

Soldats français aux Gonaives, le 19 mars 2004

Buteur Métayer a estimé publiquement que les véhicules des chefs du Front sont connus et ne doivent pas être l’objet de fouilles des militaires français. "Les blancs français nous humilient, ils fouillent nos maisons et nos voitures", a-t-il déclaré, avant d’ajouter "à bas l’occupation française, à bas la France, que les blancs s’en aillent, à bas les blancs français". Le slogan "à bas la France" n’a cependant pas été repris par la foule.

Soldat français aux Gonaives, le 20 mars 2004

Une divergence de date est apparue dans le programme du FRN lorsque Guy Philippe a annoncé : "Nous ferons 2006, nous changerons le pays", allusion à l’entrée en fonction prévue le 7 février 2006 du nouveau président élu, alors que Winter Etienne a annoncé que le FRN "bloquerait le pays si les élections n’avaient pas lieu dans six mois".

Il s’est également livré à une vive attaque contre le directeur général de la police, Léon Charles, accusé d’avoir envoyé, en tant que commandant des garde-côtes, des bateaux contre les hommes du front aux Gonaïves sous le régime déchu. "Les chimères (ex-partisans armés d’Aristide) sont toujours dans la police", a-t-il lancé.

Léon Charles (debout au second plan, avec la chemise blanche)

Des maillots aux couleurs vert et jaune du FRN avec l’emblème du parti, une truelle et un muret de briques, avaient été distribués au cours des dernières 48 heures dans la ville, mais semble-t-il, en nombre restreint.

Une délégation d’étudiants proche de l’ancienne opposition (FEU, fédération des étudiants universitaires) a également assisté au lancement du nouveau parti.

Agence France Presse

Evacuation de Titus Simpson, abattu par la police anti-émeute, lors d’une manifestation pro-Aristide, à Port-au-Prince, le 18 mai 2004

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