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vendredi 24 mars 2017
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AFP, 19 mai 2004

Proche Orient : Crimes de guerre israéliens à Rafah, les Palestiniens appellent à l’aide


RAFAH (AFP) - Quatorze Palestiniens dont des enfants ont été tués, mercredi 19 mai 2004, par l’armée israélienne, qui a tiré sur une manifestation à Rafah, dans la bande de Gaza, suscitant une vague de protestations dans le monde.

Mais l’armée et le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz, tout en exprimant leurs "regrets" pour le carnage de Rafah, ont affirmé que l’opération d’envergure, lancée mardi 18 mai 2004 dans la ville et le camp de réfugiés du même nom, se poursuivrait.


Le dirigeant palestinien Yasser Arafat a parlé de "crimes de guerre" et appelé à l’envoi de forces internationales pour "protéger" le peuple palestinien. Les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude, le président George W. Bush appelant Palestiniens et Israéliens à la "retenue".

Dix Palestiniens, pour la plupart des adolescents, ont été tués et plus de 50 blessés quand l’armée a ouvert le feu sur quelque 500 Palestiniens manifestant dans le quartier Tal Al-Sultan dans le camp de Rafah contre l’opération israélienne. Six des tués sont âgés entre 11 et 18 ans, selon les médecins.

Des témoins ont affirmé qu’un hélicoptère avait tiré des missiles sur les manifestants. Mais l’armée a indiqué que les morts avaient été provoquées par des tirs à l’arme automatique et des obus de chars et a "exprimé (ses) regrets pour la mort d’innocents". Selon elle, les tirs visaient des hommes armés se trouvant parmi les manifestants.

Quatre autres Palestiniens ont été tués après avoir répondu, selon des témoins et des responsables palestiniens, à un appel de l’armée aux adultes de sortir des maisons et aux hommes armés de rendre leurs armes à Tal Al-Sultan. Parmi eux, un enfant de 13 ans qui accompagnait ses deux frères sortis les bras en l’air. L’armée a démenti des tirs sur des Palestiniens ayant quitté volontairement leurs maisons.

Les services palestiniens d’urgence pour leur part ont accusé l’armée d’empêcher les ambulances de parvenir à Rafah.

"Ce sont des crimes de guerre. Ils tirent des missiles contre les rassemblements populaires", a dit M. Arafat, appelant "le quartette (ONU, Russie, Etats-Unis, Union européenne), les pays arabes, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre les décisions nécessaires pour faire face à ces crimes atroces".

Mais la porte-parole de l’armée, le général de brigade israélien Ruth Yaron, a affirmé que malgré tout l’opération continuera. Pour M. Mofaz, celle-ci est "vitale et indispensable, et se poursuivra tant que cela sera nécessaire".

En revanche, le ministre de la Justice et chef du parti centriste laïc Shinouï, la deuxième formation du gouvernement, Yossef Lapid, a déclaré : "Ce qui s’est passé à Rafah est une tragédie humaine et politique qui résulte de la présence de nos forces dans la bande de Gaza et cela ne peut plus durer".

Mardi 18 mai, 20 Palestiniens ont été tués dans l’opération lancée par l’armée à Rafah. Celle-ci, baptisée "Arc-en-ciel et nuages", est la plus importante menée dans ce secteur depuis le début de l’Intifada en septembre 2000, et son but annoncé est de détruire les tunnels creusés sous la frontière et capturer les activistes qui s’en servent pour la contrebande d’armes. Mais dans les faits, l’armée a commencé à opérer dans cette région après une attaque palestinienne qui a tué cinq soldats le 12 mai 2004. Depuis cette date, 48 Palestiniens ont été tués à Rafah, où l’armée a aussi détruit des dizaines de maisons, jetant dans la rue plus d’un millier d’habitants.

Les nouveaux décès portent à 4064 le nombre de tués depuis le début de l’Intifada, dont 3075 Palestiniens et 918 Israéliens.

A Washington, M. Bush a jugé "essentiel que les gens respectent les vies innocentes pour que nous puissions parvenir à la paix" et indiqué s’attendre à des "éclaircissements" d’Israël sur la mort des manifestants.

Mais la réaction de Washington reste très en deçà de l’indignation suscitée dans la communauté internationale. L’Espagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne la Russie, l’Union européenne et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, ont fermement condamné l’opération à Rafah.

Le Conseil de sécurité de l’ONU discutait, mercredi 19 mai 2004, d’un projet de résolution condamnant les démolitions de maisons palestiniennes.

Le mouvement Fatah de M. Arafat a appelé à une grève générale de trois jours à Gaza en signe de deuil.

Par ailleurs, deux résistants palestiniens ont été tués lors d’échanges de tirs avec des soldats israéliens en Cisjordanie.

Agence France Presse

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