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vendredi 26 mai 2017
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AFP, 12 septembre 2010

Informations internationales : Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se prépare à revoir son fonctionnement

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Vue du Palais des Nations, à Genève, en Suisse

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui avait été éreinté par Washington, jouit désormais du soutien américain mais, au moment où il s’apprête à passer en revue son fonctionnement, certains dénoncent son inaction face aux violations des libertés.

Des réfugiés soudanais au camp tchadien de Djabal, le 15 mars 2009


Cinq ans après sa mise en place, le Conseil, né des cendres de la commission des droits de l’homme décriée pour son incapacité à faire respecter les valeurs fondamentales de l’ONU, entame, lundi 13 septembre, sa 15e session à l’issue de laquelle il devra procéder, en octobre 2010, à la première revue formelle de son fonctionnement. Les Etats-Unis ont refusé de faire partie du Conseil quand cette instance de 47 membres a été créée, en 2006, limitant alors leur participation à un rôle d’observateurs. Mais l’arrivée aux affaires de l’administration Obama a changé la donne, Washington rejoignant officiellement le Conseil en mai 2009. Les pays occidentaux sont en minorité au sein du Conseil, où ils peinent à faire entendre leur voix face à l’alliance des Etats africains, islamiques, asiatiques et latino-américains. Une des innovations majeures mises en place par le Conseil est la revue systématique et régulière de la situation des droits de l’homme dans chacun des pays membres de l’ONU. Cette innovation a pour but d’éviter l’accusation de sélectivité. Cet "examen périodique universel" (EPU) devrait pour la première fois passer en revue les Etats-Unis lors d’une session très attendue du Conseil le 5 novembre. Une centaine d’ONG américaines et des organisations de défense des libertés se mobilisent pour être présentes à Genève ce jour-là pour évoquer notamment la question de Guantanamo. "Nous sommes maintenant totalement investis" dans le Conseil, a lancé cette semaine la représentante américaine auprès de l’organisme onusien, Eileen Donahoe. Elle reconnaît essuyer beaucoup de critiques, notamment dans son propre pays : Certains estiment "que les Etats-Unis n’auraient pas dû rejoindre le Conseil et que nous devrions faire nos valises et rentrer chez nous". "Je suis personnellement totalement opposée à cette idée, ajoute-t-elle. Je crois profondément que si les Etats-Unis ne sont pas autour de la table, il y aura un manque de leadership qui sera comblé par d’autres avec qui nous sommes en désaccord", dit-elle. "Si les Etats-Unis veulent jouer un rôle prépondérant en matière de droits de l’homme, nous devons être présents".

Eileen Chamberlain Donahoe

"Une de nos grandes préoccupations, c’est qu’il [le Conseil des droits de l’homme de l’ONU] ne réagit pas de manière efficace à des situations de violations" des droits de l’homme, explique Juliette de Rivero, représentante à Genève de Human Rights Watch. "De moins en moins de situations sont examinées par le Conseil" déplore-t-elle, citant le bain de sang en Guinée en septembre 2009 ou l’offensive de l’armée sri-lankaise contre la rébellion des séparatistes tamouls en 2009. Peter Splinter, représentant d’Amnesty International à Genève, estime pour sa part "bienvenu le fait qu’un pays avec une longue histoire d’engagement en matière des droits de l’homme soit finalement de retour et s’investisse pour que le Conseil fonctionne". Il relève toutefois que "le plus problématique, c’est l’échec du Conseil à faire face à de nombreuses violations" et à "des situations chroniques ou des crises". "A l’exception de l’examen périodique universel, estime Peter Splinter, rien n’a vraiment changé pour le mieux". L’actuel président du Conseil, Sihasak Phuangketkeow (Thaïlande), relève pour sa part que le "Conseil entre dans sa cinquième année et a encore besoin de temps pour faire ses preuves", indiquant que des "réformes majeures ne sont pas envisagées" pour l’instant.

Agence France Presse

Sihasak Phuangketkeow

Commentaire

Le gouvernement des Etats-Unis a toujours ruiné lui-même sa crédibilité en matière de défense des droits de l’homme. D’un côté, le département d’Etat se donne des airs de référence en matière de droits de l’homme et fait la leçon à tel ou tel pays. Dans le même temps, la CIA entraîne des escadrons de la mort qui se livrent à des massacres, ou mène des campagnes d’assassinats contre les présumés terroristes, la décision de les exécuter étant prise en l’absence d’un quelconque jugement et sans qu’ils aient eu l’occasion de se défendre. Quant aux missiles tirés contre ces présumés terroristes, ils font bien souvent des victimes innocentes.

Frank BRUNNER

Un enfant palestinien à Jenine, en Cisjordanie, le 11 septembre 2010

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