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mercredi 26 juillet 2017
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Reuters, 6 juin 2004

Proche Orient : Le gouvernement israélien approuve le plan Sharon sur Gaza

par Matt SPETALNICK


JERUSALEM (Reuters) - Le gouvernement israélien a approuvé, dimanche 6 juin 2004, le plan de retrait de la bande de Gaza proposé par Ariel Sharon, dans une version "allégée" qui repousse de plusieurs mois l’évacuation des colonies juives.


Un compromis ayant été trouvé entre les positions du chef du gouvernement et de ses ministres frondeurs, l’exécutif a donné par 14 voix contre sept son accord de principe à la stratégie de "désengagement" d’Ariel Sharon, mais a imposé de nouvelles conditions à sa mise en oeuvre effective.

Le "Plan de désengagement révisé" en quatre étapes stipule par ailleurs qu’Israël a l’intention de conserver définitivement une partie de la Cisjordanie occupée.

Un préambule soulignant que l’approbation du projet ne constitue en rien un feu vert au démantèlement physique des colonies, a permis au Premier ministre de rallier les suffrages de trois ministres frondeurs issus du Likoud, sa propre formation, dont les militants avaient rejeté le projet le 2 mai 2004. Le texte indique qui plus est que chacune des quatre étapes de la mise en oeuvre du plan devra être précédée d’une nouvelle consultation des membres du gouvernement. Il s’agit d’un sérieux recul, de la part du Premier ministre, dont le projet initial prévoyait le retrait simultané et à court terme de l’ensemble des 21 colonies de la bande de Gaza et de quatre implantations de Cisjordanie sur 120.

"Les circonstances du moment", précisent les auteurs du document, détermineront "s’il y a lieu d’évacuer les colonies et, si tel est le cas, lesquelles et à quel rythme". En attendant, "les travaux préparatoires" de l’évacuation des colonies seront mis en oeuvre, ajoutent-ils, évoquant les compensations financières et les logements à bâtir pour les 7500 colons qui vivent dans la bande de Gaza.

Aucun démantellement avant mars 2005

De sources politiques ont précisé qu’Ariel Sharon avait promis qu’aucune colonie ne serait démantelée avant mars 2005.

"Sharon fait des concessions, mais ceux qui ont fondé leur carrière politique sur le refus de toute restitution de territoires en font aussi", a souligné le Premier ministre. Il s’est par la suite réjoui de l’issue du vote, estimant qu’il illustrait le fait qu’Israël prenait son avenir en main. "Le gouvernement a décidé aujourd’hui qu’à la fin de l’année 2005, Israël aura quitté Gaza et quatre colonies (de Cisjordanie)", a-t-il poursuivi, s’exprimant devant les membres d’une organisation de jeunes juifs américains à Jérusalem. "La plupart des Israéliens comprennent l’immense signification du plan (...). Il s’agit d’une bonne décision du point de vue politique, économique et démographique pour le peuple juif sur la terre d’Israël.

"Israël n’a pas l’intention d’attendre plus longtemps les Palestiniens. Ils comprennent que s’ils n’oeuvrent pas à l’éradication du terrorisme, ils vont continuer à perdre des biens importants (...)", a-t-il ajouté.

Sur le front intérieur, le Parti national religieux (PNR), formation ultra-nationaliste qui a menacé de quitter le gouvernement, privant Ariel Sharon de sa majorité parlementaire, avait annoncé son intention de se prononcer à l’issue du vote sur son maintien au sein de la coalition. Un retrait semble à présent moins imminent, mais le chef du gouvernement pourrait ne bénéficier que d’un bref sursis avant la prochaine crise, les divisions restants très marquées. "Aucune ruse de langage ne peut masquer l’une des décisions les plus sombres jamais prise par un gouvernement israélien qui signifie l’expulsion de résidents juifs et l’instauration par le Hamas d’un Etat terroriste", a déclaré à la presse Effi Eitam, chef de file de la formation.

Privé du soutien du PNR, Ariel Sharon ne pourrait plus compter que sur 55 députés sur les 120 que compte la Knesset, ce qui pourrait ouvrir la voie à la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale, réunissant le Likoud et le Parti travailliste dont le groupe parlementaire compte 19 députés. A moins que ne soient organisées des élections législatives anticipées.

L’opposition à son plan, que le président américain George Bush a qualifié de "pas courageux vers la paix", avait déjà contraint Ariel Sharon à différer d’une semaine le vote qui était prévu dimanche 30 mai 2004.

Reste qu’une majorité des Israéliens approuve son projet. Favorables à tout retrait, les Palestiniens craignent quant à eux que le plan ne dissimule la volonté de maintenir l’occupation de nombreux secteurs de Cisjordanie.

"Il a négocié avec son parti et son gouvernement, mais pas avec ceux dont l’avenir en dépend", a déploré le ministre palestinien Saëb Erekat.

Matt SPETALNICK

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