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AFP, 20 octobre 2010

La Guinée est en proie aux violences à l’approche de l’élection présidentielle


Des policiers, à Conakry, le 19 octobre 2010

La capitale guinéenne, Conakry, a été le théatre de violences, mardi 19 octobre, entre partisans de Cellou Dalein Diallo, un des candidats au second tour de la présidentielle prévu dimanche 24 octobre 2010, et les forces de l’ordre, qui ont tiré sur eux à balles réelles, faisant au moins deux morts et vingt-neuf blessés.

Guinée


"Deux corps ont été retrouvés", a déclaré Aliou Barry, président de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH), interrogé depuis Dakar. A Conakry, la police a affirmé ne pas être au courant de ces morts. Sous couvert de l’anonymat, un médecin a indiqué à l’AFP qu’au moins vingt-neuf personnes, toutes partisanes de Cellou Dalein Diallo, avaient été blessées par balles lors de ces affrontements, parmi lesquelles treize adolescents. "Tous ont reçu des soins dans des cliniques privées où à l’hôpital Donka", le principal de Conakry, a précisé le médecin. Le président de l’Observatoire national des droits de l’homme a par ailleurs accusé les forces de l’ordre d’être "entrées dans les quartiers pour y violer des femmes" qui n’étaient pas des sympathisantes de Cellou Dalein Diallo. "La ville est complètement militarisée, c’est de la provocation pure et simple", a-t-il affirmé, estimant qu’il était "totalement impensable" d’organiser le second tour de l’élection présidentielle dimanche dans ces conditions. La veille, des affrontements avaient déjà opposé les partisans de M. Diallo, armés de pierres, aux forces de l’orde policiers qui avaient riposté par des gaz lacrymogènes. Après ces premiers incidents, le premier ministre, Jean-Marie Doré, avait déclaré qu’il ne tolèrerait plus de violences et donné des "ordres précis et impératifs" aux forces de l’ordre et de sécurité pour qu’elles fassent preuve de la plus grande fermeté à l’égard des fauteurs de troubles.

Des policiers, à Conakry, le 19 octobre 2010

M. Diallo, qui a obtenu 43 % des voix, le 27 juin, face à son principal adversaire Alpha Condé (18 %), exige le départ du président de la Commission nationale électorale indépendante, Louncény Camara, qu’il accuse d’être un proche de son rival. Son parti a demandé au président de la transition, le général Sékouba Konaté, de désigner une personnalité "neutre et consensuelle" à la tête de la Commission avant dimanche 24 octobre, menaçant de paralyser le pays et d’empêcher le scrutin. Un appel entendu puisque le Malien Siaka Toumani Sangaré a été désigné, mardi 19 octobre 2010 au soir, par un décret du général Konaté.

Agence France Presse

Lounceny Camara

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