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dimanche 25 juin 2017
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La Presse Canadienne, 21 octobre 2010

Corruption : Le Parti libéral s’est littéralement emparé de l’État québécois

par Jocelyne RICHER


Vue de Québec

L’opposition péquiste accuse le gouvernement Charest d’avoir érigé un véritable système « bien huilé » de nominations partisanes. Cette accusation fait suite à la publication, dans La Presse, d’une compilation des dons au PLQ effectués par les membres des conseils d’administration des grandes sociétés d’État. En vertu de cette compilation, les trois quarts des personnes nommées au conseil d’administration de ces sociétés d’État, au cours des sept dernières années, ont versé des sommes au PLQ. Chez Hydro-Québec, c’est le cas de 18 des 21 membres, chez Loto-Québec, on en compte 10 sur 13 et à la SAQ, il y en a 12 sur 16.

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« Le Parti libéral s’est littéralement emparé de l’État québécois. La liste des membres et souscripteurs à la caisse électorale sert littéralement de bassin de recrutement pour les postes au gouvernement », s’est exclamé en Chambre le député de Chambly, Bertrand St-Arnaud, mercredi 20 octobre 2010, durant la période de questions. Le député s’appuyait sur le fait que la grande majorité des membres de conseils d’administration des grandes sociétés d’État, comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ), étaient également des contributeurs à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ). « Le système libéral est vraiment bien huilé », selon le député, en traçant un lien de cause à effet.

Bertrand St-Arnaud

Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a répliqué en le mettant en garde contre la tentation de se livrer à une « chasse aux sorcières ». Verser de l’argent à un parti politique constitue un « signe d’engagement » envers la société, a-t-il fait valoir. Il a de plus nié l’existence d’un système de favoritisme libéral, en soutenant, qu’au contraire, le gouvernement procédait à la nomination de personnes « de toutes allégeances » politiques. « Quand on regarde l’ensemble des nominations, les renouvellements de mandats qui sont donnés, il n’y a rien de systémique », avait-il dit précédemment en point de presse. Par la suite, le député St-Arnaud a fait s’exclamer de rire les libéraux, en affirmant qu’antérieurement, sous le gouvernement du Parti québécois, « la plupart des gens nommés étaient apolitiques ».

Jocelyne RICHER

Jean-Marc Fournier

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