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vendredi 24 mars 2017
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Rivarol, 6 novembre 2010

Histoire : L’Epuration en Charente

par Jacques LANGLOIS


Scène de l’épuration, en France, en 1944

Le 8 mai 2010, le quotidien régional La Charente libre a eu le mérite de consacrer un article à l’Épuration, sujet tabou dans la presse de province, notamment dans son organe le plus puissant, Ouest-France. Toutefois, l’article d’Ismaël Karroum comportait des erreurs ou des imprécisions. Le Pr Robert Faurisson a donc adressé au directeur de La Charente libre une lettre qui n’a pas été publiée à ce jour.

Une femme tondue en 1944


Quelques extraits feront comprendre pourquoi  : «  Au château de Pressac, près de Chabanais et Saint-Quentin, le “maquis Bernard” (communiste) a fusillé ou tué sous la torture, en deux mois, près de 80 personnes dont Françoise Armagnac-Pénicaut. Les maquisards ont contraint deux miliciens à fusiller Mme Besson, de Roussines, âgée de 22 ans, mère de deux enfants et enceinte de 7 mois. Son mari, chauffeur de car, venait d’être fusillé. L’un des deux miliciens, menuisier à La Péruse, un petit homme aux apparences parfois d’un simple d’esprit, m’a déclaré  : “Après l’exécution de la mère, l’enfant bougeait encore  ; c’est depuis ce temps que je suis un peu simple.” Ont été fusillés le même jour le général Nadal, de Chantrezac, et son fils âgé de 22 ans. Le gros arbre ayant servi de poteau d’exécution en cette circonstance et en d’autres n’a pu être vendu après la guerre, car percé de trop de balles, il ne pouvait être débité à la scie. Mme Soury-Lavergne, de Rochechouart, a été fusillée pour avoir protesté contre l’exécution de son mari.  »

Scène de l’épuration, en France, en 1944

Robert Faurisson note avec raison que les atrocités n’étaient pas l’apanage des résistants communistes (rappelons qu’en Bretagne l’abbé Perrot a été assassiné par un militant FTP, mais que son ami l’abbé Lechvien fut entraîné hors de son presbytère de Quimper-Guézennec et massacré par un maquis gaullo-socialiste. Leur crime était le même  : délit d’opinion autonomiste  : « En particulier à Cherves-Chatelard et à Jayat, situé dans la commune de Montemboeuf, le “maquis Chabanne” (gaulliste et socialiste) a fusillé ou tué sous la torture, en un peu plus d’un mois, environ cinquante personnes. Après torture, sept cultivateurs de la petite commune de Couture ont été fusillés  : un père avec son fils, un autre père avec son fils, un homme avec son frère, et enfin un septième homme  ; les cadavres ont été jetés dans un puisard et il a fallu aux familles vingt-huit années de démarches pour obtenir leur exhumation. Des soldats allemands, faits prisonniers, ont été fusillés et, pour certains, leurs cadavres gisent encore aujourd’hui aux “trous de renards”, près de l’ancien moulin de Jayat. Le Service d’entretien des sépultures allemandes, avisée du fait et se rendant sur les lieux, a renoncé aux exhumations, probablement à cause de pressions locales. Sept femmes ont été fusillées. L’une d’entre elles avait 77 ans. Elle a été exécutée en même temps que sa sœur âgée de 70 ans, et que l’époux de cette dernière, un infirme qui, avec ses deux béquilles, a dû gravir le raidillon menant au lieu d’exécution, situé près du petit “camp de concentration” (sic) placé sous la responsabilité de l’ancien saint-cyrien Jean-Pierre Rogez. Quant à Albert Heymès, curé de Saint-Front, il est mort, à Cherves, des suites des tortures qui lui ont été infligées. Portant l’écriteau “Femme de curé”, Joséphine Adam, sa servante, a été fusillée.  »

Scène de l’épuration, en France, en 1944

Robert Faurisson ajoute ces précisions sur le Mémorial de la Résistance charentaise situé à Chasseneuil-sur-Bonnieure  :
«  Sur 2029 corps enterrés, 1843 sont des corps de soldats de 1939-1940, la grande majorité étant des Nord-Africains, des Africains et des Indochinois. Seuls 186 corps sont ceux de Résistants. La crypte a été conçue pour abriter des corps de “fusillés, déportés, combattants tués face à l’ennemi”, mais elle contient aussi des morts d’accidents d’avion, de voiture ou de camion, et même des personnes mortes dans leur lit bien après la guerre, l’une d’elles en 1991.  » Il faudrait que dans chaque région de France des enquêteurs et des hommes de courage se fassent ainsi les gardiens de la mémoire contre les impostures qui nous sont infligées quotidiennement sous le nom de «  devoir de mémoire  ».

Jacques LANGLOIS

Un peloton d’exécution, en France, en 1944

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