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lundi 20 février 2017
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Rivarol, 14 novembre 2010

Informations internationales : Esclavage

par René BLANC


Des esclaves européens sont vendus au Maroc

En utilisant, dans un pays musulman, l’Algérie, une formule qui n’est pas de lui, et n’est pas pour lui, Dieudonné M’Bala-Bala a-t-il dépassé les limites qui lui étaient imparties ? En qualifiant le rappel obsessionnel de la Shoah de “pornographie mémorielle”, s’est-il disqualifié ? En tout cas, l’agression dont il a été victime, à Fort-de-France, le 2 mars 2005, de la part de “quatre détenteurs de passeport israélien” a été un avertissement : il doit revenir à son registre anti-Blancs, anticatholique et antifrançais. D’autant que le silence hermétique des media enchaînés sur cette dernière agression montre qu’ils ont, eux, bien compris qui étaient les donneurs d’ordres.

Dieudonné M’Bala-Bala


On ne nous enlèvera pas de l’idée, néanmoins, que M. M’Bala M’Bala n’est pas un électron libre et que ses apparents débordements relèvent d’une stratégie globale bien établie. Y compris dans ses excès les plus surprenants. Une partie de l’opinion publique semble lasse d’un antiracisme qui se dit stimulé par les formules de Jean-Marie Le Pen dans lesquelles, néanmoins, des millions de Français se retrouvent. On lui oppose donc un métis qui, pendant des années, s’est structuré dans une bave anti-européenne irréprochable. La manœuvre est habile. Ses propos, en effet, offrent les mêmes possibilités d’indignation que ceux du président du Front national. Mais, exprimés par une “victime”, ils donnent à la critique une sérénité impossible avec un Jean Marie Le Pen dont la seule présence prouve qu’il existe une alternative aux vérités assénées par la Pensée Unique. En dénonçant le rôle des juifs dans la Traite des Nègres, Dieudonné déplace le débat. Sans en écarter la responsabilité des Blancs, qui va de soi, mais en l’excluant de ce débat. L’important n’est ni l’Histoire ni la Vérité. C’est d’enfoncer dans l’inconscient collectif des Européens un sentiment de culpabilité et de mortification indispensable à leur dépossession. C’est là toute la mystification d’une idéologie métisse omniprésente, qui entend bien que cette culpabilisation devienne instinctive. En vertu d’une véritable catéchèse de l’antiracisme emplie de dogmes, d’a priori et de falsifications a-historiques.

Des esclaves sont chargés à bord d’un navire négrier

Depuis le 15e siècle, les Européens auraient donc subordonné la mise en valeur de leurs territoires coloniaux à l’esclavage des Africains. Ce fut, affirme-t-on, avec la Shoah, la page la plus honteuse de la barbarie blanche. Des centaines de millions de descendants de ces pauvres hères, dont le sanctuaire planétaire se trouve à Gorée, au Sénégal, ont ainsi, pour l’éternité, des comptes à exiger. Les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, l’Afrique du Sud et les Antilles ont été désignés pour représenter à la fois la souillure consubstantielle à l’Homme blanc et le devoir de mémoire que celui-ci doit aux victimes innocentes de ces crimes.
Dieudonné dit alors : “Oui, mais les juifs, victimes de la barbarie blanche en Allemagne, ont eux-mêmes, comme négriers, participé à l’holocauste noir”. Ainsi, il introduit la Shoah dans une thématique qui englobe toute la pensée contemporaine. Si on lui dispute la forme, la pornographie mémorielle, la démarche est habile. Techniquement, le racisme est un crime que la liberté d’expression façon loi Gayssot ne saurait tolérer. Mais, avec l’antisémitisme, on verse dans l’exorcisme, l’excommunication, l’interdit absolu. On parle de Morale. On abolit le débat. Aussitôt dégainé le mot Juif, la riposte jaillit. On fait donner la grosse artillerie intellectuelle. Pierre-André Taguieff, que les media, au fil des ans, ont constitué en oracle canonisé des vérités antiracistes, saute sur toutes les estrades. Et confond avec véhémence le blasphémateur en affirmant que les juifs, eux-mêmes pourchassés, n’ayant alors aucun droit, eussent été bien en peine de se mêler de cette affaire. Sauf que les bibliothèques européennes et américaines, en particulier celle de l’Institut Carnegie à Washington, regorgent de documents qui prouvent le contraire.

Coups de fouet sur le dos d’un esclave

Dans sa plus grande période, le commerce d’esclaves entre la côte Ouest de l’Afrique et la côte Est américaine fut le fait, exclusivement, de marchands juifs basés à Newport -que l’on appelait alors “Jewport”-, propriétaires des 22 distilleries de la ville, et à Charleston dont ils possédaient les 128 bateaux de traite. 50 % de ce trafic fut, entre 1726 et 1774, monopolisé par un juif portugais du nom de Aaron Lopez, les 50 % restants l’étant par des coreligionnaires. A Bordeaux où un sieur Mendès-France régnait sur la traite (...), à Nantes, à Lisbonne, et M. Taguieff, historien, ne saurait l’ignorer, il en allait de même.

Aaron Lopez

Comment continuer à occulter aussi qu’il y eut, proportionnellement, plus d’esclavagistes de couleur aux Etats-Unis qu’il n’y en eut de blancs ? Que certains des plus gros possesseurs d’esclaves de la Louisiane ou de la Georgie étaient des noirs ou des métis ? Qu’il fallut des lois spécifiques, au 18e siècle, pour interdire que des Noirs possèdent des esclaves blancs, ce qui alors était courant ? Que pendant plus d’un siècle esclaves blancs et esclaves noirs furent mélangés dans les plantations et que de ce mélange est née la population métisse américaine, faussement dite “noire” ? Comme il est historiquement établi que les premiers esclaves d’Amérique du Nord, des Antilles ou d’Australie, dits “indentured”, furent des Blancs déportés d’Europe (...). De son côté, la revue française L’histoire cite l’historien états-unien Robert Davis, auteur d’un ouvrage sur la traite des Blancs du 16e au 19e siècle, après enlèvement de Blancs (principalement italiens) par des pirates musulmans d’Afrique du Nord. Robert Davis évalue leur nombre de 1 million à 1250000 entre 1530 et 1780, et précise, lui aussi, qu’au 17e siècle, il y avait annuellement plus d’esclaves blancs razziés que d’Africains déportés aux Amériques. Mais cet autre aspect, fondamental, de la question esclavagiste, est systématiquement évacué : l’Europe “démocratique” veut ignorer qu’au cours de l’Histoire, des millions de ses ressortissants furent également réduits en esclavage et qu’elle fut la première à interdire des pratiques remontant à la nuit des temps. Ce qui n’est pas le cas des autres continents.

Un esclave blanc

A Haïti, sur 7 millions d’habitants, il y aurait entre 250000 et 300000 enfants esclaves -les restavecs- dont 80 % de filles. Ils ont droit à un repas par jour et aucun salaire. La famille Duvalier ayant pris l’habitude, en 1983, de “contracter” annuellement avec la république Dominicaine 20000 coupeurs de canne pour 2 millions de dollars, les usines d’Etat dominicaines, dont 80 % de la production part aux Etats-Unis, ont un besoin vital de cette main d’œuvre haïtienne. C’est l’armée qui se charge de son “recrutement” et du contrôle des camps. Pour quatorze heures de travail par jour, les journaliers sont logés, nourris et payés 2 dollars la tonne (1 à 1,5 tonne coupée par jour ).

Une restavec lave la vaisselle en Haïti

Le 12 février 2005, un reportage de la journaliste anglaise Hilary Anderson était diffusé par la BBC sur l’esclavage au Niger. “En arrivant, écrit-elle, je ne pouvais pas imaginer qu’au 21e siècle l’esclavage puisse exister sur une telle échelle. En partant, il me parut impossible qu’il disparaisse en une seule génération.” En Mauritanie, il y aurait entre 90000 et 300000 esclaves. Au Soudan, les marchés aux esclaves ont réapparu. Un fusil automatique s’échange contre cinq à six enfants. Une mère et son enfant se vendent 90 dollars. Au Darfour, depuis 1983, des milliers de femmes et d’enfants ont été réduits en esclavage par les milices musulmanes soudanaises après que les hommes eurent été abattus. Selon l’ONU, 200000 enfants du Bénin font chaque année l’objet de trafic avec la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigéria et même l’Afrique du Sud. Les filles servent de domestiques. Les garçons travaillent dans les plantations de café et de cacao. Au Ghana, 4000 filles, les tokosi ou “esclaves des dieux”, sont “utilisées” par les sorciers. En Asie, le servage lié à l’endettement ou à l’industrie du sexe concerne plus de dix millions d’individus. En Inde, entre 200000 et 300000 enfants kidnappés travaillent quatorze heures par jour à tisser des tapis pour un morceau de pain et d’oignon. Souvent, ils servent de garantie pour une dette familiale qui peut se transmettre sur plusieurs générations. Ils sont 500000 au Pakistan et 200000 au Népal dans la même situation. L’ONG anglaise Anti-Slavery International estime à 27 millions le nombre d’esclaves dans le monde. Ce qui est sans importance pour Mmes Taubira et Beyala, ou pour Mr M’Bala-M’Bala et ses amis. Seule compte la vision mythifiée d’un esclavagisme européen qui leur sert de fonds de commerce idéologique et permet d’entretenir ce dolorisme indispensable à l’expansion de l’imposture multiraciale.

René BLANC (article publié le 26 mars 2005)

Des enfants exploités

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