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AFP, 26 novembre 2010

Corruption : Le gouvernement afghan est accusé de vouloir manipuler le résultat des élections


Manifestation contre le résultat des élections, à Kaboul, le 24 novembre 2010

Le gouvernement afghan a été accusé, vendredi 26 novembre, par l’opposition et un haut responsable électoral, de chercher à modifier à son avantage les résultats des élections législatives du 18 septembre 2010, marqués par un recul du camp présidentiel, selon les analystes.

Afghanistan


De nombreux candidats ont manifesté à travers le pays, ces dernières semaines, pour dénoncer les résultats, endossés par l’ONU et l’ambassade américaine. Selon le parquet, neuf personnes ont jusqu’ici été arrêtées dans le cadre de l’enquête pour fraudes, dont trois entrepreneurs liés, selon lui, aux observateurs électoraux déployés par l’ONU le jour du scrutin. Et un mandat d’arrêt a été délivré à l’encontre d’un responsable électoral afghano-allemand de la mission de l’ONU à Kaboul. Ce scrutin législatif était le deuxième depuis qu’une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis a chassé les talibans et installé M. Karzaï au pouvoir, à la fin 2001. Ce dernier, soutenu par plus de 150000 soldats internationaux face à la violente rébellion des talibans, a été réélu, en 2009, à l’issue d’une élection également entachée de fraudes massives et endossée par la communauté internationale. Un quart des suffrages exprimés ont été invalidés par la Commission électorale indépendante et la Commission électorale des plainte, et vingt-quatre candidats déclarés vainqueurs par les résultats préliminaires ont été disqualifiés. "Nous avons disqualifié tous les candidats impliqués dans des fraudes, dont certains hommes forts", et "des lobbys ne sont pas contents", a estimé le porte-parole de la Commission électorale des plainte, Ahmad Zia Rafat, qui fait partie des quatre hauts responsables électoraux convoqués par le parquet. Vendredi 26 novembre 2010 au matin, il a dénoncé les pressions exercées par la justice et des proches du gouvernement pour empêcher la disqualification de candidats accusés de fraudes.

Hamid Karzaï

Le principal opposant au président Hamid Karzaï, l’ex-ministre Abdullah Abdullah, qui avait été le dauphin de M. Karzaï lors de l’élection présidentielle de 2009, a notamment dénoncé une instrumentalisation de la justice par le camp présidentiel après que, la veille, le procureur général afghan, Mohammad Ishaq Alko, a annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle sur les fraudes lors du scrutin, et convoqué quatre responsables de la Commission électorale indépendante (CEI) et de la Commission électorale des plainte (ECC), qui ont validé les résultats. "Si ces accusations, pour la plupart desquelles nous avons des preuves, sont avérées, la légitimité de ces élections va être sérieusement entamée", avait déclaré, jeudi 25 novembre 2010, l’adjoint de M. Alko, disant disposer de preuves solides contre plusieurs responsables incriminés. M. Alko, considéré comme proche de M. Karzaï, avait également critiqué la Commission électorale indépendante pour avoir proclamé, mercredi 24 novembre, les résultats définitifs de manière "prématurée". "Le gouvernement voulait faire annuler l’élection. Mais il a échoué, et il utilise maintenant le parquet pour faire pression sur les commissions électorales" et changer les résultats, a rétorqué, vendredi 26 novembre, Abdullah Abdullah. "Le procureur général a prouvé, depuis un mois, qu’il n’est pas indépendant et qu’il roule pour le palais présidentiel." Quant au président Karzaï, qui a appelé jeudi les candidats battus mécontents du résultat à porter plainte, "il fait juste semblant de défendre les droits de ces candidats", estime M. Abdullah. Ce dernier estime que ses partisans ont remporté plus de 90 sièges, soit plus d’un tiers des 249 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale (Wolesi Jirga). Les candidats pachtounes, alliés traditionnels du président Karzaï, en auraient remporté 88. Le président Karzaï est lui-même issu de cette communauté, la plus importante du pays.

Agence France Presse

Manifestation contre le résultat des élections, à Kaboul, le 24 novembre 2010

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