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Le Figaro, AFP, 2 décembre 2010

Côte d’Ivoire : Contestation officielle de la victoire d’Alassane Ouattara

par Thomas VAMPOUILLE


Des policiers dispersent des manifestants, à Gagnoa, le 29 novembre 2010

Fin du suspense en Côte d’Ivoire. L’opposant Alassane Ouattara a remporté le second tour de l’élection présidentielle de dimanche 28 novembre avec 54,1 % des voix, a annoncé, jeudi 2 décembre 2010 au soir, la Commission électorale indépendante (CEI). Le Conseil constitutionnel ivoirien doit encore valider ce résultat.

Côte d’Ivoire


Le président sortant, Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis dix ans, récolte environ 45,9 % des voix. Tous les regards se tournent désormais vers lui et vers ses partisans : accepteront-ils le verdict des urnes ? Après une campagne électorale agressive, le camp Gbagbo dénonce, depuis dimanche 28 novembre, des votes « frauduleux » dans le nord du pays -fief d’Alassane Ouattara-, qu’il entend faire annuler par le Conseil constitutionnel. Lundi 29 novembre 2010, des responsables pro-Gbagbo avaient même empêché la publication des résultats par la Commission électorale. Dans un climat de méfiance mutuelle entre les deux camps, la tension n’a cessé de croître dans le pays depuis le scrutin. Jusqu’à prendre un tour dramatique dans la nuit de mercredi 1er décembre à jeudi 2 décembre, quand des hommes armés ont attaqué, à Abidjan, une permanence d’Alassane Ouattara. Au moins huit personnes sont mortes et une quinzaine de personnes ont été blessées.

Damana Adia Pickass (à droite de l’image), partisan de Laurent Gbagbo et membre de la Commission électorale indépendante, arrache des mains du porte parole de cette commission, Bamba Yacouba (assis à gauche) les papiers dans lesquels figurent les résultats de l’élection, pour l’empêcher de les lire, à Abidjan, le 30 novembre 2010

Inquiète, la communauté internationale exhorte les deux candidats à respecter le résultat. Celui-ci doit clore une décennie de crise politique marquée par le report, six fois, du scrutin présidentiel. Mercredi 1er décembre au soir, la haute commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay, les a appelés à éviter « tout autre action qui pourrait priver la population ivoirienne de ses droits démocratiques ». Jeudi 2 décembre, le ministère français des Affaires étrangères a demandé aux acteurs ivoiriens de « tout faire pour permettre un climat politique apaisé et serein ». Les quinze pays du Conseil de sécurité de l’ONU ont par ailleurs entamé, jeudi 2 décembre 2010, des consultations urgentes sur la situation en Côte d’Ivoire.

Thomas VAMPOUILLE

Une flaque de sang est photographiée devant un bureau du RDR attaqué au cours de la nuit, à Abidjan, le 2 décembre 2010

Les résultats provisoires annoncés aujourd’hui par la commission électorale ivoirienne et donnant Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre ne sont pas valables, a affirmé le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’dré, sur la télévision publique. "La Commission électorale indépendante (CEI) a épuisé son délai pour donner des résultats provisoires", a-t-il déclaré. "Dès cet instant, la Commission électorale indépendante n’est plus à même de décider quoi que ce soit", a-t-il affirmé. Le Conseil constitutionnel doit désormais statuer sur les requêtes pour "donner les résultats définitifs du second tour" dans "les heures qui suivent", a-t-il insisté. Le camp du président sortant, Laurent Gbagbo, a saisi le Conseil pour faire annuler des votes "frauduleux" dans le nord sous contrôle ex-rebelle depuis 2002.

Agence France Presse

Une flaque de sang est photographiée devant un bureau du RDR attaqué au cours de la nuit, à Abidjan, le 2 décembre 2010

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