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AFP, 3 décembre 2010

Côte d’Ivoire : Ban Ki-moon reconnaît la victoire d’Alassane Ouattara


Les cadavres d’hommes assassinés par des partisans de Laurent Gbagbo au bureau du RDR, à Abidjan, le 2 décembre 2010

Le chef des Nations Unies Ban Ki-Moon a reconnu, vendredi 3 décembre 2010, la victoire d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, au moment où le pays était en crise après que le Conseil constitutionnel eut proclamé la victoire du sortant Laurent Gbagbo.

Côte d’Ivoire


La Côte d’Ivoire était, vendredi 3 décembre, en pleine tourmente, le Conseil constitutionnel ayant proclamé la victoire du sortant Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, pourtant remportée par Alassane Ouattara selon la commission électorale. "Le secrétaire général félicite M. Alassane Ouattara (...) pour son élection et demande au président élu de travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d’Ivoire", a déclaré le porte-parole de M. Ban. "Le secrétaire général demande au président, Laurent Gbagbo, de faire ce qu’il doit faire pour le bien de son pays et de coopérer pour une transition politique sans heurts dans le pays", a ajouté le porte-parole. M. Ban Ki-moon "souhaite souligner que la volonté du peuple ivoirien doit être respectée et demande à tous les Ivoiriens d’accepter le résultat certifié et de travailler ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation", a poursuivi le porte-parole.

Des partisans d’Alassane Ouattara, à Bouaké, le 2 décembre 2010

Guillaume Soro et l’ex-rébellion "rejettent" la réélection de Laurent Gbagbo

Le chef de l’ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), le Premier ministre Guillaume Soro, et "l’ensemble" des FN "rejettent" la victoire du sortant Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle, proclamée, vendredi 3 décembre 2010, par le Conseil constitutionnel, a annoncé une porte-parole. Guillaume Soro est devenu le Premier ministre de Laurent Gbagbo après avoir conclu, en 2007, avec son ancien ennemi, l’accord de paix de Ouagadougou. Le Conseil constitutionnel a proclamé la victoire du chef de l’Etat en invalidant des votes dans sept départements du nord, sous contrôle des FN depuis le putsch raté de 2002. Le secrétaire général Guillaume Soro et "l’ensemble" des Forces nouvelles "rejettent avec la plus grande fermeté cette décision de convenance, frappée du sceau de la partialité", indique la porte-parole, Affoussy Bamba, dans un communiqué. Les FN "adhèrent" aux résultats provisoires proclamés, jeudi 2 décembre 2010, par la Commission électorale indépendante (CEI) qui donnent Alassane Ouattara vainqueur et la déclaration du représentant de l’ONU dans le pays qui le "confirme". Elles "ne veulent pas que cette légitimité et cette légalité soient remises en cause", conclut le texte.

Des partisans d’Alassane Ouattara, à Abidjan, le 3 décembre 2010

"Je suis le président élu de la République de Côte d’Ivoire"

Alassane Ouattara s’est présenté, vendredi 3 décembre, comme "le président élu de la République de Côte d’Ivoire", en se prévalant des résultats donnés par la commission électorale, invalidés par le Conseil constitutionnel qui a proclamé vainqueur le sortant Laurent Gbagbo. "L’ONU vient de certifier les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI)" qui le créditaient de plus de 54 % des suffrages, a-t-il lancé lors d’une déclaration à Abidjan. "Je suis le président élu de la République de Côte d’Ivoire. Je demande à toutes les institutions, notamment les forces armées nationales, la gendarmerie, la police, d’assumer leur mission de protection des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire", a poursuivi l’ex-Premier ministre. Demandant la levée de "la mesure d’interdiction des médias étrangers qui émettent par le satellite", en vigueur depuis jeudi 2 décembre 2010 au soir, il a appelé les Ivoiriens à "demeurer sereins" et son "frère Laurent Gbagbo" à respecter leur choix. Le Conseil constitutionnel, qui a proclamé la victoire du président Gbagbo en invalidant des votes dans le nord ex-rebelle où M. Ouattara arrivait en tête, "a fait de la forfaiture. Le monde entier le sait et j’en suis désolé pour l’image de mon pays", a-t-il accusé.

Agence France Presse

Des partisans de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 3 décembre 2010

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