Libéré sous caution par la justice britannique, mardi 14 décembre 2010, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, continue de défier les Etats-Unis en s’engageant à poursuivre la publication des télégrammes confidentiels qui plongent dans l’embarras la diplomatie américaine.
Le site internet WikiLeaks, spécialisé dans la divulgation d’informations confidentielles, a commencé, fin novembre 2010, à transmettre à la presse des télégrammes diplomatiques américains. Il a annoncé qu’il diffuserait les 250000 documents en sa possession. Julian Assange s’était rendu de son plein gré à la police britannique. Une première demande de libération avait été rejetée la semaine dernière. Mark Stephens, un avocat de Julian Assange, a déploré les conditions d’incarcération qu’a connues son client, enfermé 23h30 par jour. "Il est à l’isolement. Il n’a pas accès aux journaux, à la télévision ou à d’autres médias. Il ne reçoit aucun courrier, il fait l’objet de la plus mesquine des formes de censure", a-t-il dit. Le juge Howard Riddle, qui a pris la décision de libérer Julian Assange, a exigé qu’il réside dans le Suffolk, un comté de l’est de l’Angleterre. Ses avocats ont obtenu la remise en liberté sous caution de cet Australien âgé de 39 ans, qui était incarcéré depuis la semaine dernière, à Londres, en raison d’accusations d’agressions sexuelles portées à son encontre, en Suède, par deux femmes bénévoles de WikiLeaks. Le fondateur de WikiLeaks rejette les accusations formulées par les deux Suédoises et refuse d’être extradé en Suède. Il sera astreint à porter un bracelet électronique, verser une caution de 200000 livres sterling (317400 dollars) à la cour, se présenter quotidiennement au commissariat de police et s’abstenir de sortir à la nuit tombée jusqu’à la prochaine audience, fixée au 11 janvier 2011. Compte tenu de la difficulté de recueillir en quelques heures la somme réclamée, a indiqué son avocat britannique, Geoffrey Robertson, son client devrait passer la nuit de mardi 14 décembre à mercredi 15 décembre en prison.
Julian Assange a transmis à sa mère, lors d’une visite à sa prison londonienne, un communiqué diffusé, mardi 14 décembre 2010, par la chaîne de télévision australienne Network Seven. "Mes convictions n’ont pas changé. Je reste fidèle à mes idéaux. Ils ne vacilleront pas malgré ces circonstances", écrit-il. "Nous savons maintenant que Visa, Mastercard, Paypal et d’autres sont des instruments de la politique étrangère américaine. J’appelle le monde entier à protéger mon travail et mes proches de ces attaques illégales et immorales", ajoute-t-il. Les trois entreprises visées par Julian Assange ont cessé de transférer les dons à WikiLeaks. Des cybermilitants se sont vengés en bloquant leurs sites internet. WikiLeaks a dit ne pas être à l’origine et n’avoir pas été prévenu de ces attaques informatiques, tout en estimant qu’elles reflétaient "l’opinion publique sur l’action des cibles". Mark Stephens, a laissé entendre que son client était opposé à ces attaques. "Quand j’ai parlé à Julian des attaques informatiques (...) il a dit : "Ecoute, j’ai été la cible d’attaques informatiques. Je crois en la liberté d’expression, je n’aime pas la censure et c’est ce que sont bien sûr ces attaques", a dit l’avocat sur Sky News.
Peter GRIFFITHS, Michael PERRY, Bertrand BOUCEY, Clément GUILLOU, Jean-Loup FIEVET et Gilles TREQUESSER
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