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vendredi 24 mars 2017
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La bataille de l’Atlantique (1ère partie)

L’offensive allemande et l’aventure du Bismarck


Un convoi traverse l’océan Atlantique

La bataille de l’Atlantique a duré pendant toute la seconde guerre mondiale. Les alliés ont été à deux doigts de la perdre.


Pour les Allemands, il s’agissait de couper les routes commerciales de la Grande-Bretagne, qui dépendait des importations pour nourrir sa population, faire tourner ses usines et équiper ses armées de matériel américain. Une fois sa population affamée et ses usines arrêtées, la Grande-Bretagne serait bien contrainte de capituler.

Un convoi traverse l’océan Atlantique

Un navire torpillé

Pour les Britanniques -d’abord seuls, puis alliés des Américains- il s’agissait de construire des cargos plus vite que les sous-marins allemands ne parvenaient à les couler ; et de couler les sous-marins allemands plus vite qu’on parvenait à en construire.

Un U-Boot en mission

Un U-Boat subit une attaque aérienne

Un U-Boot subit une attaque aérienne

A la fin du mois d’août 1939, juste avant l’invasion de la Pologne, les Allemands possédaient 56 sous-marins, dont 10 incomplètement opérationnels. 30 de ces sous-marins ne pouvaient se hasarder dans l’océan Atlantique et devaient limiter leurs missions à la mer du Nord.

Indépendamment des sous-marins, les Allemands disposaient d’avions à long rayon d’action, capables de mouiller des mines ou de bombarder les navires britanniques.

Enfin, les Allemands disposaient de croiseurs, de cuirassés, et de navires marchands camouflés et armés, pour attaquer les voies de navigation de l’empire britannique. Aussitôt que l’un de ces navires était signalé, les Britanniques lançaient à sa poursuite tous les bâtiments de guerre susceptibles de l’intercepter.

Le cuirassé de poche allemand Graf Spee

Le croiseur allemand Admiral Scheer

Sur les principales routes de navigation vers la Grande-Bretagne, les cargos et les pétroliers étaient organisés en convois et ces convois étaient escortés, dans la mesure du possible. Mais, au début de la guerre, les bâtiments d’escorte étaient en nombre très insuffisant. Or, la plupart des cargos et des navires d’escorte naviguaient moins vite qu’un sous-marin en surface. Et la vitesse du convoi était celle du cargo le plus lent. Ces cargos naviguaient en formation plus ou moins rectangulaire, par files parallèles, et les bâtiments d’escorte zigzaguaient sur les faces du rectangle. Un grand convoi couvrait une énorme surface et les sous-marins allemands parvenaient aisément à se faufiler entre les navires d’escorte.

Dans l’Atlantique Nord, bien avant l’entrée en guerre des Etats-Unis, des navires de guerre américains escortaient les convois dans une « zone de sécurité » allant de la côte américaine jusqu’au 60ème méridien Ouest.

Après la chute de la France, durant l’été 1940, les Allemands ont installé des bases sur la côte atlantique française. Tous les navires passant au Sud de l’Irlande étaient désormais à portée d’attaque. Les sous-marins basés sur la côte française ayant un trajet plus court à accomplir que ceux basés en Allemagne, ils pouvaient demeurer plus longtemps dans la zone des opérations.

Au début du printemps 1941, les sous-marins allemands ont mis en pratique la tactique de la meute préconisée par l’amiral Dönitz. Quand un l’existence d’un convoi était établie, un sous-marin partait repérer et suivre le convoi, en informant les autres par radio. Une fois rassemblés dans le secteur, les sous-marins allemands lançaient des attaques nocturnes, en surface, durant plusieurs nuits consécutives. Pendant la journée, les sous-marins se retiraient loin du convoi et de son escorte.

Ces attaques en surface empêchaient les Britanniques de repérer les sous-marins au moyen de l’asdic, et la nuit rendait les navires d’escorte quasiment aveugles.

Karl Doenitz

Cherchant à mettre au point une parade à ces attaques en meutes, les Britanniques ont commencé par tirer, pendant la nuit, des fusées et des obus éclairants, afin de contraindre les sous-marins allemands à plonger, ce qui leur faisait perdre beaucoup de vitesse et permettait à l’asdic de les repérer. Ensuite, on a monté des projecteurs très puissants sur des avions spécialisés dans la lutte anti-sous-marine. Enfin, les navires ont été équipés du radar, qui permettait de détecter les sous-marins en surface comme l’asdic les détectait en immersion.

Au cours de ce même printemps 1941, dans le cadre de la loi du prêt-bail, les Britanniques ont reçu, des Américains, des hydravions Catalina à long rayon d’action. Affectés à la lutte anti-sous-marine, ils patrouillaient jusqu’à 1100 kilomètres des îles Britanniques, 1000 kilomètres au large du Canada et 650 kilomètres au Sud de l’Islande. Les sous-marins allemands n’étaient plus du tout en sécurité dans ces zones. Par contre, au centre de l’Atlantique, il restait un secteur d’environ 500 kilomètres de diamètre que les Catalina ne parvenaient pas à couvrir.

En avril 1941, la « zone de sécurité » américaine a été étendue au 26ème méridien Ouest.

Le cuirassé allemand Bismarck

L’aventure du Bismarck

Au cours de la seconde moitié du mois de mai 1941, la Royal Navy a pris en chasse, intercepté et coulé le cuirassé allemand Bismarck.

Le Bismarck et le Prinz Eugen avaient appareillé de Kiel, le 19 mai 1941, dans le but d’attaquer les convois de l’Atlantique. Le 21 mai, un Catalina du Coastal Command a repéré les deux cuirassés allemands dans un fjord norvégien, près de Bergen.

Le Bismarck en Norvège vu depuis le Prinz Eugen

Dès le 22 mai, la Home Fleet britannique a pris la mer, dans le but d’intercepter les cuirassés allemands, mais ceux-ci ont réussi à contourner la Grande-Bretagne, sont passés au Nord de l’Islande, puis du Groenland, avant d’emprunter le détroit de Danemark -qui borde la côte Ouest du Groenland-, pour descendre vers le centre de l’océan Atlantique.

Le 23 mai 1941 au soir, les deux cuirassés allemands ont été aperçus par le croiseur HMS Suffolk, qui leur a demandé de se faire connaître. En guise de réponse, il s’est fait encadrer par une salve d’obus. Les deux cuirassés allemands ont disparu sous couvert de la nuit.

Le croiseur britannique HMS Suffolk

Le 24 mai 1941, à 04h55, les HMS Hood, King George 5 et Prince of Wales ont été aperçus depuis le Bismarck. Dix minutes plus tard, le combat naval s’engageait.

Le cuirassé britannique HMS Hood

Le cuirassé britannique HMS King George 5

Le cuirassé britannique HMS Prince of Wales

Le Bismarck vu depuis le Prinz Eugen

Le HMS Hood a reçu une première salve dans la tour de commandement. Une seconde salve s’est abattue sur ses tourelles arrières. A 05h02, le HMS Hood a explosé. Cinq minutes plus tard, il avait coulé.

Le Bismarck tire une salve contre le Hood et le Prince of Wales, le 24 mai 1941

Le Bismarck tire une salve contre le Hood et le Prince of Wales, le 24 mai 1941

Le cuirassé britannique Hood explose, le 24 mai 1941

Le Bismarck s’en va après avoir coulé le Hood, le 24 mai 1941

Durement touché, le HMS Prince of Wales a dû fuir pour rejoindre la Home Fleet qui arrivait à la rescousse. Le Bismarck perdait du mazout et les Catalina du Coastal Command pouvaient le suivre à la trace.

A la nuit, le Bismarck et le Prinz Eugen ont décidé de se séparer pour tenter de regagner l’Allemagne. Ils espéraient que la Luftwaffe parviendrait à assurer leur protection aux approches de la côte française.

Le 25 mai 1941, le port-avion HMS Victorious s’est rapproché du Bismarck pour lancer une attaque aérienne. A minuit, il a lancé des Fulmar et des Swordfish.

Le porte-avions britannique HMS Victorious

Le 26 mai 1941, à 00h53, l’un des Fulmar du Victorious repère le Bismarck. Les avions britanniques attaquent. La DCA du cuirassé abat 2 Fulmar et 2 Swordfish, mais une torpille atteint le Bismarck à babord. Il disparaît dans la brume.

A 10h00, un Catalina localise à nouveau le Bismarck. Le porte-avion HMS Ark Royal se rapproche. A 20h55, il lance 15 Swordfish. L’une des torpilles lâchées par ces avions coince les gouvernails du Bismarck.

Des Fairey Swordfish survolent le porte-avions britannique HMS Ark Royal

Le 27 mai 1941, à 01h00, 3 contre-torpilleurs britanniques, conduits par le HMS Cossack, attaquent le Bismarck à la torpille. Trois d’entre elles touchent le cuirassé.

Le destroyer britannique HMS Cossack

Le Bismarck essaie encore de fuir. A 08h45, une escadre britannique surgit de la brume et ouvre le feu sur le Bismarck. Le tir dure une heure.

Le cuirassé britannique HMS Rodney

Le Bismarck n’est plus qu’un brasier. Le HMS Dorsetshire tire une ultime torpille et, à 10h00, le Bismarck sombre dans l’océan Atlantique.

Les Allemands ont alors renoncé à lancer de grands raids avec leurs navires de surface. Ceux-ci demeurèrent abrités dans des bases navales et furent régulièrement attaqués par l’aviation britannique.

Des rescapés du Bismarck sont recueillis par le croiseur britannique HMS Dorsetshire

PS : le récit de l’aventure du Bismarck est dû à Jean-Michel Charlier.

Suite dans La bataille de l’Atlantique (2ème partie)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source