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AFP, 30 décembre 2010

Côte d’Ivoire : Une patrouille de l’ONU a essuyé des tirs à Abidjan

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Scène de rue à Abidjan, le 29 décembre 2010

Une patrouille de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a essuyé des tirs, mercredi 29 décembre 2010, à Abidjan, et a dû effectuer des tirs de sommation devant une foule hostile, a indiqué, jeudi 30 décembre, la mission.

Côte d’Ivoire


"C’était une patrouille de routine qui allait à Abobo (quartier du nord d’Abidjan), qui a été bloquée par des barricades. La patrouille a levé les barricades, a continué son chemin", mais "a été encerclée par une foule qui devenait de plus en plus nombreuse", a expliqué lors d’une conférence de presse le porte-parole de l’Onuci, Hamadoun Touré. Les Casques bleus "ont essuyé des tirs depuis un immeuble, et c’est alors qu’ils ont tiré en l’air, parce que la foule les empêchait d’avancer", a-t-il poursuivi. "Nous n’avons pas tiré sur la foule", a-t-il affirmé, ajoutant que les Casques bleus "ont réussi à revenir à la base sains et saufs". Selon le chef de la division des droits de l’Homme de l’Onuci, Simon Munzu, la mission a ouvert une enquête sur cet incident. "Nous n’avons pas de bilan, les enquêtes sont toujours en cours", a-t-il dit à l’AFP.

Une patrouille de l’ONU à Abidjan, le 29 décembre 2010

La télévision d’Etat RTI, contrôlée par le régime de Laurent Gbagbo, ainsi que des journaux pro-Gbagbo ont affirmé que la patrouille avait tiré sur la foule et blessé des civils. Dans un communiqué, l’Onuci a dénoncé des "informations mensongères véhiculées le 29 décembre 2010 par la Radio Télévision Ivoirienne (RTI)" dans sa relation des évènements survenus à Abobo. La mission onusienne "exprime son indignation devant les manoeuvres de la RTI destinées à inciter une partie de la population à la haine pour l’empêcher de se concentrer sur son travail au service du peuple ivoirien". "L’Onuci rappelle qu’elle n’est en guerre contre personne" et "elle appelle toutes les parties au calme, à la sagesse et à la sérénité pour une sortie de crise définitive."

Des soldats de Laurent Gbagbo surveillent une manifestation, à Abidjan, le 29 décembre 2010

Laurent Gbagbo a exigé le départ de l’Onuci et de la force française Licorne qui la soutient, les accusant d’appuyer son rival, Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale. Mardi 28 décembre, un Casque bleu a été blessé à la machette et un véhicule incendié, lors de l’attaque d’un convoi de l’Onuci par une foule, dans le quartier abidjanais de Yopougon. L’ONU a dénoncé des "appels à la haine" de la RTI contre sa mission.

Agence France Presse

La carcasse d’un véhicule de l’ONU incendié, à Abidjan, le 30 décembre 2010

Commentaire

Il est évident que l’attitude passive de l’ONU à l’égard de Laurent Gbagbo et les protestations geignardes auxquelles se limite la réaction de l’ONU face aux provocations criminelles qu’il orchestre ne peuvent que le conforter dans un sentiment de totale impunité et l’encourager à multiplier les agressions. Cette passivité est manifestement irresponsable, puisqu’elle fait des soldats de l’ONU des cibles dociles que Laurent Gbagbo peut assassiner comme bon lui semble quand bon lui semble.

La seule réaction sensée, dans ce contexte, est une opération coup de poing visant à s’emparer morts ou vifs de Laurent Gbagbo et de son gang. Si la volonté de mettre ces gens hors d’état de nuire n’existe pas, autant retirer toutes les troupes étrangères de Côte d’Ivoire, puisqu’elles n’y font que de la figuration et y sont vouées à l’assassinat.

Frank BRUNNER

Maho Glofiehi, le chef d’une milice de Laurent Gbagbo, en compagnie de Charles Blé Goudé, l’organisateur des émeutes de Laurent Gbagbo

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source