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Le Monde, 30 décembre 2010

Corruption : PS et UMP nient avoir touché l’argent d’Omar Bongo


Nicolas Sarkozy en compagnie d’Omar Bongo

L’UMP et le PS ont nié, jeudi 30 décembre 2010, avoir touché des fonds de l’ex-président gabonais, Omar Bongo. Soupçons relayés par un nouveau câble de WikiLeaks rendu public la veille par le quotidien espagnol El Pais.

France


Selon ces notes diplomatiques américaines, près de 30 millions d’euros auraient été détournés de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais, Omar Bongo. Principalement destinés au dirigeant et à son entourage, ces fonds auraient aussi servi à financer plusieurs partis politiques français des deux camps, "surtout à droite, en particulier à [l’ancien président Jacques] Chirac, mais aussi [Nicolas] Sarkozy". L’information relayée par WikiLeaks avait été donnée, quatre jours après la mort de M. Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l’ambassade américaine au Cameroun. Celle-ci n’a toutefois pas été "en mesure de vérifier la véracité de l’accusation" visant des responsables hexagonaux. Des rumeurs de financement de la vie politique française par Omar Bongo ont très souvent circulé, en France comme sur le continent africain, sur fond de relations privilégiées entre l’ancien dirigeant gabonais, au pouvoir depuis 1967, et une grande partie de la classe politique de l’ex-puissance coloniale. Après la mort d’Omar Bongo, l’ancien président, Valéry Giscard d’Estaing, avait spectaculairement rompu le silence en affirmant que le président gabonais avait financé, en 1981, la campagne présidentielle de Jacques Chirac. "Moi j’étais président de la République, à l’époque", avait-il raconté sur Europe 1. "J’ai appelé Bongo et je lui ai dit : "Vous soutenez actuellement la campagne de mon concurrent" [Jacques Chirac], alors il y a eu un temps mort que j’entends encore et il m’a dit : "Ah, vous le savez", ce qui était merveilleux. A partir de ce moment-là j’ai rompu mes relations personnelles avec lui." Jacques Chirac avait plus tard dénoncé des propos "dénués de tout fondement" et ne relevant que "d’une médiocre polémique". "Nous savons tous précisément qu’Omar Bongo a financé de nombreuses campagnes électorales, à droite, mais aussi à gauche, parfois, peut-être. On l’a entendu dire. Je crains hélas que cela soit un peu vrai, y compris concernant la gauche", avait reconnu pour sa part le député PS André Vallini.

Valéry Giscard d’Estaing

Au PS, le trésorier du parti, Régis Juanico, a assuré que son mouvement "ne se sent en rien concerné par ces affirmations" [des notes diplomatiques américaines], notant au passage que "seuls des noms de droite sont cités". De son côté, le porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé, a affirmé : "Tout cela est totalement fantaisiste", dénonçant, "la très grande fragilité de ces accusations". L’Elysée n’a pas réagi, conformément à la règle qu’il s’est fixée de ne pas répondre aux allégations du site Internet.

Le Monde

Dominique Paillé

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