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Reuters, 11 juin 2004

La France et la Chine renforcent leur coopération économique


PARIS (Reuters) - Paris et Pékin ont renforcé leur coopération économique et industrielle à la faveur d’une visite de cinq jours en France du vice-Premier ministre chinois Zeng Peiyan.

Sept accords de coopération et deux contrats -l’un pour la vente à la compagnie China Eastern de 20 Airbus A330-300 pour deux milliards de dollars, le second pour la fourniture d’un satellite de télévision par Alcatel- ont été signés, vendredi 11 juin 2004 au matin, à Matignon, à l’issue d’un entretien entre le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et Zeng Peiyan.


Arrivé lundi 7 juin en France, Zeng Peiyan est allé à Cherbourg visiter les installations nucléaires d’Areva, à La Rochelle sur un site du groupe Alstom, et à Toulouse, voir les chaînes de montage d’Airbus. Il a achevé sa visite, vendredi 11 juin 2004 au soir, par un entretien avec le président Jacques Chirac. "Je me réjouis des contrats et des accords de coopération qui ont été signés. Ils démontrent que nos entreprises sont engagées dans une vraie logique de partenariat", s’est félicité le président de la République, dont les propos ont été rapportés par l’Elysée.

Cette visite faisait suite à celles de Jean-Pierre Raffarin à Pékin en avril 2003, en pleine épidémie de SRAS, et du président chinois Hu Jintao en France en janvier 2004. "La coopération avec la Chine est durable, elle n’est pas au jour le jour, elle est permanente", a commenté le Premier ministre français. "Il est très important, après avoir reçu le président chinois il y a deux mois, de préparer la visite du président Chirac à l’automne. Et là nous avons préparé cette visite avec des perspectives d’accords renouvelées."

Le chef de l’Etat français, féru de culture chinoise, devrait se rendre à Pékin vers le 10 octobre 2004, à l’occasion du lancement de l’année de la France en Chine.

L’époque où les relations entre la France et la Chine semblaient au plus bas, après la vente à Taiwan d’armements français, notamment des frégates, semble révolue depuis le milieu des années 1990. Il n’y a guère de visite de hauts dirigeants français et chinois dans l’un ou l’autre pays sans la signature d’accords ou de contrats.

Les Chinois, confrontés à une explosion de leurs besoins en énergie, sont particulièrement demandeurs dans le nucléaire civil, objet de quatre accords de coopération signés vendredi 11 juin 2004. Jean-Pierre Raffarin a estimé que la France était en train de devenir un "partenaire de référence" de la Chine dans ce domaine.

Les autorités chinoises envisagent de se doter d’ici 2020 d’une capacité de production électronucléaire supplémentaire de 36000 mégawatts. Un marché potentiel de 50 à 7O milliards d’euros, sur lequel les industriels français comptent bien placer le nouveau réacteur à eau pressurisée EPR.

"Proximité politique"

Dans l’aéronautique, Airbus espère s’adjuger dans les 20 ans qui viennent au moins la moitié du marché chinois et voir son nouveau gros porteur, l’A380, atterrir à Pékin pour les Jeux olympiques d’été de 2008.

Eurocopter, autre filiale d’EADS, a également choisi, comme Airbus, pour faciliter son implantation en Chine, la voie de partenariats industriels. Son président a ainsi signé, vendredi 11 juin 2004, avec le groupe chinois ACI-Hafei Aviation Industrie Corporation, un "contrat de coopération" pour l’installation d’une chaîne de montage d’hélicoptères légers de type Colibri. "C’est un démarrage qui confirme que notre stratégie de partenariat local est la bonne", a commenté Fabrice Bregier. "Ce partenariat va s’étendre à d’autres appareils de la gamme de produits Eurocopter, parce que les besoins sur le marché chinois sont énormes."

Dans le domaine ferroviaire, Alstom Transport a signé un accord cadre avec la compagnie CNR Datong Electric Locomotive sur le transfert de technologie et la fabrication en commun de locomotives électriques pour les trains de marchandises. Alstom, qui se bat pour sa survie, regarde également vers un autre marché prometteur, pour lequel il est en discussion avec le groupe chinois de matériel roulant Sifang, celui des trains à grande vitesse (200 à 250 km/h), dans l’espoir d’obtenir aussi le TGV Pékin-Shanghaï. "Nous avons un projet très important de développement avec le transport ferroviaire et notamment avec la société Alstom et le groupe Sifang", a souligné Jean-Pierre Raffarin. "Si cette coopération se développe, il s’agit d’une perspective de plus de deux milliards d’euros. C’est une perspective qui n’est pas aujourd’hui finalisée mais qui est en bonne voie." "Nous travaillons énormément sur le sujet ; et si nous y travaillons, c’est parce que nous avons des espoirs", a pour sa part déclaré à Reuters Marc Chatelard, senior vice-président d’Alstom transport pour la zone Asie-Pacifique.

Jean-Pierre Raffarin a reconnu que sur tous ces dossiers la concurrence était "très forte". Mais il a dit miser sur "la proximité politique qu’il y a entre la France et la Chine" depuis que le général de Gaulle a été le premier dirigeant occidental à reconnaître la Chine communiste. "Quand je suis allé en Chine au moment du SRAS, ça a été pour eux un geste fort, d’amitié, de proximité", a-t-il estimé.

Il a assuré que cette proximité politique n’empêchait pas les dirigeants français d’évoquer avec leurs interlocuteurs chinois la question des droits de l’homme. "Notamment nous avons parlé ce matin de la ratification par la Chine de la convention des Nations Unies pour les droits de l’homme", a-t-il dit. "Il est très important que la Chine mesure qu’elle aura toute sa place sur la scène internationale en faisant aussi les efforts nécessaires pour le respect des droits de l’homme."

Reuters

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