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Reuters, 13 janvier 2011

Côte d’Ivoire : Six policiers tués dans de nouveaux heurts à Abidjan

par Ange ABOA, Loucoumane COULIBALY et Clément GUILLOU


Un camion de la police incendié par des partisans d’Alassane Ouattara, dans le quartier d’Abobo, à Abidjan, le 12 janvier 2011

Six policiers ont été tués, mercredi 12 janvier 2011, à Abidjan, dans des affrontements entre partisans d’Alassane Ouattara, président élu, et forces loyales au chef de l’Etat sortant, Laurent Gbagbo, rapportent des témoins.

Côte d’Ivoire


Des tirs nourris et des explosions probablement dues à des armes lourdes ont retenti pendant plusieurs heures, à Abobo, quartier favorable à Alassane Ouattara, où cinq personnes avaient déjà trouvé la mort la veille. Sur la base d’informations provenant du maire d’Abobo, théâtre de ces affrontements, un porte-parole du gouvernement formé par le premier a fait état de sept civils tués, dont deux enfants et a dénoncé une provocation. Outre la mort des six agents tués, Aboulaye Traoré, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Laurent Gbagbo, a quant à lui signalé trois blessés dans les rangs des forces de l’ordre et de trois véhicules incendiés. Deux policiers avaient, selon lui, été tués la veille. Les forces de l’ordre ont été déployées en nombre autour d’Abobo, dont les accès sont défendus par des barricades. Des coups de feu retentissaient toujours dans la soirée. Un correspondant de Reuters a vu deux civils blessés étendus sur la chaussée. Mamadou Kanté, un habitant du quartier, a dit avoir vu quatre véhicules de police en feu avec quatre cadavres de policiers à l’intérieur. Une source au sein du renseignement ivoirien, qui a requis l’anonymat, a confirmé l’information. Abdoulaye Cissé, qui habite dans un autre quartier, a dit avoir vu un autre policier mort. "Je n’ai jamais entendu ici des armes si lourdes", a-t-il raconté. "On entend des coups de feu et des explosions depuis 02h00. Ma famille et moi sommes terrifiés", a ajouté Adama Touré, habitant d’Abobo. Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée, a annoncé l’instauration jusqu’au week-end d’un couvre-feu de 19h00 à 06h00, à Abobo, et l’envoi de véhicules blindés pour encercler le quartier. "Il y a des unités sur le terrain qui vont réagir (...), ce qui veut dire se débarrasser des rebelles, se débarrasser des armes et permettre à la population d’avoir une activité normale", a-t-il déclaré à la presse.

Une tache de sang dans une menuiserie du quartier d’Abobo, à Abidjan, le 12 janvier 2011

Depuis le second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre 2010, dont les résultats sont contestés par les partisans de Laurent Gbagbo, les violences ont fait plus de 200 morts, selon les Nations Unies. Alassane Ouattara est reconnu comme président de la Côte d’Ivoire par la communauté internationale, qui a infligé des sanctions à Laurent Gbagbo et à ses proches mais n’a fait qu’évoquer l’idée d’une intervention militaire. Le camp Gbagbo dément avoir orchestré des meurtres et des enlèvements et argue du fait que de nombreux policiers ont été tués par des partisans d’Alassane Ouattara. Selon la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci), trois casques bleus ont été légèrement blessés mardi 11 janvier 2011 au soir, toujours à Abobo, dans une embuscade des forces fidèles à Laurent Gbagbo. Le général Mangou a assuré que les hommes de l’Onuci avaient ouvert le feu les premiers. Lundi 10 janvier, un convoi de vivres escorté par des casques bleus et destiné à l’Hôtel du Golf, où Alassane Ouattara vit retranché, avait été pillé, ajoute l’Onuci dans un communiqué.

Ange ABOA, Loucoumane COULIBALY et Clément GUILLOU

Le cadavre d’un garde de sécurité sur le toit d’un bâtiment du quartier d’Abobo, à Abidjan, le 12 janvier 2011

AUTEURS 

  • Ange ABOA, Loucoumane COULIBALY et Clément GUILLOU

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