retour article original

lundi 27 février 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Algérie
AFP, 22 janvier 2011

Algérie : Un rassemblement à Alger débute dans le sang


Des manifestants, à Alger, le 22 janvier 2011

Sept policiers et 42 manifestatnts ont été blessés, samedi 22 janvier 2011, dans des heurts entre des partisans de l’opposition et les autorités algériennes.

Algérie


L’Algérie a vécu, début janvier 2011, cinq jours d’émeutes contre la vie chère qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés. Le mouvement s’est arrêté après l’annonce, par le gouvernement, de mesures pour faire baisser les prix des produits de première nécessité.

Des manifestants, à Alger, le 22 janvier 2011

Dès vendredi 21 janvier 2011 au soir, les autorités ont pris des dispositions pour quadriller la capitale, après la décision du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) de maintenir une manifestation, malgré l’interdiction par la wilaya (préfecture) d’Alger. En pleine nuit, des dizaines de véhicules blindés avaient pris position dans le vieux centre historique et des barrages érigés aux entrées de la capitale. Au moins trois bus transportant des manifestants de Kabylie ont été bloqués dès vendredi 21 janvier au soir, selon des témoins cités par le quotidien El-Watan. Place de la Concorde, des dizaines de véhicules blindés et des centaines de membres de la protection civile et de la police avaient été déployés, tout comme devant le palais présidentiel, sur les hauteurs d’Alger, protégé par une douzaine de véhicules blindés armés de canons à eau. Dans le ciel, une ronde d’hélicoptères surveillait la situation.

Des manifestants affrontent les policiers, à Alger, le 22 janvier 2011

Le cortège de la manifestation menée par des partisans du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie s’est heurté aux forces de l’ordre algériennes, devant le siège du parti, avant une marche prévue sur le Parlement. Dès le début de la matinée, environ 300 personnes s’étaient retrouvées bloquées par des centaines de membres des forces de l’ordre casqués, équipés de matraques, boucliers et gaz lacrymogène, devant le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie sur l’avenue historique Didouche Mourad. Les manifestants devaient en partir pour la Place de la Concorde, dans le centre, pour lancer la marche vers 10h00 en direction de l’Assemblée nationale populaire (Parlement). "Je suis prisonnier dans le siège du parti, déclarait Saïd Sadi par haut-parleur depuis le premier étage de l’immeuble. "On ne peut pas mener de lutte pacifique quand ont est assiégé", avait-il clamé à ses partisans et aux journalistes, avant que le blocus ne prenne fin, vers 13h30, une fois le calme rétabli. "Il y a eu plusieurs blessés et parmi eux le chef du groupe parlementaire du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Othmane Amazouz, ainsi que de nombreuses arrestations", a déclaré par téléphone à l’AFP Saïd Sadi, le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie qui avait appelé à la manifestation. Un journaliste de l’AFP a vu le chef régional du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie à Bejaia, Reda Boudraa, la tête couverte de sang après avoir reçu un coup de bâton. Il a été évacué en ambulance avec un autre manifestant. Le député et porte-parole du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Mohsen Belabbes, a annoncé, à la mi-journée, cinq blessés.
Citant une source policière, l’agence APS a pour sa part fait état de sept policiers blessés, dont deux dans un état grave. L’AFP a été témoin d’arrestations musclées par la police qui a de son côté annoncé cinq interpellations à l’APS. Parmi elles, semble-t-il, Arezki Aïter, le député Rassemblement pour la Culture et la Démocratie de Tizi Ouzou, principale ville de Kabylie, relâché une heure plus tard, selon son parti. Certains manifestants, brandissant des drapeaux algériens mais aussi les couleurs de la Tunisie, criaient "Algérie démocratique" ou "le pouvoir, y’en a marre", "Etat assassin", "Algérie libre, Algérie démocratique".

Des manifestants affrontent les policiers, à Alger, le 22 janvier 2011

"Le fait d’interdire des marches pacifiques encadrés par des partis et la société civile, c’est pousser à une explosion", a déclaré par téléphone à l’AFP le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) Mostefa Bouchachi. "C’est désolant".

Agence France Presse

Des manifestants affrontent les policiers, à Alger, le 22 janvier 2011

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source