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dimanche 26 février 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 6

La guerre en Egypte et dans les colonies italiennes d’Afrique (juin 1940-février 1941)


Des troupes britanniques campent dans le désert d’Egypte, en 1940

Le 10 juin 1940, lorsque la défaite de la France est devenue certaine, l’Italie est entrée en guerre, contre les alliés. La mer Méditerranée est aussitôt devenue dangereuse pour les Britanniques, qui ont dû prendre l’habitude de faire contourner toute l’Afrique aux navires en route pour l’Egypte.


Une tankette Carro armato L3 33

De plus, les forces italiennes en Afrique -Libye, Erythrée et Abyssinie- étaient numériquement supérieures à celles des Britanniques. Ces dernières, après le désastre de Dunkerque, ne pouvaient même pas espérer de renforts. Les forces britanniques en Afrique, sous le commandement du général Archibald Wavell, totalisaient à peine 50000 hommes, face à un demi-million d’Italiens et de troupes coloniales italiennes.

Archibald Wavell

Ainsi, les forces italiennes d’Erythrée et d’Abyssinie comptaient plus de 200000 hommes, alors que la garnison britannique du Soudan s’élevait à 9000 hommes et que celle du Kenya n’était pas supérieure. En Libye, le maréchal italien Graziani disposait de forces encore plus importantes, face aux 36000 hommes de troupe britanniques, néo-zélandais et indiens qui défendaient l’Egypte.

Rodolfo Graziani

Le désert occidental de l’Egypte tenait lieu de no man’s land séparant les forces britanniques des forces italiennes. La position britannique la plus avancée était Marsa Matrouh, à 250 kilomètres à l’intérieur des frontières égyptiennes et 320 kilomètres à l’Ouest du Nil. Les forces britanniques comptaient une seule division blindée -d’ailleurs incomplète-, la 7ème, bientôt surnommées « les rats du désert ». Cette division blindée était commandée par le général Creagh, un adepte de la guerre éclair.

Un tank Vickers Mark VI

Un Cruiser Mk II A10

Un Matilda

La déroute des Italiens en Libye

Le 14 juin 1940, quatre jours après l’entrée en guerre de l’Italie, le général Wavell a lancé une partie de ses blindés dans une série ininterrompue de raids de harcèlement contre les postes italiens marquant la frontière entre la Libye et l’Egypte.

Le 13 septembre 1940, après avoir massé plus de 6 divisions, les Italiens ont commencé à avancer prudemment à travers le désert occidental égyptien. Arrivés à Sidi Barrani, les Italiens s’y sont installés et ont construit une chaîne de camp fortifiés.

Ayant reçu des renforts exceptionnels -sur l’initiative de Winston Churchill, qui avait raclé les fonds de tiroirs en Grande-Bretagne, malgré la crainte d’une invasion allemande- comprenant 3 régiments blindés, le général Wavell a décidé d’attaquer les Italiens. L’idée était de leur asséner un coup violent, puis d’envoyer une partie des forces britanniques au Soudan pour repousser l’armée italienne d’Abyssinie.

Le général britannique O’Connor disposait de 30000 hommes, contre une armée de 80000 Italiens, mais il avait 275 tanks alors que les Italiens n’en avaient que 120.

Un Gladiator Mk 2 en Libye, en 1940

La nuit du 7 décembre 1940, les forces britanniques se sont approchées de 110 kilomètres des Italiens, à travers le désert. La nuit suivante, elles se sont faufilées entre deux camps fortifiés italiens. Le 9 décembre au matin, elles ont attaqué, à revers, le camp fortifié italien de Nibeiwa et capturé sa garnison stupéfaite. Ensuite, les tanks britanniques ont poursuivi vers le Nord, prenant successivement, au cours de cette journée, les camps de « Tummar-Ouest » et « Tummar-Est ». Pendant ce temps, la 7ème division blindée britannique, progressant vers l’Ouest, avait atteint la côte et coupé la ligne de retraite italienne.

Le 8 décembre 1940, les Britanniques prenaient Sidi Barrani, malgré de violentes tempêtes de sable gênant la progression.

Une colonne britannique à la poursuite des Italiens, en Egypte, en 1940

Des voitures blindées italiennes sous le feu, en 1940

Le 9 décembre 1940, à la suite d’un nouveau bond enveloppant vers l’Ouest, au-delà de Boukbouk, une brigade blindée britannique, arrivée à la route côtière, a intercepté une importante colonne d’Italiens en retraite. Les troupes italiennes qui ont échappé à la capture se sont réfugiées à Bardia, où la 7ème division blindée britannique les a encerclées.

Une voiture blindée Morris franchit la frontière libyenne en 1940

Des artilleurs australiens bombardent les positions italiennes à Bardia, en Libye, le 29 décembre 1940

A ce moment décisif, l’offensive britannique a été interrompue par la décision du haut commandement britannique de retirer la 4ème division indienne d’Egypte pour l’envoyer au Soudan. Trois semaines se sont écoulées à attendre la 6ème division australienne, qui venait en renfort depuis la Palestine.

Le 3 janvier 1941, les Britanniques ont déclenché l’attaque de Bardia. Trois jours plus tard, toute la garnison italienne avait capitulé.

Des soldats britanniques près de Bardia, en Libye, le 5 janvier 1941

Des prisonniers italiens quittent Bardia, en Libye, le 5 février 1941

Ensuite, la 7ème division blindée britannique a encerclé Tobrouk, qui a été attaquée le 21 janvier 1941 et est tombée le lendemain.

Vue de Tobrouk, en Libye, après un bombardement britannique, en 1941

Le croiseur italien San Giorgio en feu, après une attaque aérienne britannique, dans le port de Tobrouk, en Libye, le 18 février 1941

Le 3 février 1941, des reconnaissances aériennes britanniques ont rapporté que les troupes italiennes abandonnaient le secteur de Benghazi et se retiraient dans l’étranglement d’El Agheila, dans le but de bloquer la route de Cyrénaïque. Le général O’Connor a décidé de couper cette retraite par un nouveau mouvement tournant. Le 5 février, les blindés britanniques avaient dépassé les Italiens en retraite et leur tendaient un piège au Sud et à l’Ouest de Beda Fomm, interceptant les troupes italiennes à mesure qu’elles apparaissaient. Le 6 février, une série de combats entre tanks britanniques et italiens a eu lieu. A la tombée de la nuit, 60 tanks italiens étaient immobilisés. Le lendemain, les tanks restant avaient été abandonnés et les troupes italiennes se rendaient en masse.

Les Britanniques n’avaient plus qu’à continuer leur avance jusqu’à Tripoli et chasser les derniers Italiens affolés de l’Afrique du Nord. Mais, à ce moment précis, toute l’offensive a été interrompue par Winston Churchill, qui a décidé de prélever tout ce qu’il pouvait, sur les forces britanniques d’Egypte, afin d’expédier un corps expéditionnaire en Grèce.

Ce corps expéditionnaire britannique de 50000 hommes a débarqué en Grèce le 7 mars 1941 et y a perdu l’essentiel de son matériel après avoir dû évacuer ce pays, envahi à son tour par l’Allemagne.

Suite dans Erwin Rommel et l’Afrika Korps (février-décembre 1941)

Des soldats grecs et britanniques autour d’un canon antiaérien, en mars 1941

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source