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AFP, 5 février 2011

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo est en proie à des difficultés financières


Des partisans de Laurent Gbagbo bloquent un convoi de l’ONU, à Abidjan, le 24 janvier 2011

Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a des difficultés croissantes pour payer les fonctionnaires et l’arrêt des financements africains pourrait favoriser son rival, Alassane Ouattara, a souligné, vendredi 4 février 2011, un haut responsable de l’ONU.


Côte d’Ivoire

L’Union européenne et les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre Laurent Gbagbo et son entourage. Les Nations Unies insistent sur le fait que M. Ouattara doit prendre les commandes de l’Etat. "En décembre 2010, il (Laurent Gbagbo) a payé tout le monde. En janvier 2011, il a retenu les salaires des enseignants et les pensions des retraités. Nous ne savons pas si c’est un retard. Nous devons observer de près comment cela évolue", a expliqué le chef de l’opération de l’ONU dans le pays (Onuci), Choi Yong-Jin, à des journalistes après avoir exposé la situation au Conseil de sécurité. "Il doit rencontrer d’énormes difficultés pour continuer à avoir des ressources financières", a dit M. Choi aux journalistes. M. Gbagbo doit payer 55000 soldats et 104000 fonctionnaires, a relevé M. Choi. Les diplomates en poste à l’ONU estiment qu’il a besoin d’entre 100 et 150 millions de dollars par mois pour les payer. Or, sept ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont demandé, le 23 décembre 2010, à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) d’autoriser uniquement les représentants du président ivoirien "légitimement élu", Alassane Ouattara, à gérer les comptes du pays. La Côte d’Ivoire n’a ni monnaie propre, ni banque centrale. Les seules ressoures de Laurent Gbagbo proviennent désormais des exportations de cacao et des profits tirés de l’exploitation du port d’Abidjan. M. Choi a expliqué que cet aspect était crucial pour l’avenir de Laurent Gbagbo et que le manque de ressources financières pourrait permettre à son rival Alassane Ouattara, reconnu internationalement comme le nouveau chef de l’Etat, de prendre les rênes du pouvoir. Cette question "est cruciale car elle va décider de l’orientation des événements à venir", a-t-il souligné. M. Choi a encore expliqué qu’il y a eu plusieurs retournements de situation au cours des deux derniers mois, depuis que la crise a éclaté avec le refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir. "Le camp de Ouattara avait une dynamique en sa faveur car il a gagné les élections", a dit M. Choi. Mais après l’annulation d’une marche anti-Gbagbo, le 16 décembre 2010, le président sortant a repris les choses en mains. "Maintenant, avec la décision de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest en faveur du président Ouattara, la balance penche de nouveau en sa faveur", a-t-il dit. Les chefs d’Etat africains réunis, cette semaine, à Addis Abeba, ont formé un panel de cinq chefs d’Etat chargés de présenter d’ici un mois des décisions "contraignantes" sur la Côte d’Ivoire. "L’impasse continue entre les deux protagonistes et la situation des droits de l’homme empire à Abidjan et dans l’ouest du pays", a dit M. Choi.

Laurent Gbagbo

De son côté, Maria Luiza Ribeiro Viotti, ambassadrice du Brésil et présidente du Conseil de sécurité de l’ONU pour février 2011, a souligné que le Conseil demeurait "profondément inquiet à propos des violences qui continuent et des violations des droits de l’homme" en Côte d’Ivoire. "Les membres du Conseil de sécurité exhortent toutes les parties à faire preuve du maximum de retenue et à éviter la violence", a-t-elle ajouté.

Agence France Presse

Une femme fait sa lessive, à Abidjan, le 3 février 2011

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