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mardi 28 mars 2017
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AFP, 15 juin 2004

Iran : Teheran menace de revoir la coopération avec les inspecteurs de l’AIEA


Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

TEHERAN (AFP) - L’Iran a menacé, mardi 15 juin 2004, de revoir sa coopération avec les inspecteurs de l’ONU devant les nouvelles pressions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des Européens sur ses activités nucléaires.

Iran


Le président Mohammad Khatami a prévenu que Téhéran pouvait envisager "d’autres options" que la coopération. Quant au président du parlement, Gholam-Ali Hadad Adel, il a menacé que les députés ne ratifient pas le protocole additionnel au Traité de non-prolifération soumettant l’Iran à un contrôle nucléaire renforcé de la part de l’AIEA.

L’agence de sûreté nucléaire de l’ONU examine à nouveau le dossier iranien, depuis lundi 14 juin 2004, à Vienne. Son directeur général, Mohamed Elbaradei, a jugé que la coopération iranienne avec les inspecteurs avait été "moins que satisfaisante". Il a dit la nécessité que l’affaire soit réglée "dans les tout prochains mois" parce que "nous ne pouvons pas continuer éternellement".

Mohamed El Baradei en compagnie de Mohammad Khatami

Les Etats-Unis, qui accusent ouvertement l’Iran de mettre au point la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil, ont réclamé une "résolution forte" contre la République islamique.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

Quant aux Européens, ils doivent déposer un projet de résolution prônant la poursuite de la collaboration mais critiquant sévèrement les Iraniens.

Ces derniers ont très mal pris le texte des trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne), y voyant la marque d’une collusion avec les Américains. Selon la presse, le président Khatami a écrit aux dirigeants européens pour les accuser de céder aux pressions américaines. "L’Iran ne renoncera pas à son droit inaliénable à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques" et "si cette attitude de confrontation se poursuit, l’Iran considèrera d’autres options", aurait-il écrit, sans préciser lesquelles. M. Khatami a réaffirmé que Berlin, Londres et Paris avaient pris des engagements auprès de Téhéran quand ce dernier a accepté auprès d’eux fin 2003 de signer le protocole additionnel et de suspendre l’enrichissement d’uranium, dont la communauté internationale redoute un détournement à des fins militaires. Pour les Iraniens, les Européens doivent s’opposer aux menées des Américains à l’AIEA, qui visent une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU en vue de sanctions internationales. Les Européens contestent avoir contracté la moindre obligation.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Vienne

Dans leur projet de résolution, les Européens pressent les Iraniens de faire toute la lumière sur leurs activités d’enrichissement, au coeur de la nouvelle session de l’AIEA. Ils appellent aussi l’Iran à ratifier le protocole en gage de bonne foi.

"Je dis à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Allemagne qu’ils n’ont pas à dire au Parlement iranien ce qu’il a à faire. Le Parlement iranien ne reçoit pas ses ordres de l’étranger mais considère les intérêts du peuple", a dit le président conservateur du parlement, Gholam-Ali Hadad Adel, un parent du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. "Si nous considérons que tel est l’intérêt du peuple, nous ratifierons" le protocole, "sinon nous ne le ferons pas", a-t-il ajouté. "La résolution proposée par les pays européens au conseil des gouverneurs (l’exécutif de l’AIEA) revient à demander à l’Iran de renoncer à tous ses acquis, et cela est contraire à nos intérêts", a déclaré Gholam-Ali Hadad Adel. "Le parlement n’a pas encore ratifié le protocole", a-t-il insisté.

Gholam Ali Haddad Ade

Le président Khatami a déjà prévenu que son pays pouvait à tout moment revenir sur sa décision de suspendre l’enrichissement. Les voix s’élèvent à nouveau pour que l’Iran se désengage carrément du Traité de non-prolifération. La République islamique, qui ne cesse de proclamer la finalité purement civile de son programme, a cependant brandi de telles menaces en 2003, avant d’apporter les garanties réclamées.

L’AIEA ne devrait pas trancher l’affaire lors de la session en cours. Mais la pression pourrait s’accroître jusqu’à la prochaine, en septembre 2004. Les Iraniens tâchent actuellement à Vienne d’obtenir une formulation moins dure d’une résolution.

Agence France Presse

Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

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