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8 février 2011

Corruption : Mark Muller et la politique des petits copains

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

Le Département genevois des Constructions et des Technologies de l’information gère tout un parc immobilier appartenant à l’Etat de Genève. Dans ce parc immobilier figurent notamment des villas situées sur des terrains acquis par l’Etat dans le but d’y construire autre chose. En raison des délais administratifs et des possibilités de recours d’éventuels opposants aux travaux prévus, il peut s’écouler des dizaines d’années entre le moment de l’acquisition et le moment où tel bâtiment sera détruit pour laisser place au chantier prévu. Or, le gouvernement genevois a pris l’habitude de louer ces bâtiments à des petits copains, en échange de loyers relativement dérisoires. Ainsi, telle villa est louée pour le prix d’un studio, et cela dans un contexte de pénurie de logements qui rend quasiment impossible de trouver un appartement libre pour un prix abordable dans le canton de Genève.


Suisse

Depuis 2005, l’Inspection cantonale des finances et la Cour des comptes ont rendu plusieurs rapports pour dénoncer ce scandale. Mark Muller, le chef du Département concerné, affecte pourtant de tomber des nues. Selon la Tribune de Genève du 8 février 2011, « Les retours de la Cour des comptes, notamment, relèvent des améliorations entre autres dans la gestion des locaux administratifs ou encore de l’informatique de gestion. Mais les progrès sont lents et certains observateurs s’interrogent sur la motivation du libéral à aller vraiment au fond des choses. » Le rapport de l’Inspection cantonale des finances mentionne : « Nous sommes d’avis que la location à des collaborateurs de biens immobiliers à des conditions inférieures au prix du marché expose l’Etat à un risque d’image important. Soulignons que le risque d’image est accru lorsqu’il s’agit de collaborateurs du Département genevois des Constructions et des Technologies de l’information. » Le chef de l’Inspection cantonale des finances souligne n’avoir pas senti, dans le département de Mark Muller, la volonté de régler les choses au plus vite. Il ajoute qu’il faut insister « pour qu’il investisse les ressources nécessaires pour régler rapidement les problèmes ».

Depuis trente ans, un ancien haut fonctionnaire occupe, pour 100 francs suisses par mois, cette villa qu’il a entièrement retapée

Lundi 7 février 2011, la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil -le parlement genevois- a entendu Mark Muller et a décidé de ne diffuser aucune information sur cette affaire jusqu’à la conclusion de ses travaux. Les membres de la commission ne recevront même pas les procès-verbaux des réunions, de crainte qu’ils puissent être transmis à la presse.

On nage en pleine politique des petits copains.

Frank BRUNNER

Mark Muller

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