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Libération, 8 janvier 2011

Egypte : Désinformation juive

Suivi d’un commentaire

par Sophie BESSIS


Des manifestants se font couper les cheveux, au Caire, le 7 février 2011

Dans Libération du 3 février 2011, Alain Finkielkraut prend la parole pour expliquer son silence sur ce qui se passe dans le monde arabe. Il ne nous épargne hélas ni amalgames, ni omissions, ni contre-vérités.


Egypte

L’amalgame : oser le parallèle avec la révolution iranienne est ignorer volontairement que l’insurrection de 1979 fut conduite à Téhéran par les mollahs. L’immense majorité des manifestants arabes d’aujourd’hui -et la totalité en Tunisie- réclament la liberté et la démocratie, non un Etat islamique. Alain Finkielkraut fonctionne à l’imagination. On aimerait savoir quel est le nouveau Khomeiny qui lui fait si peur, quel mollah est le guide des révolutions tunisienne et égyptienne. A-t-il entendu et compris les slogans des manifestants tunisiens, dont aucun ne se réfère l’islam ? A-t-il entendu ceux qui prônent une république démocratique et laïque ? A-t-il vu les nombreuses femmes participer aux manifestations, et s’opposer à l’occasion aux islamistes ? M. Finkielkraut ne semble d’ailleurs pas avoir eu vent de la révolution tunisienne. Etrange omission. Il est vrai qu’en parler l’eût obligé à reconnaître son caractère moderne, mixte, séculier, et l’universalité de ses mots d’ordre. Difficile quand on tente de faire accroire que, dans cette région du monde, il ne peut y avoir de révolte que religieuse. Contre-vérités enfin : Alain Finkielkraut est un culturaliste. Il est, semble-t-il, des aires culturelles sans tradition de démocratie et donc qui ne peuvent y prétendre. La solidité des traditions démocratiques en Europe de l’Est se situe certainement, selon lui, dans l’ADN de ses peuples. Elles sont en effet plus difficiles à discerner dans leur histoire, héritière - pas seulement mais aussi - des absolutismes monarchiques ou religieux des siècles passés et des dictatures fascistes et communistes du XXe siècle. Et l’absence de telles traditions dans le monde arabe doit être aussi d’ordre génétique. Quitte à faire silence sur quelques faits, comme l’abolition de l’esclavage en Tunisie en 1841, le Pacte fondamental de 1857, l’enseignement moderne dès l’indépendance, ou la force des mouvements modernistes et féministes en Egypte et en Tunisie dès le 19e siècle. Cela n’intéresse pas M. Finkielkraut. Il serait bien inspiré, pourtant, de prendre la mesure de ce qui se passe dans cette partie du monde, au lieu de ne lire ces événements qu’à l’aune de la géopolitique et des intérêts de la droite israélienne. Comme elle, il a peur de l’aspiration démocratique de ces peuples. Pourtant, ni dans les rues de Tunis ni dans celles du Caire, on n’a entendu le moindre slogan anti-israélien. Nous sommes, certes, conscients du poids régional de l’Egypte. Nous savons, de même, que les risques de récupération du mouvement populaire par l’islam politique y existent. Mais seul le combat démocratique est une garantie pour l’avenir. Le problème, c’est que les peuples du monde arabe ne sont pour Alain Finkielkraut que des abstractions. Faisant fi de leurs aspirations, il préfère qu’ils continuent de vivre sous le joug de la dictature. Heureusement, les démocrates de la rive sud de la Méditerranée peuvent se passer de son soutien. A-t-il entendu et compris les slogans des manifestants tunisiens, dont aucun ne se réfère l’islam ? A-t-il entendu ceux qui prônent une république démocratique et laïque ?

Sophie BESSIS

Des manifestants transportent une effigie de Hosni Moubarak, au Caire, le 7 février 2011

Commentaire

Le lobby juif affecte de voir en Alain Finkielkraut un philosophe censé décréter comme un oracle les opinions que nous devons avoir à propos de ceci et de cela. En réalité, Alain Finkielkraut n’exprime pas des opinions personnelles. Il se contente de relayer la propagande et la désinformation israéliennes. Alain Finkielkraut est tout simplement un agent israélien.

Affirmer que toute révolution arabe débouchera sur une dictature islamiste n’est rien d’autre que de la désinformation israélienne émanant du gouvernement israélien. Le but du gouvernement israélien et du lobby juif est de "justifier" l’oppression des peuples arabes par des régimes despotiques soutenus par les alliés d’Israël. Le bien-être et la liberté des peuples arabes ne comptent pas aux yeux des racistes juifs. Le rôle du lobby juif international est de relayer cette désinformation comme il relaie les campagnes islamophobes et les campagnes de calomnies orchestrées contre quiconque dénonce les crimes continuels du régime israélien.

On se rend facilement compte que le lobby juif répète une leçon apprise, car ce sont toujours les mêmes mots qui sont systématiquement utilisés, y compris par les non-juifs qui se font les idiots utiles du lobby juif. Ainsi, toute critique des juifs, aussi justifiée puisse-t-elle être, sera décrite comme "un texte nauséabond" ou "un texte haineux". On s’abstiendra d’entrer en matière sur le fond et on s’empressera de diffamer et de calomnier l’auteur de la critique, en exigeant qu’il soit ostracisé pour avoir osé exercer sa liberté d’expression. Les esprits critiques sont systématiquement démonisés et leurs critiques sont décrétées "inadmissibles". Par contre, quand un juif déclare que, pour un juif tué, il faut tuer mille Arabes, c’est parfaitement admissible. De même, quand les juifs vont manifester leur approbation à n’importe quelle atrocité perpétrées par les Israéliens, il n’y a rien à y redire. Il est carrément scandaleux de vouloir lancer des poursuites judiciaires contre un criminel de guerre dès lors qu’il est juif. L’ex-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a poussé l’arrogance jusqu’à déclarer publiquement, à propos d’un assassinat perpétré par des agents du Mossad, que "Ceux qui n’approuvent pas pourraient au moins se taire !" C’est dire le peu de cas que les juifs font de notre liberté d’expression. C’est également révélateur de leur absence du plus élémentaire sens moral.

Frank BRUNNER

Une effigie de Hosni Moubarak a été pendue par des manifestants, au Caire, le 7 février 2011

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