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AFP, 11 février 2011

Egypte : Hosni Moubarak transfère ses pouvoirs au vice-président


Des manifestants, au Caire, le 10 février 2011

Le président égyptien, Hosni Moubarak, a annoncé, jeudi 10 février 2011 au soir, sa décision de transférer ses pouvoirs au vice-président, Omar Souleimane, sans pour autant annoncer sa démission.


Egypte

La contestation emmenée par des jeunes et lancée sur Internet le 25 janvier 2011, dans le sillage du renversement du président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, par la rue, à la mi-janvier, a connu une accélération avec une manifestation monstre d’au moins 250000 personnes sur la place Tahrir, mardi 8 février, et l’éclatement de nombreuses grèves à travers le pays. Les revendications portent sur tous les aspects de la vie égyptienne : chômage, corruption, fossé entre riches et pauvres, salaires, conditions de travail... Depuis mercredi 9 février, des manifestants encerclent le Parlement et, jeudi 10 février, pour la première fois, des centaines d’avocats en robe ont franchi le cordon de police pour marcher sur l’un des palais présidentiels -où ne se trouvait pas le chef de l’Etat. Les rumeurs d’une démission imminente de Hosni Moubarak s’étaient multipliées toute la journée, jeudi 10 février, en Egypte. Le raïs s’est entretenu, en fin d’après-midi, au palais, avec le vice-président nouvellement nommé, Omar Souleimane, pour gérer la crise, tandis que des milliers d’Egyptiens continuaient d’affluer place Tahrir en espérant que le président au pouvoir depuis près de trente ans annoncerait sa démission. "On y est presque, on y est presque", entendait-on notamment dans la foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, même si certains craignaient un coup d’Etat militaire.

Des manifestants, au Caire, le 10 février 2011

Jeudi 10 février 2011, après dix-sept jours de troubles, l’armée a apparemment pris le contrôle de la situation. Le Conseil suprême des forces armées a déclaré qu’il "soutenait les exigences légitimes du peuple". Un porte-parole a lu à la télévision nationale un communiqué précisant que le Conseil était réuni en session permanente pour étudier "les mesures à prendre (...) pour protéger le pays, ses acquis et les ambitions de son grand peuple". L’intitulé de "Communiqué Numéro Un" suggère aussi un coup d’Etat militaire. La télévision a diffusé des images du ministre de la Défense, le général Hussein Tantaoui, présidant le Conseil suprême à une table autour de laquelle étaient assis deux douzaines d’officiers au visage grave. L’absence de Hosni Moubarak, chef des armées, et de son vice-président, Omar Souleimane, ancien général et chef du renseignement, pourrait signifier que les deux hommes, et pas seulement le président, sont écartés du pouvoir. "Toutes vos exigences seront satisfaites aujourd’hui", a également lancé le général Hassan Al-Roueini, commandant militaire de la région du Caire, aux milliers de manifestants de la place Tahrir. La foule enthousiaste l’a porté sur ses épaules et promené aux cris de "l’armée et le peuple, une seule main". Certains faisaient le "V" de la victoire en lançant des "le peuple veut la fin du régime" ponctués d’"Allah est grand". Mais des manifestants ont aussi crié "civil n’est pas militaire" pour rappeler qu’ils ne voulaient plus d’un régime militaire.

Le Conseil suprême des forces armées, au Caire, le 10 février 2011

Le chef du Parti national démocratique (PND) de Hosni Moubarak, Hossam Badraoui, a également déclaré à l’Associated Press s’attendre à ce que le chef de l’Etat "satisfasse les exigences des manifestants" dans son intervention prévue dans la soirée. Les Etats-Unis soutiennent "une transition ordonnée et véritable vers la démocratie" en Egypte, a affirmé, jeudi 10 février 2011, Barack Obama, peu avant l’intervention télévisée de Hosni Moubarak. "Ce qui est absolument clair, c’est que nous somme en train de voir l’histoire s’écrire", a déclaré le président américain, lors d’un discours devant des étudiants, à l’université du Michigan. "C’est un moment de transformation."

Hassan Al-Roueini

"J’ai décidé de charger le vice-président des pouvoirs du président de façon constitutionnelle", a déclaré Hosni Moubarak lors de son intervention à la télévision. Le président égyptien n’a toutefois pas annoncé sa démission. "Je ne quitterai l’Egypte que le jour où je mourrai", a-t-il déclaré. "La transition du pouvoir va d’aujourd’hui à septembre", date de la prochaine élection présidentielle en Egypte, a-t-il notamment précisé. Les manifestants de la place Tahrir du Caire étaient furieux, après le discours du président, Hosni Moubarak, annonçant le transfert de ses pouvoirs à son vice-président, certains brandissant des chaussures en signe de colère. La foule se dirige actuellement vers le bâtiment de la télévision d’Etat.

Agence France Presse

Des manifestants, au Caire, le 10 février 2011

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