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samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (6ème partie) : Du 16 mai 2004 au 15 juin 2004
AFP, 15 juin 2004

Irak : Sabotage d’un oléoduc, incertitude sur la remise de Saddam Hussein aux Irakiens


BASSORAH (AFP) - A deux semaines du transfert des pouvoirs en Irak, un nouvel acte de sabotage a frappé la production d’or noir en paralysant totalement les exportations par le sud de l’Irak, alors que l’incertitude planait sur la date de la remise de Saddam Hussein aux Irakiens.


Les exportations de brut irakien ont été totalement stoppées, mardi 15 juin 2004, par les deux terminaux du Golfe, à la suite d’un acte de sabotage sur un oléoduc, a annoncé le directeur du terminal de Bassorah, Moayyed Hachem. "Après le sabotage de l’un des deux oléoducs aboutissant au terminal de Bassorah d’une capacité de 50000 barils par heure, les techniciens ont tenté de mettre en service le deuxième d’une capacité de 30000 barils par heure, mais ce pipeline n’a pas supporté la pression", a déclaré M. Hachem. "Ce dernier oléoduc, construit dans les années 1970, a été endommagé et les exportations se sont arrêtées par les terminaux de Bassorah et de Khor al-Amaya", les deux principaux points d’écoulement du brut irakien, a-t-il dit.

Auparavant, le ministre du Pétrole, Thamer Abbas Ghadbane, a indiqué qu’un pipeline du sud de Bassorah avait été l’objet d’"un attentat à l’explosif" et que cela risquait d’affecter les exportations du pays.

Après l’annonce de ce sabotage, les cours du pétrole étaient en hausse. Vers 13h45 GMT, le baril de Brent pour livraison en juillet 2004, référence à Londres, progressait de 13 cents à 35,62 dollars, après être tombé jusqu’à 34,75 USD vers 09h00 GMT. A New York, le baril de brut prenait 46 cents à 38,05 USD en séance électronique, après être descendu à 37,05 USD dans la matinée.

Ce nouveau sabotage dans la région de Bassorah, à 550 km au sud de Bagdad, est le quatrième visant des infrastructures pétrolières en neuf jours. Le sabotage d’un oléoduc de la même région avait réduit de moitié, pendant plusieurs jours en mai 2004, les exportations par le terminal de Bassorah, dans le nord du Golfe, le principal point d’écoulement du brut irakien.

Le 10 juin 2004, le Premier ministre Iyad Allaoui avait déclaré que son pays avait perdu plus de 200 millions de dollars durant les sept derniers mois à cause de 130 attaques contre ses oléoducs. Il avait accusé des combattants étrangers de vouloir porter atteinte à une industrie vitale pour le pays.

L’Irak, qui produit actuellement autour de 1,8 million de barils par jour (mbj), est le second pays au monde pour ses réserves prouvées de pétrole, après l’Arabie saoudite. Ces réserves s’élèvent à 115 milliards de barils.

Concernant le sort de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein, le président américain George W. Bush a déclaré, mardi 16 juin 2004, qu’il serait remis aux autorités irakiennes, pour qu’il soit jugé, "au moment opportun" et s’il peut être entouré des mesures de sécurité nécessaires. "Nous allons nous assurer qu’il y a les mesures de sécurité qui conviennent", a précisé M. Bush à l’occasion d’un entretien avec le président afghan Hamid Karzaï. "Lorsque la souveraineté sera transférée (aux Irakiens), je veux juste m’assurer que Saddam restera en prison. C’est tout ce que nous disons. Et je sais qu’en fin de compte, il restera en prison", a poursuivi le président. Il a rappelé que les Etats-Unis étaient en Irak pour "une seule raison" : "Faire en sorte que notre pays soit plus en sécurité. Une bonne manière d’y parvenir était de s’assurer que Saddam Hussein ne serait plus au pouvoir". "Nous sommes aussi là-bas pour aider le peuple irakien. Et nous voulons être certain qu’il (Saddam Hussein) ne reviendra pas au pouvoir. C’est une question légitime à demander au gouvernement intérimaire", a estimé M. Bush. "Nous serons satisfaits lorsque nous serons certains qu’il reste en prison", a insisté le président américain.

A Bagdad, le chef du Tribunal spécial irakien (TSI), chargé de juger les dignitaires du régime déchu, a affirmé, mardi 15 juin 2004, que l’Irak disposerait bientôt de centres de détention pour accueillir Saddam Hussein et ses anciens partisans. "Tout sera prêt très bientôt", a déclaré Salem Chalabi, directeur général du TSI, qui était interrogé sur la capacité des autorités intérimaires de détenir les 42 personnes les plus recherchées capturées par les Américains depuis la chute du régime en avril 2003.

De son côté, le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a assuré, mardi 15 juin 2004, sur CNN, que la coalition avait promis de remettre l’ancien président Saddam Hussein, aux nouvelles autorités irakiennes. Pour la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bagdad, Nada Doumani, Saddam Hussein, qui a le statut de prisonnier de guerre, "devait être soit libéré, soit inculpé par la coalition, soit transféré aux Irakiens qui pourront l’inculper au titre des lois irakiennes".

Le mystère est total sur le lieu de détention de Saddam Hussein que le CICR a visité à deux reprises depuis son arrestation en décembre 2003. Mais selon des organisations humanitaires, les autres responsables se trouvent au Camp Cropper, à l’aéroport de Bagdad, que la coalition veut démanteler d’ici le 30 juin 2004.

L’exécution sommaire d’au moins six jeunes chiites arrêtés par des combattants de la ville sunnite de Falloujah rallumait l’antagonisme entre communautés chiite et sunnite. Quelque 200 chiites ont manifesté, mardi 15 juin 2004, à Bagdad, autour des cercueils de six victimes, tuées dans des circonstances troubles.

Enfin, un convoi de trois voitures, à bord desquelles se trouvaient trois employés étrangers, a été attaqué, mardi 15 juin 2004, à l’arme automatique, près de l’aéroport de Bagdad, selon le général Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations de la coalition en Irak.

Le 6 juin 2004, quatre employés d’entreprises de sécurité avaient été tués dans une attaque près de l’aéroport sur cette route, lieu d’embuscades de la guérilla contre les forces de la coalition et des employés civils.

Agence France Presse

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