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lundi 29 mai 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 8

Erwin Rommel et l’Afrika Korps (février-décembre 1941)


Un Bren carrier australien dans le désert libyen, le 7 janvier 1941

Le général italien Italo Gariboldi accueille les généraux allemands Erwin Rommel et Johannes Streich, à Tripoli, en Libye, le 12 février 1941

En raison du désastre subi par les Italiens, le 6 février 1941, Adolf Hitler, désireux de secourir son allié Benito Mussolini, a confié au général Erwin Rommel le commandement de deux divisions blindées -qui allaient constituer la base de l’Afrika Korps- sur le point d’être transportées à Tripoli. Ces transports se sont étalés jusqu’à la fin mai 1941, sans que les Britanniques réagissent.

Erwin Rommel


Dès la mi-février 1941, avec les premières unités qu’il avait reçues -dont les effectifs étaient gonflés de faux tanks en bois montés sur des Volkswagen-, le général Rommel a décidé d’occuper l’étranglement d’El Agheila.

Un convoi allemand en route vers le front libyen, en mars 1941

Un canon antichar allemand Pak 40 en Libye, en 1941

Le 2 avril 1941, avec 50 tanks allemands suivis de deux nouvelles divisions italiennes, le général Rommel a repris son avance audacieuse, surprenant le général britannique Wavell, qui avait refusé de croire les rapports annonçant une attaque imminente. Le général Wavell était convaincu que le général Rommel n’attaquerait pas avant de disposer d’au moins deux divisions blindées. Sous le coup de l’attaque allemande, les Britanniques se sont repliés dans la plus grande confusion, évacuant Benghazi le 3 avril.

Des tanks italiens M13/40 dans le désert libyen, en avril 1941

Une auto blindée SdKfz 222 allemande en Libye, en 1941

Un SdKfz. 7 remorque un canon de 88 mm dans le désert libyen, en avril 1941

La tourelle d’un Panzer 4 endommagée par plusieurs impacts d’obus, en Libye, en avril 1941

Le 11 avril 1941, les Britanniques avaient été chassés de Cyrénaïque et ramenés en Egypte, à l’exception d’un détachement demeuré enfermé dans Tobrouk, où il allait être assiégé durant huit mois. Le triomphe remporté sur les Italiens quelques mois plus tôt avait été réduit à néant. La nouvelle ligne de défense britannique se situait dans le secteur de Marsa Matrouh.

La corne de l’Afrique

Quant aux forces italiennes basées en Erythrée, début juillet 1940, elles ont occupé la ville soudanaise de Kassala, à 20 kilomètres de la frontière. Cette avance italienne s’est arrêtée après l’occupation de quelques autres postes frontaliers, comme Gallabat, à la frontière Nord-Ouest de l’Abyssinie, et Moyale, sur la frontière Nord du Kenya.

Un fort italien en Somalie

Début août 1940, les Italiens ont lancé une offensive plus sérieuse contre la Somalie britannique. Une bataille de quatre jours a eu lieu aux approches de Berbera, mettant les Italiens aux abois, en leur infligeant des pertes presque dix fois supérieures à celles des Britanniques.

Faute de renforts, les Britanniques ont alors évacué Berbera et la plupart d’entre eux se sont repliés sur le Kenya, où se rassemblait une puissante force impériale de 75000 hommes et d’un escadron de tanks, sous le commandement du général Alan Cunningham.

Alan Cunningham

Des troupes alliées au Somaliland, en 1940

Durant l’hiver 1940-1941, en Abyssinie, le capitaine Orde Wingate, à la tête de sa « Force Gideon » et soutenu par un bataillon de Soudanais, a harcelé les troupes italiennes, tandis que le général Sandford incitait à la révolte les chefs des hauts plateaux abyssins, autour de Gondar.

Orde Wingate

En février 1941, les Britanniques ont déclenché l’invasion de la Somalie italienne, occupant le port de Mogadishu le 25 février et s’y emparant d’énormes stocks de carburant.

Puis les forces du général Cunningham ont pénétré dans le Sud de l’Abyssinie. Le 29 mars, elles occupaient Harar. Une semaine plus tard, elles pénétraient à Addis-Abeba, la capitale. Le 19 mai 1941, la dernière force italienne d’importance capitulait en Abyssinie et la résistance italienne avait complètement cessé à l’automne.

Des troupes britanniques en Abyssinie, en 1941

Tobrouk

En Libye, désormais, la garnison de Tobrouk se composait principalement de la 9ème division australienne. Elle avait été renforcée, par mer, avec une brigade d’infanterie et environ 50 tanks. Cette garnison constituait une menace sur le flanc de toute offensive allemande en direction de l’Egypte. Vaincre la garnison de Tobrouk était donc le préalable logique à une offensive vers le Nil.

L’attaque de Tobrouk, par le général Rommel, a débuté le 14 avril 1941, après trois jours d’escarmouches exploratoires. Le périmètre de défense a été percé au Sud et des tanks allemands se sont enfoncés de 3 kilomètres en direction du port, mais ils ont été arrêtés par l’artillerie australienne, puis repoussés à l’extérieur du périmètre, après avoir perdu 16 tanks sur 38. Le 16 avril, les Italiens ont attaqué à leur tour, en vain.

Un nouvel assaut contre Tobrouk a été déclenché le 30 avril 1941, après l’arrivée de quelques tanks allemands en renforts. 17 tanks sur 40 ont été endommagés. Le lendemain, comme les Allemands n’avaient plus que 35 tanks, l’attaque a été suspendue et le siège de Tobrouk a repris.

Le 12 mai 1941, un convoi de quatre navires, provenant de Grande-Bretagne, et qui s’était risqué à travers la Méditerranée, au lieu de contourner l’Afrique, a atteint Alexandrie avec 238 tanks. C’était quatre fois plus que ce dont le général Wavell disposait alors pour la défense de l’Egypte. Un cinquième navire avait explosé sur une mine, pendant la traversée, et coulé avec 57 tanks à bord.

Opération Battleaxe

Le 15 juin 1941, les Britanniques, sous le commandement du général Gott, attaquaient les positions allemandes d’Halfaya, où leurs tanks se sont faits massacrer par les canons allemands de 88 mm. Une brigade de tanks britanniques a subi le même sort sur la crête de Hafid. A la tombée de la nuit, les Britanniques avaient perdu plus de la moitié de leurs tanks. Leur offensive était stoppée. Menacés d’enveloppement par les tanks allemands, les Britanniques ont dû reculer jusqu’à leur ligne de départ.

Des Panzer près de Sollum, en Libye, le 16 juin 1941

Un canon allemand de 88 mm en action sur le front libyen, en juin 1941

Une patrouille alliée près de Tobrouk, en Libye, au cours de l’été 1941

Des soldats australiens près de Tobrouk, en Libye, en août 1941

A la suite de cet échec, Winston Churchill a envoyé de vastes renforts en Egypte. La garnison de Tobrouk a également été renforcée par mer. Le général Wavell a été relevé de son commandement et remplacé par le général Claude Auchinleck. Les Britanniques avaient désormais 700 avions et plus de 710 tanks. 500 tanks supplémentaires étaient en réserve ou en cours d’acheminement.

Un bombardier Martin Maryland sur un aérodrome libyen, en 1941

Un Tomahawk sur un aérodrome libyen, en 1941

En comparaison des Britanniques, le général Rommel recevait peu de renforts d’Allemagne. Il avait 120 avions allemands et 200 avions italiens ; 174 tanks allemands et 146 tanks italiens. Par contre, il avait reçu des canons antichars plus efficaces que les anciens modèles.

Un Messerschmitt 109 sur un aérodrome libyen, en 1941

Un Junker JU87 Stuka sur l’aérodrome de Derna, en Libye, en 1941

Un Macchi C. 200 sur un aérodrome libyen, en 1941

En novembre 1941, les forces britanniques en Egypte, encore largement renforcée, ont été rebaptisées 8ème armée. Leur commandement a été confié au général Alan Cunningham, qui avait chassé les Italiens de la Somalie et de l’Abyssinie.

Opération Crusader

La nouvelle offensive a été déclenchée le 18 novembre 1941. Les tanks britanniques ont commis l’erreur d’avancer en ordre dispersé, se présentant par petits paquets au lieu de faire jouer leur écrasante supériorité numérique, et s’offrant aux tirs de canons antichars allemands habilement placés et camouflés.

Des soldats néo-zélandais pénètrent en Libye, en novembre 1941

Des artilleurs néo-zélandais en Libye, en 1941

Au cours des jours de bataille suivants, les Britanniques sont tombés sur le quartier général de l’Afrika Korps et l’ont détruit. Le 23 novembre, en attaquant une position britannique bien défendue, les Allemands ont perdu 70 des 160 tanks qu’il leur restait. Le 24 novembre, le général Rommel a décidé de profiter de la désorganisation de l’armée britannique pour la contourner avec une avant-garde de tanks et aller attaquer ses lignes de ravitaillement dans la zone de Sidi Omar. Il espérait, ainsi, contraindre les Britanniques à cesser le combat. A 16h00, les tanks de Rommel atteignaient la frontière égyptienne et occupait aussitôt le col d’Halfaya. Mais le gros des tanks allemands et italiens n’a pas suivi. Le ravitaillement prévu n’est pas arrivé. Ces délais ont permis aux Britanniques de se ressaisir. Le 26 novembre, le général Alan Cunningham était remplacé par le général Neil Richtie. Le 27 novembre 1941, le général Rommel a dû renoncer à sa contre-attaque et ses forces se sont repliées en direction de Tobrouk. L’Afrika Korps n’avait plus que 60 tanks.

Un Panzer 4 en feu et un Crusader, en Libye, le 27 novembre 1941

Un Stuart M3 dans le désert libyen, le 29 novembre 1941

La 8ème armée britannique a entamé une molle poursuite des Allemands, les laissant se replier sans trop de peine. Néanmoins, la liaison avec Tobrouk a été rétablie et sa garnison renforcée par terre et par mer. Tout en menant des combats d’arrière-garde dévastateurs pour les tanks britanniques, les Allemands se sont repliés jusqu’à Marsa El Brega, sur la côte tripolitaine. Une position idéale pour la défensive. Par contre, les garnisons germano-italiennes isolées derrières les lignes britanniques ont dû capituler.

Ainsi s’acheva cette année 1941 en Afrique du Nord.

Des soldats australiens près de Tobrouk, en Libye, en décembre 1941

Suite dans La guerre du désert en 1942 (1ère partie)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source