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Reuters, 13 février 2011

Egypte : Constitution suspendue et parlement dissous

par Dina ZAYED, Andrew HAMMOND, Tom PERRY et Henri-Pierre ANDRE


Des manifestants, au Caire, le 13 février 2011

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte, a annoncé, dimanche 13 février 2011, la suspension de la Constitution et la dissolution du parlement et esquissé un calendrier de transition dans un horizon de six mois.


Egypte

Dans un communiqué lu à la télévision publique, les militaires, auxquels Hosni Moubarak a confié les rênes du pays en démissionnant vendredi 11 février 2011, annoncent également la formation d’une commission chargée d’amender la constitution et dont les conclusions seront soumises à référendum. Ils précisent qu’ils resteront au pouvoir pour une durée de six mois ou jusqu’aux prochaines élections législatives et présidentielle. "Le conseil suprême des forces armées gérera les affaires du pays pour une période temporaire de six mois ou jusqu’au terme d’élections aux chambres haute et basse du parlement et d’une élection présidentielle", soulignent les militaires dans leur communiqué. Autres décisions annoncées deux jours après le départ de Hosni Moubarak : les deux chambres du Parlement sont dissoutes et une commission est créée pour amender certaines clauses de la constitution. L’opposition réclame notamment l’abrogation de l’article 76 qui encadre de manière drastique les candidatures à l’élection présidentielle et dont Hosni Moubarak avait lui-même proposé l’annulation dans son ultime discours à la nation, jeudi 10 février au soir. Elle souhaite aussi restreindre le nombre de mandats présidentiels, actuellement illimités. Le conseil militaire ajoute encore que son chef, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, représentera l’Egypte à l’étranger et réaffirme que l’Egypte reste engagée par ses traités et obligations internationaux. L’organisme militaire collégial souligne qu’il sera habilité à promulguer des lois durant la période de transition. Il indique que le Premier ministre, Ahmed Chafik, nommé par Hosni Moubarak dans les premiers jours de la contestation, restera en fonction jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement. Ce dernier a précisé que les militaires égyptiens allaient définir le rôle d’Omar Souleimane, nommé vice-président par Moubarak, mais dont les fonctions sont devenues incertaines. En démissionnant, vendredi 11 février, le raïs a en effet confié le pouvoir au conseil suprême des forces armées, et le plus grand flou entoure les prérogatives actuelles d’Omar Souleimane.

Des policiers manifestent pour des augmentations de salaire, devant le ministère de l’Intérieur, au Caire, le 13 février 2011

Pour l’opposant Ayman Nour, qui avait osé défier Hosni Moubarak lors de l’élection présidentielle de 2005, ces mesures devraient satisfaire la contestation. "C’est une victoire pour la révolution", a-t-il dit à l’agence Reuters, après l’annonce du conseil militaire.

Dina ZAYED, Andrew HAMMOND, Tom PERRY et Henri-Pierre ANDRE

Des policiers manifestent pour des augmentations de salaire, devant le ministère de l’Intérieur, au Caire, le 13 février 2011

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